Une ville sinistrée : Saint-Nazaire

18 mai 1945
39s
Réf. 01002

Notice

Résumé :

Alors que les Allemands ont réussi à s'y maintenir plus longtemps qu'ailleurs, Saint-Nazaire offre le visage d'une ville entièrement sinistrée le jour de sa libération : le port, la gare, la grande majorité des habitations sont à reconstruire.

Date de diffusion :
18 mai 1945
Date d'événement :
08 mai 1945

Contexte historique

La libération de Saint-Nazaire, qui constituait une puissante base allemande en raison de la présence d'un abri géant destiné à abriter les sous-marins de la Kriegsmarine, n'est intervenue que très tardivement. Plus de 20 000 combattants allemands ont défendu la poche de Saint-Nazaire jusqu'au dernier jour de la guerre, le 8 mai 1945. Puissamment armées, dotées d'équipements lourds et d'une artillerie puissante, les forces allemandes ont réussi à repousser plusieurs attaques aériennes et terrestres menées par les troupes alliées. Alors que les combats y furent des plus violents, la ville de Saint-Nazaire apparaît ainsi le jour de sa libération entièrement sinistrée.

La ville a subi plus de 150 bombardements, plus un seul édifice public n'est intact, 20 000 immeubles ont été détruits totalement ou partiellement, plus de 35 000 personnes sont considérées comme totalement sinistrées. Le centre ville, les quartiers ouvriers proches du port, la cité de Graville ont été particulièrement touchés. Le grand quai est presque totalement détruit, l'arsenal irréparable. Seule l'Eglise Notre-Dame se dresse au milieu des ruines. Dans le port, les bassins sont encombrés de 350 épaves.

Au lendemain de sa libération, la ville apparaît donc entièrement à reconstruire. Des mesures d'urgence sont tout d'abord adoptées (construction de 3 000 baraquements provisoire). Puis un plan de reconstruction techniquement très moderne est élaboré sous la responsabilité de Pierre Courant, maire de la ville, qui sera plus tard ministre de la construction. Le Havre constitue à cet égard un laboratoire d'urbanisme contemporain. Le plan, adopté en 1946, remanié en 1951, sera réalisé par Auguste Perret.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Le reportage montre un certain contraste entre les infrastructures civiles entièrement détruites et les bâtiments militaires allemands qui n'ont que peu souffert des bombardements, ayant pu bénéficier d'une dissimulation importante au milieu de la ville. L'occupant s'est en fait servi de la population civile comme d'un véritable bouclier humain. Une longue colonne de prisonniers allemands symbolise la défaite définitive des armées du Reich.

Fabrice Grenard

Transcription

Commentateur
Plus haut, Saint-Nazaire a souffert davantage, la ville est en ruines, la gare est morte.
(Musique)
Commentateur
Les murs de béton et les blockhaus que les Allemands ont dressé à travers les rues et camouflés en maisons paisibles, sont restés intacts, mais n'ont servi à rien. Le port est saccagé. L'abri géant qui recelait 50 sous-marins sous 6 mètres de béton n'a été qu'égratigné par les bombes de 6 tonnes. Mais c'est fini. 100 000 Français sont libérés et les Allemands de Saint-Nazaire sont prisonniers comme tous les autres.