Colères paysannes dans le Sud-Ouest de la France contre la baisse des prix agricoles

09 février 1980
47s
Réf. 01060

Notice

Résumé :

Pour protester contre la baisse des prix agricoles, provoquée notamment par la concurrence de l'agriculture espagnole, les paysans du Languedoc-Roussillon expriment leur colère en organisant différentes manifestations.

Date de diffusion :
09 février 1980
Source :

Contexte historique

A partir des années 1970, l'agriculture française doit faire face à un certain nombre de problèmes, dont le principal consiste en un déséquilibre croissant entre l'offre et la demande. L'accroissement de la productivité et de la production coïncide avec une certaine saturation des marchés liée à la stagnation de la demande intérieure mais également à la libéralisation des échanges et le développement d'une importante concurrence.

Dans ces conditions, les prix des produits agricoles connaissent une baisse sensible qui se répercute sur le niveau des revenus des agriculteurs. Cette situation débouche sur un véritable malaise pour de nombreux paysans, qui se traduit par des manifestations de colère sporadique : barrages routiers, déprédations de biens publics, destructions de stocks de produits agricoles, produits déchargés sur la voie publique, marche sur les préfectures...

Ces "colères paysannes" ne sont pas nouvelles (cf. barrages paysans dans les régions du Centre en 1953, occupation de la sous-préfecture de Morlaix en 1961...). Elles connaissent cependant une certaine recrudescence au début des années 1980 suite à la pression exercée sur les prix agricoles par l'élargissement du marché commun vers des pays du Sud de l'Europe (Espagne, Portugal...).

Fabrice Grenard

Éclairage média

Les images insistent sur les débordements et la violence des manifestations paysannes (camions détruits, stocks et véhicules incendiés...). Plusieurs gros plans sont effectués sur les cageots de fruits et légumes détruits. Ces images sont forcément déplaisantes pour de nombreux téléspectateurs qui sont aussi des consommateurs.

Fabrice Grenard

Transcription

Pierre Babey
Trois camions incendiés, huit autres complètement vidés de leurs cargaisons, les organisations professionnelles ne voulaient pas en arriver là. Elles auraient, disent-elles, été débordées par des éléments particulièrement passionnés. Résultat en tout cas, ces scènes de pillage à l'entrée du marché international Saint Charles à Perpignan, puis sur la bretelle autoroutière entre la métropole catalane et le poste des douanes du Boulou. Après le train de salades, il y a quinze jours, ce sont donc des caisses d'oranges, de poivrons, de tomates, d'artichauts qui ont fait les frais de la colère antihispanique des maraîchers catalans. A l'origine de cette nouvelle flambée de violence, la dégradation des cours des fruits et légumes. Un exemple, l'an dernier, une salade était payée 1 franc au producteur français, cette année elle ne lui rapporte plus que 40 centimes. D'où l'amertume des professionnels devant les exportations devant les importations espagnoles.