La rupture du barrage de Malpasset

09 décembre 1959
01m 49s
Réf. 01032

Notice

Résumé :

La rupture du barrage de Malpasset le 2 décembre 1959 a dévasté la région de Fréjus : maisons, routes et voies ferrées sont détruites. De nombreux cadavres sortis de la boue sont conduits vers une chapelle funéraire.

Date de diffusion :
09 décembre 1959
Date d'événement :
02 décembre 1959

Contexte historique

Le 2 décembre 1959 à 21h15, le barrage de Malpasset - qui barre le torrent du Reyran dont le débit s'est considérablement accru avec de récentes pluies diluviennes -, achevé cinq ans plus tôt, cède et libère plus de 50 millions de mètres cubes d'eau. En quelques minutes, la vallée du Reyran et la ville de Fréjus sont ravagées par une vague de plusieurs mètres de haut déferlant à 70 km/ h et qui détruit tout sur son passage (maisons, voies ferrées et routes).

423 victimes sont dénombrées. L'armée intervient pour secourir les sinistrés et déblayer la ville. Le général de Gaulle, accompagné du Premier ministre Michel Debré, se rend rapidement sur place. Un grand élan de solidarité se développe, orchestré notamment par les radios, permettant de réunir 9 milliards de francs en quelques jours ; le timbre de 25 centimes est surtaxé de 5 centimes au profit des sinistrés.

Cette catastrophe, l'une des plus importantes en France au XXe siècle (parmi les plus récentes on peut évoquer les inondations qui ont dévasté Vaison-la-Romaine en 1992) aboutit à la création de procédures d'indemnisation et à l'obligation légale d'études géologiques avant les travaux d'importance.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage est une "édition spéciale" des Actualités Françaises exclusivement consacrée à la catastrophe engendrée par la rupture du barrage de Malpasset. Les images diffusées visent d'abord à montrer toute l'ampleur du désastre matériel par des vues sur les dévastations provoquées par la vague : maisons coupées en deux, voies ferrées arrachées, voitures écrasées.

Ces images donnent l'impression d'une ville en ruines. Elles sont très similaires à cet égard aux reportages de guerre sur des villes détruites par des bombardements. Ce sujet bascule même dans la tragédie lorsque dans un second temps il s'emploie à évoquer et surtout à montrer le "désastre humain". Un plan présente ainsi des soldats retirant un cadavre de la boue, puis d'autres plans montrent des cadavres acheminés vers une chapelle. L'image du corps d'un jeune enfant est particulièrement terrible.

Tout au long du reportage, la musique dramatique renforce le caractère poignant de ces images, de même que le commentaire qui n'a de cesse d'insister sur l'étendue exceptionnelle du cataclysme : "Fréjus n'est plus que le nom d'un drame".

Christophe Gracieux

Transcription

(Musique)
Commentateur
Ce n'est plus qu'un paysage bouleversé, des étangs nivelés par la catastrophe, des maisons éventrées, des amas de débris enchevêtrés, des flaques de boue, qu'offre aujourd'hui la campagne de Fréjus. La voie ferrée a été soufflée sur 1600 mètres, endommagée sur 2500. Quant-aux routes, elles sont coupées parfois sur plusieurs centaines de mètres. Tel est le premier bilan matériel de la catastrophe, due à la rupture du barrage de Malpasset. C'est en pleine nuit que se produisit la tragédie. Les 50 millions de mètre cube d'eau retenus dans le lac long de 10 kilomètres, ont déferlé comme un mur de 5 mètres de haut à travers la vallée, à la vitesse de 70 kilomètres à l'heure. En sept minutes, tout était consommé. On imagine l'horreur du drame. Jusqu'au faubourg de Fréjus, la vallée du Reyran n'est plus qu'un «no man's land», sans formes et sans vies. Car si les dégâts matériels sont énormes, ils ne sont rien en comparaison du désastre humain. On évalue jusqu'ici à 300, le nombre des morts, mais cette évaluation risque fort d'être largement dépassée par la réalité. Des fleuves de boue, des ruines accumulées et même de la mer où ils ont été emportés par le flot dévastateur, on retire, en effet, à chaque instant, un nouveau cadavre. Fréjus n'est plus que le nom d'un drame.

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