Les HLM : un concept critiqué mais un progrès en matière d'urbanisme

09 juin 1980
01m 46s
Réf. 01082

Notice

Résumé :

Si les HLM ont été souvent critiqués, ils n'en marquaient pas moins lors de leur création un progrès considérable. Ils ont encore un bel avenir devant eux, à condition de remplacer les grandes "barres" par de petits immeubles plus harmonieux.

Date de diffusion :
09 juin 1980
Source :
TF1 (Collection: TF4 )
Lieux :

Contexte historique

Pour faire face à la croissance démographique, à l'expansion urbaine et aux besoins importants de logements, les pouvoirs publics ont encouragé à partir de la fin des années cinquante la construction de "grands ensembles", notamment les HLM (habitation à loyer modéré), dans le cadre des ZUP (zones à urbaniser en priorité) puis des ZAD (zones d'aménagement différé). Ces grands ensembles et "logements HLM" comprenaient en 1975 3,2 millions de logements habités par 10 millions de personnes (soit environ 20 % de la population française).

Si ces grands ensembles ont par la suite été particulièrement critiqués, en favorisant une importante ségrégation sociale et en créant de véritables "cités dortoirs", il ne faut pas oublier que, dans le contexte de leur création, ces habitations modernes ont pu apparaître comme un progrès considérable. Pour beaucoup de personnes quittant le milieu rural où les habitations ne possédaient pas toujours l'électricité, l'eau courante et les WC intérieurs, le fait d'emménager dans un appartement possédant les éléments indispensables du confort pouvait constituer une réelle amélioration matérielle. Et à la périphérie des grandes villes, les grands ensembles ont permis de supprimer les taudis insalubres et d'éradiquer les bidonvilles.

Pour lutter contre les "effets pervers" de ces grands ensembles, différentes mesures ont été adoptées. Dès 1961, une circulaire imposait aux promoteurs de prévoir pour toute construction de plus de 1000 logements un centre commercial et un équipement médico-social. A partir de 1967, quelques tentatives sont faites pour tirer parti des nouveaux plans d'occupation des sols et pour mettre en place un "habitat intermédiaire", moins inhumain : ainsi, le groupement de petits immeubles collectifs et de logements individuels que Jacques Bardet réalise dans le Val d'Yerre. Ces initiatives se multiplieront au cours des années 1970, notamment dans le cadre des "villes nouvelles", dont le principe consiste à doter les lieux résidentiels de tous les équipements nécessaires (commerces, écoles, industries, bureaux...) et à éviter le gigantisme incontrôlé au niveau des immeubles.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Différents plans opposent les HLM des années 1960, caractérisées par le gigantisme et une certaine uniformité, aux nouvelles constructions, beaucoup moins hautes, plus variées, entourées d'espaces verts. Un jeune couple avec un enfant explique que les nouveaux HLM sont beaucoup plus humains, que l'entourage est plus gai et plus agréable à vivre, que dans les anciennes constructions de ce type.

Fabrice Grenard

Transcription

Laurence Perrier
HLM, trois lettres souvent critiquées, une formule de logements qui semblait mal adaptée. Mais dans ce domaine aussi, le monde change. Il y a maintenant, enfin, des HLM où il fait bon vivre.
(Silence)
Lion (Monsieur)
Dans les années 50, à l'époque des rapatriés, les besoins de logements étaient considérables en France, les gens étaient très très mal logés. Et le fait d'entrer, dans ces immeubles, qu'aujourd'hui on trouve mal adaptés, était considéré à ce moment là, demandez à ceux qui ont accédé en sortant d'un taudis, était considéré comme un énorme progrès. C'est là qu'ils ont pour la première fois de leur vie pour beaucoup d'entre eux, découverts, l'eau courante, le chauffage, l'hygiène. Et puis à l'époque c'était ça que nous demandaient les municipalités et l'Etat. Il fallait faire beaucoup de logements, très vite, avec des procédés de bâtiment qu'on nous dictait. Les organismes d'HLM n'avaient pas l'autonomie qu'ils ont conquise aujourd'hui, ils avaient pas le choix. Ils faisaient des tours, des barres, effectivement, et puis, ils les faisaient, solides, malgré tout, et aujourd'hui nous continuons de les gérer. Depuis, les choses on beaucoup changé. Je vais vous donner un chiffre, il y a 7 ou 8 ans, une opération HLM moyenne s'était 300 logements. Aujourd'hui, une opération HLM moyenne, c'est 25 logements.
Laurence Perrier
Auparavant, vous étiez dans une tour.
Locataire
Dans une tour, au 13ème étage. Là, en rendez de chaussée, avec un petit jardin, dans un duplex, c'est nettement mieux.
Laurence Perrier
C'est-à-dire que c'est plus humain, Madame ?
Locataire
Oh oui nettement, nettement oui, parce que où j'étais avant, je ne pouvais pas laisser sortir mes enfants. Que ici, bon ils ont leur petit jardin. J'ai un chien, c'est beaucoup plus agréable. Surtout l'entourage.

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