Une priorité de la reconstruction : résoudre le déficit énergétique

1945
04m 04s
Réf. 01001

Notice

Résumé :

La nécessité de résorber le déficit en énergie constitue l'une des priorités de la reconstruction, ce qui donne lieu à de gigantesques travaux (construction de barrage, modernisation des mines).

Type de média :
Date de diffusion :
1945
Lieux :

Contexte historique

Le déficit en énergie apparaissait comme le principal goulet d'étranglement pour une reprise rapide de l'activité économique en France après la Libération. La pénurie de charbon constituait notamment une préoccupation majeure. L'économie française utilisait, en 1938, 67 millions de tonnes de houille (dont le tiers environ était importé). En 1945, seulement 40 millions de tonnes sont disponibles.

Les destructions, le nombre insuffisant de mineurs, l'usure du matériel, l'épuisement d'un certain nombre de veines ont fait chuter considérablement la productivité. Pour éviter la fermeture de certaines entreprises et répondre à des demandes prioritaires, il fallut comprimer la consommation domestique de charbon, gaz et électricité. Pour résorber le plus rapidement possible ce déficit d'énergie, d'importants efforts sont entrepris dès 1945. Les houillères françaises, désormais nationalisées, entament un processus de modernisation très important.

Surtout, la France cherche à promouvoir d'autres secteurs que le charbon. Pour favoriser l'essor de l'hydroélectricité, l'Etat entreprend des projets très ambitieux de construction de barrage de retenue dans les régions montagneuses. Quelques 300 milliards de francs seront investis à cet effet et plusieurs grands barrages verront le jour à la fin des années quarante et au début des années cinquante (Génissiat, Donzère-Mondragon, Tignes). La production totale d'électricité, qui était de 20 milliards de kilowatts/heure en 1938 atteint 33 milliards en 1950.

Fabrice Grenard

Éclairage média

En insistant sur le gigantisme des barrages et leurs conditions difficiles de construction (régions montagneuses), le reportage présente la construction de ces grandioses réalisations comme de véritables épopées. Les barrages sont le plus souvent présentés en contre-bas ou de manière aérienne afin de mieux souligner leur hauteur et leur importance.

Fabrice Grenard

Transcription

Commentateur
Un an a passé et à côté de ces tâches de reconstruction urgentes que commandait le besoin de vivre, on a vu reprendre ces grandes oeuvres d'avenir que la guerre avait du tenir à l'écart. Sait-on, que la France équipée hydro-électriquement, pourrait devenir le fournisseur d'électricité de l'Europe entière ? Des hommes y pensent, des barrages naissent, les noms des barrages de Génissiat, de Marège, de Saint-Etienne-Cantales, de Lardy, de La Roquebrou, de Neuvic d'Ussel et de l'Aigle seront un jour une page magnifique de notre renaissance.
(Musique)
Commentateur
Des hommes travaillent dans la montagne, des constructions babyloniennes recommencent à monter dans des sites perdus à un rythme que la guerre avait brisé.
(Musique)
Commentateur
Demain, de ces lacs artificiels naîtront des millions de kilowatts, qui feront tourner les roues, gronder les machines et chanter les métiers.
(Musique)
Commentateur
Sans doute, nous n'en sommes pas encore là, nous avons toujours besoin du charbon de nos mines, nous attendons encore des mineurs, la chaleur, la lumière et la force pour l'industrie. Et dans les mines, le manque de personnel, les déficiences amenées par une sous-alimentation de cinq ans, le manque d'outils, avaient réduit la production au point de faire craindre le pire. Mais grâce à l'effort des mineurs conjugué avec certaines mesures d'organisation et de répartition, la production charbonnière en est à 70% de son rythme d'autrefois. Nous ne manquerons pas de charbon cet hiver. Il ne s'agit pas bien sûr cette année, d'assurer notre consommation d'avant-guerre, ses 80 millions de tonnes dans lesquelles entrait pour un bon quart l'apport de l'étranger. Mais nous aurons un peu de chaleur, mais les usines tourneront mais les trains fonctionneront.
(Musique)
Commentateur
Ils fonctionneront d'autant mieux que voici un an, les chemins de fer étaient à zéro ou presque. Aujourd'hui, 54% des locomotives circulent sur la totalité des voies maintenant rétablies.
(Musique)
Commentateur
Et aujourd'hui également, la métallurgie accélère sa production. L'absence des stocks pillés par l'ennemi ne permet pas de produire au rythme d'avant-guerre. Mais l'un après l'autre, aux fourneaux, les fonderies se sont rallumées et toute l'industrie, à leur suite, se remet au travail.
(Musique)
Commentateur
La construction aéronautique recommence à produire une aviation nouvelle, qui demain tiendra sa place sur les lignes aériennes internationales avec la série de ses supers hydravions dont le premier entre en service sur la ligne France-Amérique.

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