La réduction du temps de travail dans la métallurgie

26 janvier 1973
02m 46s
Réf. 01085

Notice

Résumé :

Des négociations passées en 1972 entre les syndicats ouvriers et l'Union des industries métallurgiques et minières permettent de réduire le temps de travail dans un secteur où la durée hebdomadaire moyenne apparaissait particulièrement élevée.

Date de diffusion :
26 janvier 1973
Lieux :

Contexte historique

Au cours des Trente glorieuses, la situation du marché du travail apparaît relativement tendue en France. Alors que l'offre de travail augmente en raison de la croissance continue de la période, la croissance démographique n'entraîne pas une force de travail plus importante puisque ce n'est qu'à la fin des années soixante que les premières générations issues du baby-boom parviennent à l'âge de la vie active. Jamais les 20-64 ans n'ont été aussi peu nombreux en France qu'au recensement de 1968 : ils représentent alors à peine plus de la moitié de la population totale. Le recours aux travailleurs immigrés permet certes de compenser quelque peu les importants besoins de main-d'oeuvre, mais cela reste insuffisant.

Dans ces conditions, la France est le pays d'Europe qui connaît la durée de travail la plus élevée. Malgré l'allongement des congès payés (trois semaines en 1956, quatre en 1969), la durée annuelle du travail est de 2 078 heures en France contre 1860 heures en Allemagne en 1966. La croissance des Trente glorieuses repose ainsi largement sur les efforts fournis par les travailleurs dans le cadre d'une longue journée de travail.

Officiellement, la loi des 40 heures par semaine a été rétablie à la Libération, mais de nombreuses possibilités de dérogations font que dans certains secteurs, la durée hebdomadaire du travail dépasse largement ce seuil. C'est le cas notamment de la métallurgie, secteur nécessitant une main-d'oeuvre importante, où la durée hebdomadaire moyenne du travail est d'environ 45 heures au milieu des années 1960. Un accord passé en 1972 entre patronat et syndicat de la métallurgie permet cependant une réduction du temps de travail dans ce secteur.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Différentes animations permettent d'expliquer le contenu des accords et l'importance de la baisse de la durée hebdomadaire du travail selon les entreprises. Les ouvriers sont montrés dans le cadre de leur travail, mais également dans leurs activités extérieures (transport, loisirs), qui ne pourront que se développer davantage grâce à la baisse du temps de travail.

Fabrice Grenard

Transcription

(Silence)
François Gault
Avoir davantage de temps pour vivre, c'est ce que souhaite de nombreux salariés français. Or depuis 1968, le patronat de la métallurgie et les syndicats ont déjà négocié et conclu trois accords nationaux sur la réduction de la durée hebdomadaire du travail.
(Silence)
Ouvrier
Je travaille 45 heures par semaine. Si on m'enlevait 3 heures, ce serait bien, j'aurais beaucoup plus de loisirs, mais si on m'enlevait une journée de plus, ce serait beaucoup mieux. 40 heures par semaine, ça me permettrait d'avoir davantage de repos, déjà premièrement, et puis en plus de ça, j'arrive à l'âge de la retraite, alors ça me permettait de bricoler la petite maison que j'ai.
François Gault
Et voilà ce que l'accord 1972 a apporté aux métallurgistes français. Dans les entreprises où l'horaire hebdomadaire était égal ou supérieur à 47 heures, au 1er septembre 1972, il a été réduit de une heure. Au 1er décembre, il a été réduit de une demi-heure. Au 1er mars 73, il sera de nouveau réduit de une demi-heure. Dans les entreprises où l'horaire se situe entre 47 et 44 heures, au 1er septembre 72, il a été réduit d'une demi-heure, au 1er décembre, une nouvelle demi-heure et il le sera encore de une demi-heure au 1er mars 73. Enfin dans les entreprises où l'horaire est compris entre 43 heures 30 et 44 heures, les plus nombreuses, la réduction a atteint une demi-heure au 1er décembre 72. Et dans tous les cas, la compensation pécuniaire de ces horaires réduits, est assurée à 125%. A présent, écoutez un chef d'entreprise.
Chef d'entreprise
Janvier 69 et en mars de cette année, on arrivera à une réduction de 48 heures à 45 heures, 3 heures de réduction. Alors avec cet étalement... Et puis le fait aussi que toutes les entreprises à la métallurgie française ont toutes emboîté le pas ensemble. Donc au point de vue d'un marché concurrentiel, ça nous a évité des distorsions et puis des dangers pour ceux qui seraient mis en tête.
François Gault
Aujourd'hui et dans les pourparlers qui vont se poursuivre, patronats et syndicats de la métallurgie devaient fixer d'autres étapes... planter d'autres jalons.

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