Une importante opération de réhabilitation urbaine : le quartier des Halles

12 mars 1968
03m 34s
Réf. 01077

Notice

Résumé :

Alors que le marché des Halles situé au coeur de Paris va être détruit pour être déplacé à Rungis, plusieurs projets sont à l'étude pour l'aménagement de ce qu'on appelle déjà le trou des Halles.

Date de diffusion :
12 mars 1968

Contexte historique

Les mutations urbaines des années soixante et soixante-dix ne concernent pas que les banlieues des grandes villes et l'essor des cités HLM. Une autre mutation urbaine importante de la période concerne les nombreuses opérations d'aménagement ou de réhabilitation du centre des grandes villes. Que ce soit à Paris, Lyon, Bordeaux ou Marseille, de vieux quartiers sont rasés (îlots insalubres, activités déclinantes, délocalisation d'entreprises à la périphérie des grandes villes) au profit de la construction de nouveaux logements ou de l'implantation de nouvelles activités (centres d'affaires, bâtiments administratifs, zones commerciales).

L'une des opérations les plus importantes de la période fut notamment le réaménagement en une zone commerciale moderne du quartier de l'église Saint-Eustache à la suite du transfert des Halles à Rungis et du démantèlement des pavillons construits sous le Second Empire par Victor Baltard. Les travaux dureront près de dix ans et les nouvelles Halles seront inaugurées par le maire de Paris Jacques Chirac en octobre 1979. Sur trois étages, le "trou des Halles" concentre boutiques de luxe, restaurants, cinémas, FNAC, commerces bon marché et grandes surfaces. Quelques autres chantiers importants viendront changer le visage de Paris au cours des années 1970 (construction de la tour Montparnasse, du centre Georges Pompidou, du quartier de la Défense).

Fabrice Grenard

Éclairage média

Les maquettes des projets de réaménagements des Halles présentées à l'Hôtel de ville apparaissent particulièrement futuristes et contrastent avec les pavillons construits par Victor Baltard, symbole de "l'âge du fer" et de l'architecture de la seconde moitié du XIXe siècle. Le démantèlement des anciennes Halles provoquera d'ailleurs quelques manifestations importantes de "nostalgiques", l'une d'entre elle nécessitant le 13 juillet 1971 l'intervention des CRS.

Fabrice Grenard

Transcription

(Musique)
Commentateur
En 1965, les bulldozers étaient entrés en action à Rungis. Objectif : préparer les 350 hectares destinés à recevoir les installations d'un nouveau marché d'intérêt national, le futur marché de Paris. En 1967, les voies ferrées étaient en place, les premiers bâtiments déjà sortis de terre et tout laissait à penser que le Centre de distribution alimentaire, capable de rivaliser avec celui de Philadelphie, pourrait être ouvert à la date prévue, c'est-à-dire en octobre 1968. A cette date, les Halles centrales commenceront à être transférées à Rungis, libérant 35 hectares. Pour les rues avoisinantes, pas de problèmes, elles y récupèreront leurs trottoirs et leurs chaussées. Mais, devant l'Eglise Sainte-Eustache, que deviendra le périmètre des Halles ? Il ne s'agit pas en effet d'un espace libre mais seulement d'un espace libéré. Libérés que deviendront les pavillons des Halles. En effet, l'ensemble des constructions métalliques que l'architecte Baltard édifia à partir de 1851, passe pour l'un des premiers et des plus remarquables exemples de l'architecture du fer. Réservé jusqu'ici aux fromages, le sous-sol n'en possède pas moins lui aussi, du point de vue architectural, certains titres de noblesse.
(Musique)
Commentateur
Aux édifices des parkings et autres édifices souterrains, peut-on bouleverser tout ce sous-sol ? C'est dire, qu'à 6 mois de la reconversion des Halles, les Parisiens se posent un certain nombre de questions devant le plan du vieux quartier.
(Silence)
Commentateur
Inlassablement à l'Hôtel de ville, se succède dans le trou des Halles, les 6 solutions proposées. Projet de Marien... projet Arretche... projet de l'atelier d'urbanisme... projet Charpentier... projet Faugeron... projet Marot. Tout peut-être fait sans doute, y compris restaurer en priorité, mais en définitive c'est un nouveau visage de Paris qui est à choisir sur 30 hectares. Un Paris qui fera une large place aux espaces verts et qui retrouvera les perspectives de son passé ou un Paris déjà projeté vers un autre siècle. Un Paris monumental, tenté par les villes neuves, qui aura complètement oublié l'odeur des frites sur le zinc d'un bistrot des Halles.
(Musique)
Commentateur
Le choix certes est difficile, puisqu'après tout il s'agit de rien moins que du coeur même de Paris et que la vocation culturelle et la destination à l'habitat doivent compter avec la rentabilité du nouveau quartier. Devant l'avenir dans la salle Saint-Jean de l'Hôtel de ville, les visages sont perplexes. Paris est une grande affaire.

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