Les conséquences matérielles de la guerre

1945
04m 31s
Réf. 01000

Notice

Résumé :

A la Libération, le bilan matériel de plusieurs années d'Occupation et de combats sur le sol français est désastreux. L'ensemble des infrastructures urbaines et économiques est à reconstruire. Dès 1945, la reconstruction connaît certaine réussite.

Type de média :
Date de diffusion :
1945
Personnalité(s) :

Contexte historique

Le bilan matériel de la Seconde Guerre mondiale en France apparaît plus dramatique encore que celui de la guerre de 1914-1918. La France a souffert considérablement de la guerre et des combats qui se sont déroulés sur son sol. La reconstruction du pays constitue dans ces conditions un véritable défi.

Ce sont surtout les ravages de l'année 1944 qui ont eu les effets les plus destructeurs, en raison de la violence des combats, de l'importance de la guerre aérienne, des sabotages menés par la Résistance et des destructions opérées par l'occupant allemand au moment de son départ. Le pillage opéré pendant cinq années par l'occupant allemand (réquisitions forcées, politique de prélèvement agricole et industriel...) a également contribué à affaiblir considérablement l'économie française. Si les destructions ont essentiellement concerné les grandes villes et se sont avérées plus importantes dans certains départements (Ouest, Nord), tous les départements français ont subi des dommages plus ou moins graves.

Outre les 2,5 millions d'immeubles détruits ou endommagés, il faut également reconstruire plus de 10 000 ponts routiers et fluviaux, 2 000 ouvrages d'art (tunnels, viaducs, ponts ferroviaires), 20 000 km de voies ferrées, 115 gares. Trois millions d'hectares de terres cultivées et plusieurs milliers d'usines sont également considérés comme détruits et inutilisables. Les équipements portuaires ont été également durement touchés. Les bombardements mais surtout les destructions opérées par l'armée allemande battant en retraite ont été catastrophiques. A la Libération, 2 000 épaves bloquent les ports français. La flotte n'est plus que le cinquième de ce qu'elle était avant-guerre et les chantiers navals sont dans l'incapacité de reprendre leur activité.

Face à l'ampleur des dégâts, la reconstruction apparut comme une priorité nationale et mobilisa l'ensemble du corps social. Si d'importants efforts furent réalisés dès l'année 1945, il faudra néanmoins attendre la fin des années quarante et le début des années cinquante pour considérer celle-ci comme définitivement terminée.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Afin de montrer l'ampleur des dégâts matériels provoqués par la guerre, le documentaire multiplie les plans de petits villages ou de villes entièrement sinistrés. Pour que l'impact soit plus fort, les agglomérations choisies sont celles où il ne reste que des ruines, où l'église elle-même a été détruite. Le documentaire montre également plusieurs exemples d'infrastructures essentielles à la vie économique entièrement détruites (usines, ponts, voies ferrées, gares...).

Afin de montrer la rapidité de la reconstruction, le documentaire montre dans une seconde partie quelques exemples symboliques tels que la rénovation de certains ports (Le Havre), la construction de nouveaux bateaux. A coup de statistiques sur l'ampleur des destructions opérées, il montre que la reprise du trafic portuaire au bout d'un an seulement après la Libération relève du miracle.

Fabrice Grenard

Transcription

(Musique)
Commentateur
Il arriva un jour du mois d'août dans ce Paris fiévreux, à peine sorti des barricades qui s'arrêtaient de compter ses morts pour lui crier sa ferveur. Il rapportait cette victoire qu'on avait cru perdue et dont le premier au 18 juin 40, il n'avait pas désespéré, et puis, à ce peuple meurtri que l'ennemi pendant 4 ans avait humilié pour mieux l'asservir, il rapportait cette chose immense et merveilleuse : la Liberté ! Mais derrière les cris et les vivats, en descendant les Champs-Élysées, enivré du plus beau soleil de l'année, le Général de Gaulle évoquait la grande pitié du Royaume de France. Il percevait ces ruines qu'il avait traversé, ce deuil infini des villages désormais sans noms, des pierres désormais inhumaines, des terres désormais interdites.
(Musique)
Commentateur
Il évoquait cette misère infinie d'un pays, où la justice et la piété ne vivaient plus que dans les ruines et où la pluie, seule, troublait encore le silence des usines mortes. Et derrière ces images déchirantes, il y avait des réalités menaçantes et qui hypothéquaient l'avenir. 4000 kilomètres de voies manquantes, 115 gares importantes détruites sur 322, 11 000 machines, 400 000 wagons disparus ou blessés.
(Musique)
Commentateur
Il y avait tout le réseau des communications jetées à bas, les artères et tous les nerfs du pays coupés. Il y avait les 8000 ponts détruits de 40 à 44 et dont 700 l'avaient été deux fois.
(Musique)
Commentateur
Il y avait les ports, comme le Havre, le port le plus détruit d'Europe. Nos 22 ports principaux avaient subi les destructions allemandes, après avoir supporté des bombardements alliés. Comme Boulogne, ils montraient les blessures de leurs quais et de leurs docks et à Toulon, le génie de la mer ne pouvait plus désigner de son bras blessé, une flotte engloutie et un cimetière marin.
(Musique)
Commentateur
Un an a passé, la flotte engloutie sort de l'eau. 80 000 tonnes de navires dont les 25 000 du Strasbourg, le frère du Dunkerque, sont appelés à reprendre leurs routes sur l'océan. Un an a passé et tous les ports renaissent, comme renaît le Havre, où 19 kilomètres de quai sur 22 furent détruits.
(Musique)
Commentateur
Lorsqu'on songe qu'au total en France, manquait 57% des quais, 77% des formes de radoubs, 78% des écluses, 88% des engins de levage, 66% des hangars et 100% des docks flottants. Espérait-on vraiment, qu'un an après, tous les ports seraient rouverts au trafic et qu'on recommencerait à voir à quai les navires du monde entier déchargés leurs cargaisons ? Espérait-on que l'activité portuaire atteindrait en août 45 presque la moitié de l'activité moyenne en 1938 et qu'on pourra en atteindre la totalité en mars prochain ?

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