Une ville nouvelle : Cergy-Pontoise

16 décembre 1970
04m 09s
Réf. 01079

Notice

Résumé :

En région parisienne, la poussée démographique est telle, que les urbanistes ont conçu des villes nouvelles, afin de sauver Paris de la paralysie. Parmi elles, Cergy-Pontoise (Val-d'Oise), dont le concepteur se défend de faire une "cité dortoir".

Date de diffusion :
16 décembre 1970

Contexte historique

L'une des préoccupations majeures de l'aménagement du territoire au début des années soixante consistait à freiner le développement urbain de Paris. En 1965, les autorités craignent que Paris n'atteigne les 16 millions d'habitants en l'an 2000. Elles se fixent pour objectif de ne pas dépasser le plafond de 14 millions d'habitants et d'orienter la croissance urbaine sur 8 villes nouvelles, copiées sur le modèle des "news towns" britanniques, recevant 500 000 personnes en moyenne.

En 1969, la chute du taux de natalité fait réviser cet objectif à la baisse. L'objectif maximal est établi à 12 millions d'habitants et les villes nouvelles à créer sont réduites à cinq : Evry, Cergy-Pontoise, Saint-Quentin-en-Yvelines, Marne-la-Vallée et Melun-Sénart. Ces "villes nouvelles" devaient être le contraire des banlieues dortoirs qui s'étaient développées à la périphérie de Paris. Rassemblant une grande variété d'emplois (notamment tertiaire), bien équipées (théâtres, établissements scolaires et universitaires, musées...), ces villes devaient constituer des pôles d'emplois et de vie urbaine assurant la desserte d'une partie de la couronne extérieure de l'agglomération dans laquelle elles étaient situées, contribuant ainsi à dépolariser l'excessive centralisation régionale autour de Paris. Le bilan de ces "villes nouvelles" reste relativement mitigé. Attractives en terme de logement et d'emplois, offrant un cadre de vie plus agréable que les banlieues traditionnelles (espaces verts, infrastructures de loisirs...), les villes nouvelles de la région parisienne ne sont toutefois pas parvenues à ralentir les navettes des Franciliens et à faire un véritable contrepoids à l'hypertrophie de Paris.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Ce reportage du Journal télévisé insiste bien sur le fait que les "villes nouvelles" ne sont pas de nouvelles cités dortoirs. Les images de bâtiments en construction, plans et maquettes, attirent ainsi l'attention du téléspectateur essentiellement sur les équipements importants dont bénéficiera la ville nouvelle de Cergy-Pontoise : préfecture, école d'architecture, universités, centres commerciaux, centre hospitalier, bureaux, banques et industries, centre de loisirs (plan d'eau, piscine, patinoire, cinéma...). L'objectif est de faire de Cergy une ville fonctionnelle et rationnelle, où les habitants peuvent à la fois résider, travailler et se divertir. Des images d'enfants souriants à la fin du reportage sous-entendent qu'il s'agit bien là de la ville de demain.

Fabrice Grenard

Transcription

(Musique)
Serge Misrai
Selon le schéma directeur de la Région parisienne, Cergy doit être l'une des cinq villes nouvelles qui vont encadrer la Capitale pour, dit-on, la sauver de l'étouffement et de la paralysie. Située dans le grand l'amphithéâtre qui entoure la première boucle de l'Oise, la ville nouvelle, 15 cent habitants en septembre prochain, 450 000 à la fin du siècle. Cité clapier ou ville à part entière, que sera Cergy ?
Hirsch (Monsieur)
C'est vraiment notre objectif numéro un, ne pas faire une citée dortoir. Et ce n'est pas simplement, une parole verbale, on a freiné la construction des logements, en attendant qu'on ait, les emplois et les équipements. Et avant de commencer les logements, il y a 80 hectares de zone d'activités qui sont déjà attribués à des industriels et deux usines dont une représente 700 emplois, elle sera ouverte au Printemps prochain.
Serge Misrai
Voilà le centre nerveux, la tête pensante de la ville nouvelle, la mission d'aménagement que dirige M. Hirsch. Ce sont, les pionniers, ingénieurs, sociologues, urbanistes, architectes, ils font sortir de leurs plans, la ville nouvelle.
(Musique)
Serge Misrai
Tête de pont, la Préfecture, construction futuriste, mariage béton, verre, acier et tout autour de la Préfecture, va s'édifier la première tranche du programme. L'école d'architecture est déjà ouverte, en attendant la construction de l'école définitive. En 1972, l'école supérieure des Sciences économiques pourra accueillir 1000 étudiants. Dans le même temps, suivront un centre commercial, un centre hospitalier tandis que s'installeront bureaux, banques et industries, en un quart de siècle, 150 000 emplois seront crées. Dès septembre prochain, deux usines seront mises en service, une d'électronique, une de fabrication d'emballage, 950 emplois, au total 16 sociétés ont déjà décidé de s'implanter à Cergy. Les 15 cent premiers habitants travailleront donc sur place. Par le raccordement au réseau express régional, ils pourront se rendre à Paris, mais à Cergy les loisirs ne leur feront pas défaut. L'été sur le plan d'eau, aménagé dans la boucle de l'Oise, natation, voile, canotage, l'hiver, piscine, patinoire, dancing et cinéma. Ils sont déjà ouverts, exemple sans précédent où l'implantation des distractions précède celle des habitants.
Hirsch (Monsieur)
Non seulement ces cinémas marchent mais ils marchent bien et en particulier le samedi soir, on vient de tous les environs dans ces cinémas de la ville nouvelle.
Serge Misrai
Comment vient-on habiter à Cergy ?
Hirsch (Monsieur)
... On vient habiter à Cergy comme on vient dans n'importe quelle ville. La seule condition, priorité aux gens qui travaillent sur place.
Serge Misrai
Quelles seront les types de logement offerts ?
Hirsch (Monsieur)
Il y aura de tout parce que pour nous la ville c'est le choix. C'est un faux problème de dire, est-ce qu'il vaut mieux de l'individuel ou des appartements. Il faut que les gens puissent choisir. Vous aurez des appartements, des pavillons, aussi bien HLM que en accession à la propriété, il faut vraiment qu'il y ait le plus grand éventail possible.
Serge Misrai
400 000 habitants en l'an 2000, peut-être ? A mi-chemin entre Alfaville ou Brazillia, que sera Cergy ?
Hirsch (Monsieur)
Ni Alfaville, ni Brazillia, mais une véritable ville. Et avant d'avoir 400 000 habitants, nous notre objectif, c'est en 1975, d'en avoir 30 000 et 30 000 qui soient heureux de vivre et qui disposent de tout ce qui soit nécessaire à la vie.

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