Les manifestations des infirmières de l'automne 1991

10 octobre 1991
02m 13s
Réf. 01158

Notice

Résumé :

A l'appel de leur coordination nationale, les infirmières manifestent devant le ministère du travail, afin d'être entendues sur leurs conditions de travail, leurs salaires et les problèmes d'effectifs. Certaines campent sur place depuis 6 jours.

Date de diffusion :
10 octobre 1991
Personnalité(s) :

Contexte historique

Dans un contexte de dégradation de la situation économique (très net ralentissement de la croissance, aggravation du chômage, accentuation des déficits budgétaires, Sécurité sociale...), les années 1991-1992 ont vu se développer plusieurs conflits sociaux importants en France (infirmières, dockers, chauffeurs routiers, paysans...). Le conflit des infirmières (grèves, manifestations) s'étala sur près de deux mois en octobre-novembre 1991.

Leurs revendications étaient doubles. D'une part, il s'agissait d'être entendu sur les conditions de travail dans les hôpitaux, des salaires peu attractifs, des effectifs largement insuffisants. D'autre part, les infirmières protestaient contre les projets du gouvernement d'Edith Cresson de réformer le système d'assurance maladie. Les manifestations prirent une ampleur importante et l'émotion fut vive lorsque certaines infirmières furent brutalisées par les forces de l'ordre lors d'une manifestation du 17 octobre 1991. Le 17 novembre 1991, lors d'une grande manifestation rassemblant à Paris entre 100 000 et 300 000 personnes, les infirmières ont reçut le soutien des professions de la santé, unies dans la contestation du projet de réforme d'assurance-maladie.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Des images montrant des CRS protégés de boucliers faisant face aux infirmières montrent que la tension est palpable. Elles contrastent pourtant avec le comportement plutôt pacifiste des infirmières (sit-in, chants...).

Fabrice Grenard

Transcription

Henri Sannier
Dans Paris, Capitale des revendications, aujourd'hui on a également assisté à une manifestation des infirmières et des assistantes sociales. Les infirmières qui réclament des effectifs et des salaires décents ont apparemment été entendues puisque Bruno Durieux, le ministre de la santé vient d'annoncer l'ouverture de négociations. Pascal Golomer, Alain Poirier, réactions dans la rue.
Pascal Golomer
Chansons de rue sous les fenêtres du Ministère de la santé, infirmiers et aides soignants donnent de la voix une nouvelle fois, par milliers, ils sont venus aujourd'hui rejoindre ceux qui campent ici même depuis une semaine pour obtenir l'ouverture de négociations.
Infirmière
On est en grève pour des problèmes d'effectifs, pour des problèmes de salaires, pour les conditions de travail qui se dégradent de jour en jour. On est mal payé, on en a marre, on travaille de plus en plus, voilà c'est ce qu'on revendique.
Pascal Golomer
18 h ce soir, les manifestants bloqués par les forces de l'ordre, ils voulaient se rendre à l'Elysée. Une délégation a tout de même pu rencontrer un conseiller du Président qui les a renvoyés vers Bruno Durieux. Le Ministre de la santé propose en effet une concertation nationale sur l'amélioration des conditions de travail.
Bruno Durieux
Les problèmes de condition de travail sont variables d'un hôpital à un autre, ici c'est le planning, c'est le remplacement des congés de maternité ou des congés maladie, là c'est la répartition des infirmières entre les différents services. Les problèmes étant très différents d'un hôpital à l'autre, il faut les traiter à partir du terrain.
Pascal Golomer
Les négociations devraient aboutir d'ici deux mois, dit-on au Ministère, déception pourtant de la coordination infirmière qui réclame davantage.
Eric Rabette
Il n'est pas possible, il n'est pas possible qu'on traite les problèmes de la santé avec une telle désinvolture, une telle légèreté. Nous, nous ne parlons pas uniquement de revendications salariales. Quand nous dénonçons une infirmière pour 300 malades, je veux dire, on attend des réponses urgentes, on attend pas qu'on nous renvoie vers M. Durieux. M. Durieux est incapable de nous répondre, il nous rencontre dans un ascenseur, il va prendre un déjeuner. C'est intolérable.
Pascal Golomer
Quant-aux assistants sociaux, eux aussi dans la rue aujourd'hui, pour réclamer reconnaissance et diplôme, revalorisation des salaires et augmentation de moyens, ils ont obtenu la nomination d'une mission de concertation. «Insuffisant», ont répondu certains, qui camperont cette nuit dans un jardin public parisien en attendant d'être reçu à Matignon.

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