Occupation de l'antenne Assedic de Champigny-sur-Marne par des chômeurs en 1997

31 décembre 1997
01m 43s
Réf. 01163

Notice

Résumé :

Le 31 décembre 1997, des chômeurs occupent l'antenne Assedic de Champigny-sur-Marne pour le troisième jour consécutif.

Date de diffusion :
31 décembre 1997

Contexte historique

Pour la première fois, en décembre 1997, des chômeurs organisent un mouvement national de protestation pour attirer l'attention sur leur situation. A partir du 16 décembre 1997, des collectifs de chômeurs occupent des locaux de l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) et des Assedic, ainsi que d'autres lieux stratégiques à Paris et en province : ils réclament une prime de Noël de 3 000 francs par chômeur et le relèvement des minima sociaux.

Ce mouvement reçoit l'appui de certains syndicats de salariés dont la CGT, mais également du Parti communiste et des Verts, membres de la majorité plurielle. Au début de janvier 1998, il s'étend, les occupations d'antennes des Assedic se multipliant. Le Premier ministre Lionel Jospin reçoit à Matignon le 8 janvier les associations de chômeurs engagées dans le mouvement, reconnaissant ainsi leur représentativité, et annonce la création d'un fond en faveur des chômeurs en situation de détresse. Les associations de chômeurs poursuivent cependant leur action, déçues par le refus de Lionel Jospin de revaloriser l'ensemble des minima pour des raisons budgétaires, mais leur mouvement s'essouffle progressivement. La nouveauté de cette action montre toutefois que le chômage est devenu un état permanent et que des revendications de type salarial apparaissent chez ceux qu'il touche.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage décrit la journée du 31 décembre 1997 vécue par les chômeurs occupant l'antenne Assedic de Champigny-sur-Marne. La caméra les filme ainsi tout au long de la journée, de l'arrivée de repas offerts par la municipalité de Villejuif à la visite de l'adjoint au maire de Champigny. Le sujet s'emploie également à montrer les conditions d'occupation de l'antenne Assedic et à éclairer les revendications des chômeurs. Des plans d'ensemble laissent entrevoir des banderoles accrochées aux murs, proclamant "résistance existence" ou "du fric pour vivre", de même qu'à la toute fin du sujet, un gros plan s'attarde sur une affiche rédigée par des chômeurs portant l'inscription répétée "respectez-nous". Ce reportage met en outre en valeur les espoirs des chômeurs quant au succès de leur action : on les voit notamment acclamer le résultat d'un sondage favorable à leur mouvement annoncé à la télévision.

Christophe Gracieux

Transcription

Nathalie Perez
12h30, un camion envoyé par la municipalité de Villejuif vient distribuer du pain, des bouteilles d'eau et surtout des repas chauds. Un geste de solidarité spontané qui va droit au coeur car depuis maintenant 3 jours que les chômeurs occupent l'antenne des Assedic, ils n'ont que cette petite cuisine de fortune installée dans un coin du hall d'entrée. Pendant le repas, on garde un oeil sur la télévision apportée ici par l'un d'eux pour s'informer. Selon un sondage, 63% des français seraient favorables à la mobilisation des chômeurs. Un encouragement de plus, pour continuer, ne pas faiblir car rien n'est encore acquis, aucune réponse n'a été apportée. Hier à la Préfecture de Créteil, on a refusé tout dialogue avec la délégation venue déposer près de 200 dossiers de personnes, vivant dans une pauvreté extrême avec moins de 2000 francs par mois.
Rabah Bahloul
Quand on voit comment le comportement du préfet du Val de Marne, le nôtre précisément, on nous dit, déposez comment... les demandes, les dossiers, lesquels les plus urgents, vous les mettez dans une boîte aux lettres et puis vous attendez. Nous on espérait en tant qu'association, on serait comment.. on ferait parti de la table ronde et qu'on pourrait discuter des cas, parce qu'on les connaît tous, on partage cette lutte au quotidien. Mais, apparemment, on est mis sur la touche, on est exclu.
Nathalie Perez
15 h, l'arrivée d'un élu communiste adjoint au maire de Champigny et pour les chômeurs l'occasion de poser des questions et tenter d'en savoir plus mais ce dernier ne pourra leur apporter que son soutien.
Michel Lagneau
Je pense qu'au niveau du préfet, il me semble sans... qu'on traîne un petit peu les pieds.
Nathalie Perez
Ça ne les empêchera pas ce soir de finir l'année aux Assedic, de faire la fête et d'essayer d'y croire, demain est une autre année.

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