Premier vol du Concorde

02 mars 1969
05m
Réf. 01040

Notice

Résumé :

Le 2 mars 1969, l'avion supersonique Concorde réalise son premier vol à Toulouse.

Date de diffusion :
02 mars 1969

Contexte historique

Le 29 novembre 1962, la France et le Royaume-Uni signent un accord de coopération entérinant un programme de réalisation commune d'un avion supersonique. La conception et la construction du Concorde - le nom retenu est très symbolique - sont confiées à Sud-Aviation et à la British Aircraft Corporation, les réacteurs étant fabriqués par Rolls-Royce et la SNECMA.

Le choix est finalement fait de réaliser un quadriréacteur long-courrier de 120 personnes, ce qui multiplie par sept le coût du programme entre 1962 et 1973. Deux prototypes sont mis en chantier parallèlement, le 001 français et le 002 britannique. Le Concorde 001 réalise son premier vol dans le ciel de Toulouse, piloté par André Turcat, qui avait déjà participé à l'expérimentation de la Caravelle et qui fut pilote d'essais du Concorde de 1964 à 1976. Il dépasse pour la première fois la vitesse du son (Mach 1) le 1er octobre 1969, puis Mach 2 le 4 novembre 1970. Mais le Concorde est rapidement critiqué pour sa faible valeur commerciale, ses grandes dépenses en kérosène au moment de la crise pétrolière, et sa nuisance sonore. Ce n'est que le 21 janvier 1976 que l'avion transporte ses premiers passagers de Paris vers Rio de Janeiro, et de Londres vers Bahreïn. La liaison vers New York n'est autorisée qu'en 1977, permettant de relier Paris et la ville américaine en trois heures et demie, au lieu de sept.

A la suite du crash d'un Concorde d'Air France au décollage de Roissy le 25 juillet 2000, provoquant la mort des 113 passagers, le gouvernement français décide de suspendre tous les vols de l'avion supersonique. Le Concorde effectue son dernier vol commercial Paris-New York le 31 mai 2003, mettant fin à une aventure qui s'est avérée techniquement très riche mais qui fut un échec commercial. L'exploitation du Concorde par Air France et British Airways s'est de fait révélée très déficitaire, et seuls seize exemplaires ont été construits au total.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce document présente des extraits du premier vol du Concorde en direct, ce qui était alors encore assez peu fréquent à la télévision. Le commentaire du journaliste Jean-Pierre Chapel - qui fera également partie de l'équipe de journalistes commentant en direct les premiers pas de l'homme sur la Lune le 21 juillet 1969 - est donc très vivant, retraçant l'évolution de l'avion supersonique, de son décollage à son atterrissage. Jean-Pierre Chapel semble lui-même enthousiasmé par l'événement, prononçant un vibrant "ça y est !" au moment du décollage et soulignant à plusieurs reprises l'exaltation générale des spectateurs de ce premier vol.

Durant le vol, épaulé par Pierre Rebuffet, spécialiste des essais aéronautiques, il livre aux téléspectateurs des informations techniques sur le Concorde et son trajet. Mais en fait on entend surtout le bruit des moteurs de l'avion, les applaudissements du public, ainsi que les propos d'autres journalistes et du commentateur officiel de la cérémonie. Un dispositif spécial a été mis en place pour retransmettre ce vol inaugural : le Concorde est filmé par des caméras au sol qui le montrent en gros plan lors du décollage et de l'atterrissage, et l'est également au cours du vol depuis un avion l'accompagnant, l'image sautant alors souvent.

Christophe Gracieux

Transcription

Journaliste
Le Concorde vient d'être mis en puissance, les quatre réacteurs sont à fond. J'ai à côté de moi M. Rebuffet, qui est spécialiste du Centre d'essai en vol de Brétigny, et qui est spécialement affecté à l'équipe du Concorde. M. Rebuffet, je crois que nous assistons maintenant à la mise en puissance complète.
Pierre Rebuffet
Oui, actuellement Concorde a mis pleine puissance. Vous voyez la fumée qui se dégage des réacteurs. Je pense que le lâcher des freins va intervenir dans... très peu de temps.
Journaliste
Eh bien, nous allons maintenant donc assister à ce premier vol qui est attendu, je vous rappelle, depuis 2282 jours. Il y a 2282 jours que Concorde est prévu et maintenant, enfin, le premier vol. Ce premier vol que 600 journalistes attendent autour de la piste et que vous tous allez voir maintenant en direct. Le voilà.
(Silence)
Journaliste
Ca y est ! Autour de moi, j'entends des cris de joie, des applaudissements.
(Silence)
Journaliste
Et maintenant la vitesse de 350 km/h qui était celle de son décollage, Concorde grimpe maintenant. Il va grimper à environ 400 mètres à la minute, douze cent pieds et gagner l'altitude de 3500 à 4000 mètres. Cette première période d'essai est extrêmement importante. Ca y est, l'avion d'accompagnement a réussi à raccorder en images et nous avons Concorde en vol. Je vous rappelle que pour ce premier vol, Concorde doit voler, train sorti, nez baissé. Il n'est pas question qu' André Turcat remonte le train d'atterrissage, ni remonte le nez. Et bien le Général Calmel vient de nous donner les indications concernant cette dernière phase de vol. Vous voyez la magnifique image de Concorde se découpant sur fond de sol. Et autour de moi, j'entends déjà : le voilà, le voilà ! Je pense que nous allons le voir dans l'axe de la piste d'ici peu. Effectivement, je l'aperçois. Sur la droite tournent les deux hélicoptères de surveillance... et voici, la dernière phase. Que va faire... André Turcat ?
(Silence)
Journaliste
Concorde donc est en finale. Il semble qu'il va se poser réellement. Voilà, nous le voyons apparaître dans l'axe de la piste.
(Silence)
Journaliste
Semble t-il, je crois qu'il va faire un atterrissage simulé. Oui, effectivement il semble un peu haut pour un atterrissage réel, M. Rebuffet ?
Pierre Rebuffet
Je ne sais pas encore, c'est André Turcat qui va apprécier.
(Silence)
Journaliste
Il atterrit, il va atterrir. Magnifique atterrissage, ouverture du parachute frein. Autour de nous des applaudissements vraiment. Depuis si longtemps que nous attendions ce premier vol, vraiment, autour de nous tout le monde est heureux. Le parachute frein a agit immédiatement. M. Rebuffet, pour vous, pour vous qui êtes un spécialiste des essais en vol, ça doit être une joie, je suppose ?
Pierre Rebuffet
Une très grande joie, oui, mais enfin, c'est une joie je pense pour tous, pour toute l'équipe et pour tous ceux qui l'ont réalisé.

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