Santé : pour une meilleure prévention des maladies et une médecine plus égalitaire

1946
01m 26s
Réf. 01010

Notice

Résumé :

Le ministre de la Santé René Arthaud dresse le tableau de la situation sanitaire au lendemain de la guerre et expose son programme de prévention des maladies infectieuses et d'instauration d'une médecine accessible à tous.

Type de média :
Date de diffusion :
1946
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Contexte historique

L'état sanitaire déplorable de la France à la Libération nécessite une importante refonte des structures médicales. L'Occupation a entraîné une dégradation importante de la situation sanitaire des Français. Les pénuries diverses, les faibles taux de rationnement ont favorisé les phénomènes de sous-nutrition et de malnutrition, la propagation de certaines maladies infectieuses (tuberculoses) et une augmentation importante de la mortalité, notamment chez les plus jeunes, les femmes et les catégories les plus pauvres.

En 1944, la mortalité infantile était de 75 pour mille. Au moment de la Libération, 40% des jeunes Parisiens étaient dans un état prétuberculeux selon les statistiques de l'Institut Scientifique d'Hygiène alimentaire. Le problème d'un accès égalitaire à la médecine et aux soins se posait donc avec une certaine acuité à la Libération. L'une des grandes réformes sociales de la période concerne ainsi la création de la Sécurité sociale (ordonnances des 4 et 19 octobre 1945). S'inspirant du modèle britannique du plan Beveridge, la Sécurité sociale pose le principe de la solidarité et vise à couvrir l'ensemble des risques sociaux (maladie, accidents du travail, invalidité, décès) à l'exception du chômage. Libérant les assujetis de la crainte du lendemain, la Sécurité sociale les affranchit de la nécessité de constituer une épargne de précaution et permet aux plus pauvres d'avoir accès à une médecine gratuite.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Quelques images insérées au milieu du discours de René Arthaud laissent entrevoir l'émergence d'une médecine plus moderne et plus efficace (hôpitaux neufs, nouveaux équipements médicaux permettant de mieux dépister les maladies). Le ministre insiste à plusieurs reprises dans son discours sur le fait que cette nouvelle médecine pourra concerner tous les Français grâce au système de la Sécurité sociale.

Fabrice Grenard

Transcription

(Musique)
Commentateur
M. René Arthaud, Ministre de la Santé Publique, vous parle.
René Arthaud
«Après cette guerre de six ans et notre victoire si chèrement payée, le but essentiel de mon ministère, est de restaurer la santé de la Nation française, d'enrayer les progrès de la tuberculose, notamment parmi les rapatriés d'Allemagne, de mettre un terme à la mortalité infantile et aux grands fléaux sociaux. Cette oeuvre immédiate et salutaire, doit s'insérer dans le cadre d'un plan, dont j'indique brièvement les perspectives plus larges et plus éloignées. Il s'agit de développer la prévention, car mieux vaut prévenir que guérir et dépister la maladie doit être notre première préoccupation. Il s'agit de donner une place importante aux représentants des malades dans l'organisation de la santé publique et de défendre avant tout leurs intérêts. Il s'agit de placer la médecine à la portée de tous, sans distinction de richesse, et d'étendre le champ de la sécurité sociale. Il s'agit enfin de s'inspirer dans tous les domaines, des progrès de la technique moderne. C'est ainsi que notre oeuvre constituera, un des facteurs du redressement national, dont nous saurons les artisans passionnés, toujours au service de notre peuple et de la patrie renaissante».