Manifestation des sidérurgistes contre la politique de restructuration industrielle

13 avril 1984
01m 26s
Réf. 01156

Notice

Résumé :

Pour protester contre le plan de restructuration industrielle adopté par le gouvernement socialiste, d'importantes manifestations de sidérurgistes ont lieu le 13 avril 1984 à Paris.

Date de diffusion :
13 avril 1984

Contexte historique

C'est dans le secteur de la sidérurgie que les réactions à l'annonce des restructurations industrielles au début de l'année 1984 furent les plus vives. Le "plan acier" adopté par le gouvernement socialiste apparaissait en effet comme l'un des plus drastiques : suppression de 20 à 25 000 emplois en trois ans sur les 90 000 qui subsistaient, décisions de ne pas construire un "train universel" à Gandrange, en Moselle, de fermer le train de laminage de Sacilor à Rombas, ainsi que le site de Fos-sur-mer, pourtant particulièrement moderne. Les sidérurgistes reçurent d'autant plus mal l'annonce de ces décisions que le président de la République, lors d'un voyage en Lorraine en octobre 1981, avait imprudemment proclamé que "la nationalisation de la sidérurgie sera le fer de lance de la reconquête de l'emploi".

Dans ces conditions, une grande marche des sidérurgistes sur Paris fut organisée le 13 avril 1984, réunissant entre 35 000 et 40 000 manifestants, le jour même où François Mitterrand défendait le plan de restructuration industrielle. En tête du cortège se trouvait le secrétaire général du Parti communiste, Georges Marchais, qui marquait ainsi sa volonté de rompre l'accord conclu avec les socialistes en 1981. Quelques jours auparavant, le 2 avril 1984, Marchais avait déclaré à "L'Heure de vérité" que l'accord conclu avec le PS en juin 1981 avait été trahi et que le "plan acier" était une erreur tragique.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Le fait que des personnes défilent en costumes traditionnels (mineurs, mais aussi costume lorrain) montre bien la tentative désespérée des manifestants pour sauver plus que des emplois, une véritable civilisation, celle de l'acier, qui avait fait battre le coeur de la Lorraine depuis la fin du XIXe siècle. Un plan de plusieurs secondes fixé sur Georges Marchais illustre ce qui fut l'évènement politique de cette manifestation : la participation de Georges Marchais, alors même que le parti communiste avait conclu une alliance avec les socialistes en 1981 et que le gouvernement de Pierre Mauroy comprenait plusieurs ministres communistes.

Fabrice Grenard

Transcription

Claude Hervé
Georges Marchais a crée la surprise aujourd'hui, le secrétaire général du parti communiste a annoncé, au dernier moment, sa participation à cette manifestation. A vrai dire, il n'a pas défilé en tête du cortège mais il s'est montré au départ de la manif à l'exposition des sidérurgistes. Cela dit, revivons cet après-midi de marche des lorrains contre le plan acier du gouvernement, Geneviève Moll.
Geneviève Moll
Les Lorrains ont défilé dans le calme sous le soleil. «La Lorraine vivra», «Fer, acier, charbon, la France en a besoin», tels étaient les slogans le plus souvent repris par les manifestants, des slogans à tonalité surtout syndicale mais aussi quelques refrains politiques comme «Mitterrand, démission» ou «Mitterrand t'es foutu, la Lorraine est dans la rue». L'évènement politique de la journée a été la présence discrète de George Marchais, qui conduisait une délégation du parti communiste.
(Silence)
Geneviève Moll
Dans la foule des badauds, le long du cortège, des gens solidaires.
Manifestante
Je suis contre les 20 000 licenciements et je trouve que c'est une trahison de Mitterrand d'avoir fait comme Giscard en 79. Mitterrand avait promis bien des choses aux lorrains et en principe à tous les travailleurs et actuellement les licenciements continuent, il applique une politique de droite.
Geneviève Moll
Le défilé a duré plus de 4 heures sur un itinéraire d'environ 4 kilomètres.

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