Le parc scientifique et technologique de Sophia-Antipolis en 1980

05 avril 1980
03m 04s
Réf. 01116

Notice

Résumé :

Le parc scientifique et technologique de Sophia Antipolis a été créé dans la pinède de Valbonne. Encore en chantier huit ans après, il accueille des organismes de recherche et des entreprises de haute technologie.

Date de diffusion :
05 avril 1980
Source :

Contexte historique

Sophia Antipolis a été officiellement créé par le Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire en avril 1972. Situés entre Nice et Cannes, au nord d'Antibes, ses 2 300 hectares prennent place sur le plateau boisé de Valbonne. Ce "Parc International d'Activités" repose notamment sur l'idée que l'environnement naturel induit une meilleure qualité de travail ; aussi est-il décidé à l'origine de laisser les deux tiers du parc à l'état de pinède.

Il s'agit d'attirer les organismes de recherche et des entreprises de haute technologie, en mettant en valeur son cadre attractif. En outre, Sophia Antipolis, située à une vingtaine de kilomètres de l'aéroport de Nice et à proximité de l'autoroute A8, bénéficie de la densité de ce réseau de transports. En 1974, la première entreprise, Franlab (qui étudie les gisements pétroliers), s'installe dans le parc, bientôt suivie par Air France en 1977 qui y établit son centre mondial de réservation. Débute alors une période d'implantations massives : Digital (centre mondial d'expertise en télécommunications) puis Dow Chemical, Thomson, MATRA, France Telecom, etc. Des écoles et des laboratoires de recherche s'y installent également au fur et à mesure, tels que l'Ecole des Mines, le CNRS, l'INRA ou l'Ecole Supérieure de Commerce de Nice.

Ce parc, dans lequel travaillent plus de 25 000 personnes en 2004, devient un modèle pour les technopôles qui se développent en France dans les années 1980 et 1990, pôles d'activités associant organismes de recherche et entreprises de haute technologie.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage présente l'aménagement du parc d'activités de Sophia Antipolis, qualifié par la journaliste de "Futuropolis au beau milieu de la pinède". Tout au long du sujet, de nombreux plans, essentiellement filmés à partir d'un hélicoptère, donnent la mesure de la taille du parc et des bâtiments en cours de construction. Huit ans après sa création, il apparaît encore à l'état de vaste chantier. Le "cadre de travail attrayant" évoqué par le préfet chargé de mission à la Délégation à l'Aménagement du Territoire et à l'Action Régionale est illustré par les vues de la pinède, mais aussi par les images d'un homme faisant son jogging et de joueurs de tennis. La visite à l'intérieur du centre mondial de réservation d'Air France fournit elle un exemple des entreprises qui se sont installées à Sophia Antipolis. L'interview de deux informaticiens y travaillant apparaît également intéressante : elle vient en effet apporter un bémol - l'évocation du chômage de leurs épouses - au tableau d'une réussite complète de Sophia Antipolis tel que l'a notamment dressé le préfet Girod.

Christophe Gracieux

Transcription

(Silence)
Florence Schaal
Futuropolis au beau milieu de la pinède, voilà comment se concrétise au bout de 5 ans, une idée alors révolutionnaire. Créer en pleine nature, une zone industrielle dynamisante pour les Alpes-Maritimes, avec une industrie bien particulière, celle de la matière grise. La vocation de Valbonne Sophia Antipolis est d'attirer les activités de recherche, de hautes technologies ou encore les industries non polluantes. Son image de marque, être un cadre de travail attrayant.
Girod (Monsieur)
C'est un parc, vous le voyez, de part le site, de part la couronne verte, c'est-à-dire les espaces verts naturels, de part un coefficient d'occupation des sols léger, une dispersion des activités dans l'espace, où les gens doivent y travailler commodément mais aussi doivent se sentir heureux. Ce parc international n'est pas perdu dans la nature, n'est pas perdu dans la campagne mais s'insère dans un tissu urbain et plus large.
Florence Schaal
Une idée apparemment tentante puisque 30 entreprises s'y sont déjà installées comme le CNRS, le SERAM ou l'Ecole des Mines. Mais la verdure n'explique pas tout, les investissements déjà réalisés par l'Etat et les Collectivités locales pour la maîtrise foncière des 2000 hectares du parc approchent le milliard de francs. Prime à la construction ainsi que prime à l'achat de terrain qui porte le mètre carré à 70 francs seulement. C'est ainsi qu'Air France y a somptueusement installé son centre de traitement informatique où arrive toutes les réservations du monde. Un Paris-Nice comme un Los Angeles-Dakar. 300 personnes travaillent dans ce centre.
Salarié
Tous les gens qui sont ici ont été décentralisés.
Florence Schaal
Et vous, vous préférez être ici ou à Paris ?
Salarié
Disons que ce n'est pas le même travail.
Florence Schaal
Vous êtes marié ?
Salarié
Je suis marié, oui.
Florence Schaal
Et votre femme, elle travaille où ?
Salarié
Ma femme malheureusement n'a pas d'emploi, c'est ça le problème. Vous avez un certain nombre d'agents qui ont été décentralisés ici, leur femme a perdu leur emploi à Paris et n'ont pas pu, si vous voulez, se reclasser ici.
Florence Schaal
Pourquoi ?
Salarié
Pourquoi, parce que le département des Alpes Maritimes est un des départements les plus touchés par le chômage.
Florence Schaal
Les 2 000 personnes qui travaillent actuellement à Sofia Antipolis sont des chercheurs ou des ingénieurs de haut niveau qui viennent de Paris ou de l'étranger. Alors ce fosse de la matière grise enfermé dans sa forteresse verte, ne risque t-il pas de devenir un ghetto scientifique ?
Girod (Monsieur)
Nous voulons que les chercheurs se rencontrent sur le site et développent cette fameuse fertilisation croisée, créent des innovations dans notre pays dont l'Europe a bien besoin. Nous espérons également que le village de Valbonne rapproche les habitants et développe la convivialité et qu'il y ait par-là de nouvelles relations humaines.
Florence Schaal
Sofia, la sagesse mais aussi Antipolis, l'anti-ville. Ici, en fait, on vit une expérience, celle de créer de toutes pièces les structures humaines d'une cité de la sagesse.