Fête sur les Champs-Elysées après la victoire de la France en Coupe du monde de football

13 juillet 1998
01m 45s
Réf. 01144

Notice

Résumé :

Le soir du 12 juillet 1998, 1,5 million de personnes se rassemblent sur les Champs-Elysées pour fêter la victoire de l'équipe de France de football en finale de la Coupe du monde contre le Brésil.

Date de diffusion :
13 juillet 1998
Date d'événement :
12 juillet 1998
Personnalité(s) :

Contexte historique

Le 12 juillet 1998, l'équipe de France, parvenue en finale de la Coupe de monde de football organisée depuis le 10 juin sur le sol français, bat le Brésil 3 à 0 au Stade de France à Saint-Denis. C'est la première fois depuis sa création qu'elle remporte ce titre mondial.

Cette victoire provoque un enthousiasme populaire extraordinaire. Des rassemblements sans précédent ont ainsi lieu dès le coup sifflet mettant fin au match dans toutes les villes françaises, et plus particulièrement à Paris, sur les Champs-Elysées : dans la nuit du 12 juillet, 1,5 million de personnes y déferlent pour fêter la victoire, ce qui apparaît comme le plus grand rassemblement populaire sur cette avenue depuis le défilé du général de Gaulle à la Libération, le 26 août 1944. Le lendemain 13 juillet, les vainqueurs, promus héros nationaux, sont célébrés dans une liesse identique sur les Champs-Elysées par quelque 500 000 supporters. Au-delà du résultat sportif, cet événement semble provoquer un sentiment de confiance dans tout le pays par l'unanimisme qu'il suscite.

De nombreux commentateurs voient ainsi dans cette victoire, et dans la célébration qui la suit, le symbole triomphant d'une France "black, blanc, beur", à l'image des joueurs de l'équipe de France aux origines très différentes, au premier rang desquels Zinedine Zidane dont les parents viennent d'Algérie. Le président de la République Jacques Chirac, qui reçoit les joueurs de l'équipe de France lors de la réception du 14 juillet à l'Elysée, évoque de la sorte une "équipe à la fois tricolore et multicolore" qui "donne une belle image de la France, dans ce qu'elle a d'humaniste et de fort".

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage, consacré à la fête sur les Champs-Elysées qui a suivi la victoire de l'équipe de France de football en Coupe du monde le 12 juillet 1998, traite cette célébration populaire sous trois angles différents. Il met d'abord en valeur l'ampleur de ce rassemblement d'un million et demi de personnes par des plans de haut de la foule extrêmement dense. Dans son lancement plateau, le présentateur Benoît Duquesne avait du reste auparavant indiqué qu'il s'agissait du plus grand rassemblement sur les Champs-Elysées depuis le défilé de la Libération en 1944. Référence que reprend le journaliste à la fin du reportage, faisant de Zinedine Zidane un "libérateur", alors que son image apparaît sur l'Arc de Triomphe.

Ce sujet s'attache en outre essentiellement à présenter des scènes de liesse collective : on voit des supporters exprimer leur joie en dansant, sautant, chantant ou criant. Enfin, ce reportage souligne la "communion totale de tout un pays". Il met en avant une France "black, blanc, beur" - un rapide micro-trottoir est censé refléter la diversité des origines des supporters, dont certains rappellent d'ailleurs celle des joueurs de l'équipe de France -, rassemblée autour du drapeau tricolore, très présent dans la foule, et des nouveaux héros nationaux que sont devenus les joueurs.

Christophe Gracieux

Transcription

Benoît Duquesne
Et le match à peine terminé, des centaines et des centaines de milliers de supporters ont envahit les Champs-Elysées, une fête comme la France n'en avait pas connu, dit-on, depuis la Libération, une communion totale de tout un peuple. Olivier Carow et Anne Petulard.
Olivier Carow
Jamais l'Arc de Triomphe n'aura si bien porté son nom. Sous l'oeil des géants de l'équipe de France, un million et demi de personnes, hier soir sur les Champs-Elysées. Toute une nuit blanche pour voir la vie en bleu.
(Silence)
Olivier Carow
Le rêve est devenu réalité et les Brésiliens qui savent l'effet que ça fait, les ont accompagné.
(Silence)
Olivier Carow
Pour danser, on a même trouvé mieux que la samba. Une telle marée humaine, c'était du jamais vu depuis près d'un demi-siècle, le même drapeau pour tous et à chacun son héros.
Supporter
Thuram, le sauveur, Thuram, le sauveur !
Supporters
Rien ne pouvait résister aux Gaulois ce soir, ouais on a gagné ! Faut pas qu'ils oublient que Zidane, c'est un Algérien, un Kabyle, il faut pas qu'ils oublient ça.
Olivier Carow
De toute façon, personne n'a été oublié... même pas la mascotte... surtout pas l'entraîneur. Mais dès les premières minutes de fête, Paris s'était déjà choisie un libérateur.