Les quotas laitiers, symboles des difficultés paysannes

31 janvier 1991
01m 06s
Réf. 01061

Notice

Résumé :

Spécialisé dans l'élevage des veaux et la production du lait, un agriculteur explique les difficultés qui ne cessent de s'accentuer depuis l'instauration des quotas laitiers : ses revenus sont bloqués et ses charges ne cessent d'augmenter.

Type de média :
Date de diffusion :
31 janvier 1991
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Contexte historique

Après la remarquable modernisation des années soixante, l'agriculture française apparaît en fait victime de son succès. A partir des années 1980, les excédents de production consécutifs à l'augmentation spectaculaire de la productivité et à une stagnation de la demande, se multiplient dans tous les domaines. La saturation des marchés les transformant en stocks de plus en plus coûteux à gérer, la CEE a décidé à partir du milieu des années 1980 d'adopter dans le cadre de la PAC des mesures malthusiennes.

L'une de ces mesures les plus spectaculaires fut la décision d'appliquer des quotas pour certaines productions. Les quotas laitiers, instaurés en 1984, avaient pour objectif de réduire la "montagne" de beurre et de lait qu'il fallait brader à l'exportation. La collecte est plafonnée au niveau de 1983. L'office national interprofessionnel du lait (ONILAIT) limite les livraisons par laiterie puis par exploitant et impose même un plafond pour les matières grasses. Il perçoit aussi les pénalités qui frappent les contrevenants. Cette réforme fut le plus souvent particulièrement mal ressentie, notamment par les petits agriculteurs qui avaient le sentiment de ne plus pouvoir augmenter leurs revenus. Elle entraîne une sévère restructuration qui en dix ans fait tomber plus de la moitié des producteurs de lait.

D'autres mesures malthusiennes sont venues s'ajouter aux quotas à la fin des années 1980 : en 1989 sont établis des "stabilisateurs agricoles", c'est-à-dire les QMG (quantités maximales garanties) au-delà desquels les prix garantis subissent automatiquement une réduction de 3 % au cours de la campagne suivante. Enfin, la CEE décide également de geler certaines terres arables.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Le reportage a plutôt tendance à démontrer l'injustice des quotas laitiers pour les petits producteurs, misant davantage sur la qualité des produits que sur le productivisme. Le système des quotas bloque tout développement de leur activité et rend leur situation financière délicate, alors qu'il ne pénalise sans doute pas autant les gros exploitants, qui peuvent continuer de produire à un niveau relativement élevé, même s'ils doivent eux aussi se conformer au système des quotas.

Fabrice Grenard

Transcription

Pierre Bonte
Comme Lucien Longeon et comme tous les agriculteurs de la région, Maurice Bonhomme vit principalement de la production du lait et de l'élevage des veaux qu'il nourrit à l'étable avec le lait de leur mère.
(Silence)
Journaliste
Ca fait des veaux extra ça !
Maurice Bonhomme
Ah ceux là, ils sont bons, ceux là ils se recroquevillent pas dans la poêle, là vous pouvez faire griller l'escalope à plat alors que certaines escalopes, des fois, au lieu de se coller au fond de la poêle, elles rebiquent.
Journaliste
Vous les vendez plus cher ces veaux là alors ?
Maurice Bonhomme
Oh, c'est le même prix vous savez !
Pierre Bonte
Ce qui n'est pas normal, bien sûr, mais ce que les petits agriculteurs supportent le plus mal, c'est le système des quotas laitiers. Chaque éleveur en France a son quota, c'est-à-dire, qu'il n'a pas le droit de vendre une quantité de lait supérieure à celle qu'il produisait en 1983. Pour Maurice Bonhomme, par exemple, le quota est de 25 000 litres par an. Son revenu est donc bloqué depuis 1983 alors que les charges d'exploitation ne cessent d'augmenter et tout est fait semble-t-il pour que ces petits fermiers abandonnent.

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