Emeutes à Vaulx-en-Velin

07 octobre 1990
01m 36s
Réf. 01137

Notice

Résumé :

Dans la nuit du 6 octobre 1990, des émeutes ont éclaté à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise : des jeunes ont incendié des voitures et des magasins, et les forces de l'ordre ont dû intervenir.

Date de diffusion :
07 octobre 1990
Date d'événement :
06 octobre 1990
Source :

Contexte historique

A partir des années 1980, les quartiers de banlieue dits "difficiles" cristallisent l'attention. Ces périphéries des grandes villes, à forte population d'immigrés et devenues très largement des zones globales d'exclusion, connaissent en effet une agitation croissante. La première véritable manifestation de violence a lieu durant l'été 1981 dans le quartier des Minguettes, à Vénissieux.

Mais c'est surtout au début des années 1990 qu'éclatent de véritables émeutes, notamment dans la nuit du 6 octobre 1990, à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue de Lyon. Elles font suite à la mort controversée d'un jeune motard dans un accident de la circulation avec un véhicule de la police. Des voitures sont incendiées, des magasins pillés et brûlés dans la cité du Mas-du-Taureau, et de violents affrontements opposent les jeunes aux forces de l'ordre. Ces événements mettent en valeur les conditions de vie dans les banlieues des grandes agglomérations, tout en révélant les insuffisances des différentes politiques de la ville menées depuis le début des années 1980. Le 4 décembre suivant, dans un discours prononcé à Bron (Rhône), le président de la République François Mitterrand annonce un plan pour améliorer les conditions de vie dans les grands ensembles. De fait, quelques jours plus tard est créé un ministère de la Ville, avec à sa tête Michel Delebarre, qui lance un programme de rénovation de cinq ans. Mais cela ne freine pas l'essor des violences dans les banlieues. Ainsi en mars 1991, à la suite de la mort d'un jeune Maghrébin abattu par un vigile, des émeutes éclatent durant trois jours à Sartrouville, dans les Yvelines. En juin 1991, c'est la cité du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie, qui s'enflamme à son tour, un adolescent et une femme policier y étant tués.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet consacré aux émeutes qui se sont déroulées le 6 octobre 1990 à Vaulx-en-Velin fait l'ouverture du journal télévisé de FR3 le lendemain soir. Le présentateur donne tout de suite le ton du reportage, affirmant que la ville est devenue une "cité retranchée". Les images filmées de nuit le confirment, livrant l'impression d'une véritable guérilla urbaine. On voit ainsi des hommes cagoulés du groupe d'intervention de la police nationale interpeler un jeune homme, tandis que des pompiers tentent d'éteindre un incendie. En fond sonore, des sirènes résonnant continûment illustrent également "l'état de siège" dans lequel se trouve Vaulx-en-Velin.

Le reportage montre ensuite la cité de jour, le lendemain de la nuit d'émeutes, alors qu'un centre commercial brûle toujours devant une foule d'habitants du quartier : l'épaisse fumée noire qui s'en échappe est filmée en gros plan, puis au sein d'un plan d'ensemble présentant le paysage de la cité avec ses immeubles et sa tour. Enfin, deux représentants des autorités, interviewés, livrent leurs impressions sur la situation et tentent d'expliquer les raisons de ces émeutes : l'un, procureur adjoint, évoque leur origine, tandis que l'autre, maire communiste de Vaulx-en-Velin, s'interroge sur la lenteur de l'intervention des forces de l'ordre.

Christophe Gracieux

Transcription

Eric Cachart
Bonsoir, des scènes de pillages, des magasins et des voitures incendiées. Véritable émeute depuis 24 heures à Vaulx-en-Velin près de Lyon. Depuis la mort d'un jeune homme, hier soir, dans un curieux accident de la circulation. La fureur de vivre de 500 jeunes gens s'est transformée en rage de tout briser. Vaulx-en-velin est ce soir une cité retranchée. Sur place, Carole Donnet.
Carole Donnet
Vaulx-en-Velin en état de siège, la nuit est tombée. Le Groupe d'Intervention de la Police Nationale, le GIPN, est entré en action. Un jeune homme a été interpellé. Les hommes cagoules quadrillent la ville. Si le calme semble être un peu revenu, l'atmosphère reste très tendue. Les foyers d'incendie ne sont pas encore éteints et l'on craint de nouveaux regroupements dans certaine partie de la ville. L'origine des émeutes semble presque lointaine même si un point apparaît maintenant clairement.
Xavier Richaud
Il s'agit bien d'un homicide involontaire, donc d'un accident de la circulation, comme malheureusement on en rencontre trop souvent sur l'agglomération lyonnaise, dont les circonstances peuvent apparaître particulières, mais qui à mon sens n'aurait pas du donner lieu aux débordements que nous avons connu aujourd'hui.
Carole Donnet
Débordements qui auraient pu être évités selon les autorités municipales, le maire a demandé l'intervention des forces de l'ordre à 14h45, elles ne sont arrivées qu'à 17h30.
Maurice Charrier
Pourquoi ce retard ? Qui a organisé ce retard ? Ne pouvait-on pas être plus rapide dans l'intervention et donc maîtriser l'affaire dans l'oeuf avant qu'elle dégénère.
Carole Donnet
Violence des émeutes, mort de Thomas Claudio. Outre l'enquête ouverte par le Procureur de la République, une information a été demandée à la police des polices.