Les succès de l'industrie agro-alimentaire

21 mai 1979
02m 38s
Réf. 01059

Notice

Résumé :

Dans le Finistère, des industries agro-alimentaires spécialisées dans le poulet connaissent un développement remarquable et parviennent à augmenter considérablement leurs exportations avec le soutien de l'Etat.

Date de diffusion :
21 mai 1979

Contexte historique

Avec la "seconde révolution agricole" des années soixante, l'agriculture française apparaît de plus en plus intégrée aux industries de transformation des produits agricoles. Cette relation étroite qui existe désormais entre industrie et agriculture justifie l'appellation nouvelle d'industries agro-alimentaires (IAA), qui désigne la réunion à l'agriculture de toutes les activités qui se situent à son amont et à son aval : production et distribution des approvisionnements agricoles, opérations productives de l'agriculture, stockage, transformation et distribution des produits agricoles et des marchandises fabriquées à partir de ces produits. Ce secteur des IAA s'est rapidement imposé comme l'un des points forts de l'économie française, avec notamment certaines branches comme celles de la viande, des produits laitiers, des boissons.

L'essor des IAA au cours des années 1970 et 1980 contraste fortement avec le marasme des industries traditionnelles. Dans ce secteur, l'emploi a progressé de 5 % entre 1975 et 1990. Les bonnes performances réalisées par les IAA leur permettent de devenir en 1990 le premier secteur industriel français : elles assurent alors 13 % du chiffre d'affaire industriel et occupent 12 % des effectifs de l'industrie. Les IAA dégagent un solde extérieur largement excédentaire. Quelques grands groupes illustrent la réussite de ce secteur : LVMH, Danone, Gervais, Bongrain... Ce développement spectaculaire s'est toutefois quelque peu ralenti depuis le début des années 1990 (croissance moindre, premières réductions d'effectifs...).

Fabrice Grenard

Éclairage média

Ce reportage présenté lors du Journal télévisé permet de montrer les différentes étapes de la filière du poulet, illustrant par là-même parfaitement la notion d'industrie agro-alimentaire : élevage, abattage, transport, conditionnement, stockage. Il se veut également particulièrement éclairant sur les différentes stratégies assurant la meilleure compétitivité possible et la conquête des marchés extérieurs. Les images montrent bien que l'on se situe ici davantage dans l'univers industriel que dans celui de l'agriculture traditionnelle (division du travail et des différentes tâches, travail à la chaîne...).

Fabrice Grenard

Transcription

Jean-Louis Calmejane
Dans le Finistère, trois sociétés d'abattage de volailles, les sociétés Doux, Tilly et Bernard, assurent à elles trois, 95% de l'exportation française de poulets. L'une d'entre elles, la société Tilly a été la première industrie agroalimentaire a passé avec l'Etat une convention de développement. Elle s'est engagée à doubler ces exportations d'ici 1981, en échange de quoi, les pouvoirs publics lui accorderont un soutien maximum. Une initiative qui fait tâche d'huile.
Charles Doux
Nous avons actuellement avec le Ministre de l'Economie, des négociations en vue de passer une convention développement et nous sommes bien sûr très intéressés. Ca nous permettra de poursuivre notre plan de développement et d'augmenter nos exportations au rythme passé, c'est-à-dire de l'ordre de 25% par an, et nous espérons que cela permettra également de dégager un certain nombre de financements pour les éleveurs approvisionnant notre abattoir.
Jean-Louis Calmejane
Car pour pouvoir augmenter leurs exportations, ces abattoirs sont obligés de trouver de nouveaux éleveurs. Pour ces derniers, la construction d'un poulailler comme celui-ci coûte 500 000 francs. Il leur faut alors être sûr de l'utiliser au maximum pour le rentabiliser.
Robert Lelay
Les abattoirs... des abattoirs aux alentours chercher du poulet alors, ils nous ont proposés de construire des poulaillers, alors maintenant, nous sommes tenus par un contrat de leur fournir 6 bornes de poulets par an.
Jean-Louis Calmejane
Un contrat de combien d'années ?
Robert Lelay
Sur 7 ans.
Jean-Louis Calmejane
C'est dès 1960 que la vocation exportatrice de ces abattoirs est née. D'abord, avec le marché allemand, puis en 73, le marché du Moyen-Orient s'est ouvert avec la crise du pétrole. 70% de l'exportation se fait avec l'Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et le Yémen du Nord. De 75 à 78, leur chiffre d'affaire a presque triplé. Pour ces industriels, la recette de l'exportation est simple. Il faut être le premier sur le marché et y arriver en force. Mais il y a aussi la concurrence et cela ne va pas sans contraintes.
Charles Doux
Les contraintes sont liées à la compétitivité qui règne sur ces marchés. La compétitivité internationale est très dure et très difficile et nous devons tout d'abord avoir des prix, nos produits très bas. Quant-à la contrainte liée aux transports, les transports maritimes, vers ces destinations pour le Moyen-Orient n'existaient pas, il a fallu les créer.
Jean-Louis Calmejane
Sur le plan local, le développement de la production de ces abattoirs devrait procurer encore de nombreux emplois dans une région où le chômage sévit avec force. Actuellement, ces trois sociétés emploient onze cent personnes et elle prévoit la création de 475 emploies d'ici 1981. Indirectement, ce devrait être douze cent emplois qui seront crées en milieu rural dans les trois années à venir.

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