La fermeture des bassins houillers du Nord pose le problème de la reconversion des mineurs

25 novembre 1987
02m 21s
Réf. 01157

Notice

Résumé :

La fermeture des bassins houillers dans le Nord pose le problème de la reconversion des mineurs. Certaines trajectoires montrent que ces reconversions peuvent réussir, notamment grâce aux aides allouées par l'Etat.

Date de diffusion :
25 novembre 1987

Contexte historique

Après l'adoption des restructurations industrielles en 1984 par le gouvernement socialiste, le gouvernement de Jacques Chirac décida en 1986 d'accélérer la politique de fermeture des puits et la reconversion des travailleurs. L'extraction du charbon n'employait plus à la fin des années 1980 que 22 000 personnes, contre 62 500 en 1980. Les derniers puits des houillères du Nord-Pas-de-Calais sont fermés en 1990 (fermeture du dernier puits - le n° 10 d'Oignies - en décembre 1990). Deux grandes régions industrielles, le Nord et la Lorraine, naguère considérées comme vitales pour l'économie française, apparaissent ainsi considérablement sinistrées par la disparition de l'exploitation du charbon, ce qui pose le problème de leur reconversion. Des aides à la reconversion individuelle sont allouées par l'Etat, afin de faciliter la reconversion des mineurs.

L'implantation de nouvelles activités est également encouragée pour tenter de compenser le déclin de l'industrie minière. Dès 1964 avait été créée la SOFIREM (Société financière pour favoriser l'industrialisation des régions minières) associée depuis 1984 à la FINORPA (Financière du Nord-Pas-de-calais). Leur mission consistait à anticiper, si possible, la fermeture d'un puits en suscitant des emplois de conversion pour les mineurs. En accordant des fonds propres ou des crédits, elles cherchaient également à attirer des entreprises. Les tentatives de reconversion les spectaculaires seront notamment l'implantation d'usines automobiles dans le Nord-Pas-de-Calais (Renault à Douai, Peugeot à Valenciennes), ou la tentative de reconversion des anciens sites miniers en bases de loisirs, musées...

Tous ces efforts n'ont cependant pas permis de replacer tous les anciens mineurs, mais aussi ouvriers sidérurgistes, travailleurs du textile... et la région du Nord-Pas-de-Calais est l'une de celle où le taux de chômage est le plus important en France (15 % de la population active environ contre une moyenne nationale de 9 %).

Fabrice Grenard

Éclairage média

Si le reportage évoque la trajectoire de trois reconversions réussies grâce aux aides allouées par l'Etat, il n'en souligne pas moins les difficultés de la reconversion et l'impossibilité de recaser tous les anciens mineurs. Plusieurs images de friches industrielles ou d'entreprises d'exploitation charbonnière appelées à fermer soulignent l'ampleur de la crise de l'emploi dans la région Nord.

Fabrice Grenard

Transcription

Jean-Pierre Metivet
Tous 3 étaient mineurs, ici à Méricourt, aujourd'hui tous les 3 sont commerçants. François Lefèvre est garagiste, Gilles Desmarais vend des systèmes d'alarmes et Jacques Lajlar fait bistro. Autre point commun, ils ont touché entre 100 000 francs et 300 000 francs des houillères du Nord pour acheter leur commerce.
Jacques Lajlar
On m'a proposé donc commerciaux ou partir en Lorraine, alors donc, j'ai décidé de créer mon entreprise.
Jean-Pierre Metivet
Fernand Wallet a été mineur pendant 9 ans, aujourd'hui, il est salarié d'une entreprise de dessin animé qui s'est installée dans le Nord car on y trouve des artistes à foison.
Journaliste
Comment ça se fait que dans cette région, on trouve autant d'artistes, de dessinateurs ?
Fernand Wallet
Pour s'évader peut-être, c'est surtout une évasion du travail. Vous savez quand vous êtes à 700 mètres de fond pendant une semaine, c'est assez pénible.
Jean-Pierre Metivet
L'autre raison qui a attiré cette entreprise dans le Nord, c'est l'aide substantielle que lui proposait les charbonnages de France, une participation dans son capital et aussi un prêt important. En échange, l'entreprise s'engageait à créer 50 emplois mais pas obligatoirement des mineurs.
Jean Moniez
Les houillères sont en récession, les houillères vont fermer, il s'agit de remplacer ces emplois, si possible en diversifiant d'ailleurs et si les mineurs y trouvent du travail, tant mieux, mais il y a aussi leurs fils, il y a aussi le reste de la région.
Jean-Pierre Metivet
Depuis 4 ans, Finorpa, la filiale de charbonnage de France, participe au capital de près de 200 PME dans le Nord, comme cette entreprise d'avant-garde, tellement d'avant-garde que chaque semaine de gros industriels proposent au PDG de lui racheter son entreprise. Alors pour lui, la participation de Finorpa à son capital, c'est un gage d'indépendance.
Jean-François Mouney
C'est des sociétés qui donnent confiance aux chefs d'entreprises. Ça lui donne la possibilité, à un moment donn,de reprendre un petit peu le contrôle, de pouvoir faire sa stratégie de développement, sans avoir tout moment son inquiétude de savoir : est-ce que l'entreprise, son contrôle est entrain de m'échapper, est-ce qu'un grand grand groupe industriel va être celui qui va me racheter des parts, que va céder telles ou telles sociétés capitale risque ? Je crois que c'est très important d'avoir, un petit peu, ce climat de confiance pour pouvoir agir et gérer en toute sérénité.
Jean-Pierre Metivet
Bientôt dans le Nord, les charbonnages mettront la clé sous la porte, tous les puits seront fermés, derrière ils laisseront des friches, quelques PME et quelques milliers d'emplois. Presque une goutte d'eau comparé aux 200 000 personnes qui travaillaient autrefois dans le bassin houille.

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