Le Club Méditerranée de Santa Giulia

20 juin 1967
01m 44s
Réf. 01050

Notice

Résumé :

Des mannequins présentent la collection été 1967 de Jacques Heim dans le cadre du Club Méditerranée de Santa Giulia, en Corse.

Date de diffusion :
20 juin 1967
Personnalité(s) :

Contexte historique

Les vacances commencent à se généraliser pour les Français dans les années 1950 et 1960, du moins pour les citadins. Dans ce contexte, tout un secteur se développe autour des vacances, à commencer par le Club Méditerranée qui en est l'exemple manifeste. Il s'agit d'abord d'une petite association créée en 1950 par le Belge Gérard Blitz : elle ouvre son premier village de vacances à Alcudia sur l'île de Palma de Majorque, accueillant 2 300 adhérents, puis son deuxième à Corfou.

Mais le Club Méditerranée prend véritablement son essor avec l'arrivée de Gilbert Trigano comme trésorier en 1954 (il en devient PDG en 1963) : dès 1957, il fête son 10 000ème adhèrent, puis atteint 60 000 adhérents en 1961 et 400 000 en 1970. Le Club crée de nombreux villages, s'implantant notamment à Djerba en 1954, à Tahiti en 1955 (accessible après un mois de bateau), à Leysin en Suisse en 1956 (c'est le premier village de sports d'hiver), à Santa Giulia en Corse en 1958, à Agadir en 1965 (il s'agit du premier village permanent) ou en Guadeloupe et en Martinique en 1968 et 1969.

Cette réussite est fondée sur la spécificité du Club Méditerranée qui offre dans un même cadre l'exotisme, de nombreuses activités et loisirs, une certaine permissivité sexuelle et de nouvelles relations humaines : les chefs de village sont les GO (gentils organisateurs) et les membres sont les GM (les gentils membres). Ainsi, pour de très nombreux vacanciers, d'abord des cadres puis également les classes moyennes, le Club Méditerranée devient synonyme de bonheur et d'absence de contrainte.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Tourné au Club Méditerranée de Santa Giulia, en Corse, ce sujet donne un aperçu de ses installations. Sont ainsi montrées certaines des activités que les vacanciers peuvent y pratiquer, notamment le ski nautique. On aperçoit également rapidement quelques bungalows du Club, de même que son restaurant. Mais si le commentateur évoque quelque peu le fonctionnement du Club Méditerranée ("il accueille ses membres dès les premiers jours en leur assurant un ensoleillement maximal et des vacances intégrales"), il s'attache en fait surtout à décrire la collection été 1967 du couturier Jacques Heim, sur fond de musique twist. En effet, le Club Méditerranée ne sert ici que de cadre à cette présentation par des mannequins. Ce qui importe n'est pas tant de les voir déjeuner avec les autres "sociétaires" ou participer aux activités du Club, mais bien les maillots et les robes qu'elles portent.

Christophe Gracieux

Transcription

(Musique)
Commentateur
Ce capricieux soleil de juin, les mannequins de Jacques Heim, l'ont trouvé à Santa Giulia, en Corse, quelque part entre Porte Vecchio et Bonifacio. Il fallait en effet la lumière d'un ciel méditerranéen pour donner tout son éclat à la collection 67. Dans ce décor privilégié, sorti de bain original et sur maillot classique, avec ou sans bottes, se retrouvent à l'heure où la crampe à la hauteur de l'estomac ramène les sociétaires au restaurant du club. Nous sommes en effet dans l'un des camps où le «Club méditerranéen», le bien nommé, accueille ses membres dés les beaux jours, en leur assurant un ensoleillement maximum et des vacances intégrales.
(Musique)
Commentateur
Cette année la plus grande variété est de rigueur et au retour du ski, la distribution du courrier s'accommode parfaitement des classiques mini-robes comme des tenues plus aérées. Les couleurs vives à dominante rouge sont toujours assurées du succès, ce qui n'exclut nullement les variations sur d'autres thèmes. En vacances, il faut tourner le dos aux conventions, les audaces seront toujours payantes. Pour le dîner ou le bal, la robe reprend ses droits, mais assortie de fantaisie et traitée à la manière des saris indiens ou des boubous africains. Une pointe d'exotisme vestimentaire, c'est aussi une façon de rompre avec 11 mois de convention.