Construction de baraquements provisoires face au problème du logement

23 novembre 1945
02m 30s
Réf. 01005

Notice

Résumé :

Dans les villes sinistrées, il faut reconstruire dans l'urgence des baraquements pour reloger les sans-abris. Pour faire face au manque de matières premières, on utilise parfois les matériaux issus des bâtiments détruits.

Date de diffusion :
23 novembre 1945
Personnalité(s) :

Contexte historique

Le parc immobilier a été durement touché par les combats de l'année 1944 et les villes ont payé un très lourd tribut à la guerre aérienne. Au lendemain de la Libération, une maison sur vingt est détruite, une sur six endommagée. Le problème du logement des sans-abris (près de deux millions de personnes) constitue donc l'une des priorités de la reconstruction. Dans les mois qui ont suivi la Libération, plusieurs mesures de circonstances ont été adoptées (réquisition des maisons inoccupées et résidences secondaires, placement des familles sinistrées auprès de familles ayant conservé un logement intact...). Surtout, dans toutes les grandes villes sinistrées, des baraquements sommaires furent édifiés à la hâte afin de reloger les sans-abris.

Pour la seule ville du Havre, 3000 baraquements provisoires furent ainsi construits en 1945, ce qui apparaissait encore très insuffisant au regard des dizaines de milliers de personnes totalement sinistrées. Les matériaux les plus divers furent utilisés à cet effet (bois, tôle, matériaux de récupération...). Certains baraquements furent construits sur le modèle des "baraques Thomas" qui avaient été érigées au lendemain de la Première Guerre mondiale dans certaines villes du Nord. Dans les villes entièrement détruites (Le Havre, Dunkerque...), ces baraquements provisoires marqueront pendant plusieurs années le paysage urbain. A Dunkerque, en 1955, près de 11 000 personnes vivaient ainsi encore dans des baraquements provisoires.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Le reportage ne cache pas les difficultés de la reconstruction et certaines lenteurs en la matière. S'il montre que des progrès considérables ont été effectués dans ce domaine, il ne dissimule pas que plusieurs centaines de milliers de personnes n'ont toujours pas retrouvé de toit à la fin de l'année 1945 et lance un appel à la solidarité des Français pour héberger les sans-abris à l'approche de l'hiver.

Fabrice Grenard

Transcription

(Musique)
Commentateur
Depuis un an dans le chaos des villes sinistrées, des hommes vivent. La guerre leur a tout pris, ils n'ont plus de toit et voici l'hiver. Le problème qui se posait était difficile à résoudre, d'abord, il a fallu déblayer, et puis, on s'est mis à construire, à construire pour parer au plus pressé. Ici au Havre, on a élevé les bâtiments de briques, ici à Arcy-sur-Aube, on a employé la belle pierre tendre du pays. On a été bien souvent dans l'obligation d'utiliser ce qu'avaient laissé les bombardements. Et tout cela, mis bout à bout, ne pourra couvrir que des milliers de sinistrés, or ils sont 2 millions. Il a dont fallu faire plus large part au provisoire, au provisoire pur, à un provisoire de pauvre, et en arriver aux baraquements, aux planches, aux voies. Ici, on a recourt aux baraques thomas, construites avec les matériaux trouvés sur le pays et qui ont le mérite d'éviter le problème du transport. Ailleurs, on a recourt aux maisons de bois préfabriquées, qu'on monte en peu de temps et qui s'ajustent par panneaux entiers. Mais les grands fournisseurs, l'Amérique, l'Angleterre, la Norvège, ne peuvent suffire à une demande aussi considérable. Ailleurs encore, à côté des baraquements provisoires, on a pu construire un peu pour l'avenir en matériaux solides, sauf le toit toutefois. Car les tuiles et l'ardoise sont rares et si la tôle ondulée peut être utilisée, elle est rare également. Cette misère matérielle, à laquelle est réduite la France, n'est pas sans créer, à l'approche de l'hiver, un problème immense et douloureux. Dans ces pauvres baraques, qui ne sont qu'un toit et rien d'autre et dont le nombre est hors de proportion avec les besoins, des familles s'entassent, quatre, six personnes dans une pièce. Les sinistrés, a dit M. Dautry, devront se serrer cet hiver pour être tous à l'abri.
(Musique)
Commentateur
Partout dans ces conditions malheureuses, des milliers, des centaines de milliers de sinistrés auront un toit, même précaire. C'est dans des logis pitoyables que vivent encore et que vivront encore des mois, près d'un million de français ruinés par la guerre. Sur les vestiges du combat, la misère laissée par l'occupation n'a pas permis sans doute de recréer pour l'hiver qui vient des conditions d'habitation normales, il fallait un gîte à 2 millions de français. Tous ne seront pas relogés dans les conditions espérées mais le temps était court pour une tâche aussi gigantesque.

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