La réforme Haby

14 mai 1975
02m 22s
Réf. 01073

Notice

Résumé :

En 1975, la réforme Haby visant à créer un collège unique suscite d'importantes oppositions de la part de la majorité des lycéens et des syndicats d'enseignants.

Date de diffusion :
14 mai 1975
Personnalité(s) :

Contexte historique

René Haby, ministre de l'Education dans le gouvernement Chirac, propose en mars 1975 une réforme des collèges. Celle-ci vise à créer un collège unique dans le cadre d'une réforme globale du système éducatif. Elle se heurte toutefois dès le début à de nombreuses oppositions : syndicats d'enseignants, professeurs d'histoire et de philosophie estimant leur discipline sacrifiée, parents d'élèves et lycéens. De ce fait, le projet est quelque peu différé et se concentre essentiellement sur le premier cycle de l'enseignement secondaire. Le gouvernement adopte le 15 mai 1975 un avant-projet de loi, voté par l'Assemblée nationale le 20 juin.

La loi est promulguée en juillet et s'applique d'abord à la classe de sixième, puis concerne les classes de cinquième, quatrième et troisième au cours des trois années suivantes. Tous les élèves entrent désormais en sixième dans un même type d'établissement, le collège, et suivent un enseignement commun jusqu'à la troisième, les filières disparaissant. Et, à la sortie du collège, tous les élèves font l'objet d'une décision d'orientation vers les lycées traditionnels ou d'enseignement professionnel. Cette réforme démocratique ne prend cependant pas véritablement en compte l'hétérogénéité des élèves en sixième et ne met en place aucun moyen susceptible d'y remédier.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage se décompose en trois séquences. Dans un premier temps, l'acteur principal de cette réforme, le ministre de l'Education René Haby, interrogé (sans doute dans les locaux de son ministère), évoque les modifications qu'il envisage d'apporter à son projet et qu'il annoncera le lendemain (15 mai 1974) lors d'un conseil restreint à l'Elysée. Puis le journaliste commente les différentes réactions hostiles à cette réforme (lycéens, enseignants, parents d'élèves). Son commentaire est ainsi illustré par des images d'une manifestation lycéenne et d'une salle de classe : il s'agit en l'occurrence d'un cours de sciences naturelles.

L'opposition des syndicats d'enseignants est, quant à elle, figurée par un gros plan sur un "Non !" figurant sur la couverture de "L'Enseignement public", revue de la Fédération de l'Education Nationale, et c'est par le biais d'un zoom arrière que l'on découvre la couverture de ce périodique, avec la photographie de René Haby. Enfin, dans un dernier moment, les images font place à plusieurs panneaux qui visent à récapituler de manière didactique les grandes lignes de la réforme Haby par niveau d'enseignement, de la maternelle au baccalauréat.

Christophe Gracieux

Transcription

René Haby
J'envisage de modifier certains points de mes propositions et je suis persuadé que grands nombres d'adhésions pourront se manifester lorsque ses modifications seront connues.
Philippe Harrouard
Ces modifications, elles devraient être connues en principe demain, après le Conseil restreint de l'Elysée. Reste à savoir si les opposants au projet primitif se laisseront convaincre, on peut en douter. Cette opposition s'est manifestée sous diverses formes, les lycéens sont descendus dans la rue, pour les manifestants, rejet en bloc d'un système éducatif qui ne répond pas à leurs aspirations. Opposition catégorique aussi de la majorité des syndicats d'enseignants. Pour eux la réforme Haby conduit à accroître les inégalités au sein de l'école et à créer un enseignement d'élite pour un petit nombre. Les deux grandes associations de parents d'élèves se partagent entre le «non» et le «oui mais», certaines corporations d'enseignants se sont fortement inquiétées de la dévalorisation des matières qu'ils professent, c'est le cas pour la philosophie et l'histoire. Enfin, il y a la masse des parents et des élèves non motivés syndicalement ou politiquement, qui semblent-ils n'ont pas très bien compris où M. Haby voulait en venir. Le pourquoi d'une réforme qui est apparue souvent comme un simple replâtrage de ce qui existe déjà. Revoyons les grandes lignes de cette réforme. Ecole obligatoire à 5 ans. A cet âge, l'élève peut être aussi bien en maternelle que dans le primaire. A la maternelle, réduction des effectifs, 35 élèves par classe. L'école élémentaire se fait en 6 ans au lieu de 5, il n'y a plus de redoublement, le cours préparatoire se prépare en 2 ans au lieu d'un et l'élève doué peut sauter une classe. De la sixième à la troisième, une école moyenne sans examens d'entrer avec le même enseignement pour tous donc, plus de filière. Des bancs d'essai professionnel possibles dès la quatrième et la troisième, autrement dit une voie de sortie vers l'enseignement professionnel à ce stade. Au collège, les cours durent 45 minutes. Enfin le bac en 2 parties, avec une terminale à option, l'élève choisit les matières qu'il entend approfondir, philosophie en terminale et non plus en première. L'ambition de M. Haby, il l'a souvent dit et de préparer l'école de l'an 2000. Notre système éducatif est malade, tout le monde le reconnaît, la thérapeutique proposée a été combattue ou mal comprise dans l'ensemble, nouveau diagnostic demain.

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