Succès du premier centre Leclerc en région parisienne

25 novembre 1959
01m 57s
Réf. 01031

Notice

Résumé :

En 1959, dix ans après l'ouverture de son premier magasin à Landerneau (Finistère), Edouard Leclerc installe son premier centre en région parisienne, à Issy-les-Moulineaux. Son rapide succès pousse de nombreux commerçants à baisser leur prix.

Date de diffusion :
25 novembre 1959
Personnalité(s) :

Contexte historique

En ouvrant ses premiers magasins dans la région parisienne, "l'épicier de Landerneau" Edouard Leclerc fait la une des journaux au cours de l'année 1959. Edouard Leclerc apparaît comme l'inventeur du discount en France. Sa première boutique ouvre en décembre 1949 à Landerneau (Finistère).

L'idée de Leclerc était simple : se faire grossiste pour vendre au détail au moment où la France sortait des pénuries. A l'aide de sa camionnette, il se rend directement auprès des producteurs et raccourcit ainsi les circuits de distribution jusque-là alourdis par un stock d'intermédiaires (grossistes, demi-grossistes, représentants...). Cette technique lui permet de vendre ses produits 25 à 30 % moins chers que tous les autres commerçants de la place.

Le succès est rapide et permet à Edouard Leclerc d'ouvrir plusieurs centres régionaux et d'installer, dix ans après la création de sa petite boutique de Landerneau, ses premiers magasins en région parisienne (à Issy-les-Moulineaux notamment). Son chiffre d'affaires est estimé à près d'un milliard de francs pour la seule année 1959.

Edouard Leclerc a révolutionné le commerce et la distribution en France et se trouve à l'origine de l'essor des supermarchés et hypermarchés à partir des années soixante. Mais ce succès ne va pas sans créer un certain nombre de critiques, notamment dans les milieux du petit commerce.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Le reportage est particulièrement favorable à la technique utilisée par Edouard Leclerc, qui apparaît selon le commentaire comme une stratégie efficace pour mettre un terme à la "vie chère" en France. Les explications sont relativement pédagogiques sur le fonctionnement des circuits de distribution et la manière dont Leclerc a considérablement raccourci la chaîne reliant le producteur au consommateur. L'interview d'un petit détaillant permet de montrer que tous les commerçants doivent suivre l'exemple de Leclerc et réussir à baisser leur prix.

Le reportage illustre bien en tout cas que si Leclerc a pu susciter certaines critiques, il n'en a pas moins bénéficié de nombreux soutiens, notamment de la part des gouvernements en place, car sa technique contribuait à tenir l'indice des prix.

Fabrice Grenard

Transcription

(Musique)
Commentateur
Voir baisser le prix de la vie, voilà aujourd'hui le grand souci des Français. On y pense, va t-on y arriver ? C'est une histoire qui a fait du bruit à Landerneau, d'abord, quand un certain Leclerc a ouvert dans un garage désaffecté, un centre de détails où il vendait au prix de gros, des articles achetés directement aux fabricants. C'était supprimer au profit du consommateur, la cascade de marges bénéficiaires qui mène d'intermédiaires en intermédiaires jusqu'à la boutique de l'épicier. L'idée a fait son chemin, la preuve, Mme Leclerc ouvre chaque jour 500 lettres ou de louanges ou d'insultes. Et le succès a suivi. A Issy-les-Moulineaux, un certain tumulte a accueilli l'ouverture d'un premier centre Leclerc. Aujourd'hui, on doit canaliser la foule des clients désireux de bénéficier des avantages du circuit court qui groupe à l'heure actuelle 1500 articles. Si Leclerc que l'on voit ici, peut accroître le nombre des grossistes adhérents, la quantité des articles mise en vente augmentera en proportion. Du même coup, cette audace a fait tâche d'huile, une campagne des prix chocs s'est amorcée à l'échelle des détaillants.
Journaliste
M. Bonnet, vous participez je crois, à l'opération anti-hausse en accord avec le gouvernement.
Bonnet (Monsieur)
En effet Monsieur, oui. Nous participons à la campagne anti-hausse malgré les sacrifices que cela nous impose et malgré l'handicap certain que nous avons par rapport à certaines formes de distribution, on a décidé de participer effectivement à cette baisse de prix.
Journaliste
Et êtes-vous nombreux à participer à cette baisse de prix ?
Bonnet (Monsieur)
Nous, sur le plan national, nous sommes 120 000 magasins.
Journaliste
Pouvez-vous me donner quelques exemples précis de denrées touchées par cette baisse ?
Bonnet (Monsieur)
Cette baisse porte en principe sur une cinquantaine d'articles, dans notamment chez nous, voyez-vous, les pâtes que nous vendions 102 francs le paquet de 500 grammes, qui est vendu aujourd'hui 92 francs, le paquet de café que nous vendions normalement 205 francs, est vendu aujourd'hui 188 francs.
Commentateur
Verra t-on cette fois le prix de la vie en baisse ? On commence à le croire...

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