Instauration du revenu minimum d'insertion (RMI) en 1988

04 octobre 1988
01m 19s
Réf. 01134

Notice

Résumé :

Un projet de loi sur le revenu minimum d'insertion (RMI) va être voté par l'Assemblée nationale : un revenu sera attribué à ceux qui en étaient démunis, tout en leur établissant un contrat d'insertion.

Date de diffusion :
04 octobre 1988
Source :

Contexte historique

Dès sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale en juin 1988, le Premier ministre Michel Rocard annonce l'instauration d'un revenu minimum d'insertion (RMI). Il s'agit de venir en aide aux plus pauvres, en leur attribuant une allocation égale à la différence entre leurs ressources et le revenu garanti, tout en leur établissant un contrat d'insertion. Le projet de loi instituant un RMI, premier texte inscrit à l'ordre du jour de la nouvelle Assemblée nationale en octobre 1988, est adopté le 12 octobre 1988 par 547 voix contre seulement 3 UDF, et à l'unanimité en seconde lecture le 30 novembre.

Le RMI est alors fixé à 2 000 francs par mois pour son bénéficiaire direct, plus 1 000 francs pour la première personne à charge, plus 600 francs pour chacune des suivantes. Dès mai 1989, on dénombre 296 000 allocataires. Leur nombre ne cesse par la suite de croître, atteignant 567 000 en 1991, 780 000 en 1994, et 1,2 million en 2004.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage ne s'attache pas à évoquer l'importance politique du projet de loi instaurant le revenu minimum d'insertion : seule la présentatrice y fait brièvement référence dans son lancement plateau. Il s'emploie surtout à détailler les principales dispositions du projet et leur application pratique. Les images ne jouent ici qu'un rôle d'appoint pour le commentaire, illustrant différentes situations-types. Ainsi les plans montrant une mère cuisinant pour ses deux enfants font référence au cas des femmes divorcées élevant seules des enfants, qui, selon le projet de loi, peuvent désormais bénéficier du RMI.

De même, les images appuyant l'évocation des "familles ou individus marginalisés par le chômage, la maladie et l'alcoolisme" présentent des immeubles HLM de banlieue : les cités montrées à l'écran apparaissent synonymes de misère et d'exclusion. Et pour illustrer les stages de formation que les bénéficiaires du RMI sont censés suivre, différents plans laissent voir des hommes dessinant, ou des outils maniés. A plusieurs reprises les principales données chiffrées sont insérées dans le reportage de manière à faire comprendre quelles sont les catégories concernées par l'instauration du RMI et quelles en sont les modalités pratiques.

Christophe Gracieux

Transcription

Jacqueline Alexandre
Le projet de loi sur le revenu minimum devrait faire la quasi-unanimité à l'Assemblée nationale. Les députés RPR, UDF et URC envisagent de voter pour. Tout comme le groupe communiste qui compte cependant obtenir quelques modifications. L'essentiel du contenu de cette future loi, Claude Gueneau.
Claude Gueneau
430 000 foyers devraient bénéficier du revenu minimum soit environ 1 200 000 personnes. Il s'agit de familles ou d'individus marginalisés par le chômage, la maladie ou l'alcoolisme mais pas uniquement. Des accidents de parcours, notamment le divorce, plongent souvent des femmes et des mères de famille dans la pauvreté. Certains préretraités agriculteurs sont aussi concernés. Le revenu minimum garantira 2000 francs à une personne seule, 3000 à un couple, plus 600 francs par enfant. Mais les allocataires ne percevront pas obligatoirement cette somme. Ce sera un différentiel qui viendra en complément de certaines ressources comme les allocations familiales. Le but, par exemple, pour un couple avec un enfant, est quant tout le revenu atteigne 3600 francs. En contrepartie, les allocataires devront s'engager à se réinsérer en suivant des stages de formation, par exemple. C'est le revenu minimum d'insertion, insertion à la charge des collectivités locales, le revenu est assuré par l'Etat qui va y consacrer 6 milliards de francs en 89.