La baisse de la natalité en France

11 juillet 1997
01m 33s
Réf. 01170

Notice

Résumé :

Reportage dans une maternité sur la baisse du taux de fécondité des femmes en France en 1997.

Date de diffusion :
11 juillet 1997
Lieux :

Contexte historique

Pendant près de trente ans, de 1946 à 1974, les naissances en France se sont maintenues à un niveau élevé, dépassant les 800 000 chaque année, et le taux de fécondité atteignant les 2,6 enfants par femme. Cependant cette époque du "baby-boom", commun à la plupart des pays industrialisés, prend fin à partir du milieu des années 1970 : le nombre des naissances oscille alors entre 710 000 et 810 000. Le taux de fécondité se stabilise quant à lui entre 1,8 et 1,9 enfant par femme. 797 400 enfants naissent ainsi en France en 2004, soit un taux de fécondité de 1,91 enfant par femme (à titre d'exemple, il était de 1,81 enfant par femme en 1999).

Le principal facteur de cette diminution de la natalité est le recul de l'âge moyen des mères à la naissance : il est de 29,6 ans en 2004, contre 28,8 ans dix années auparavant. Une mère sur deux est âgée de 30 ans ou plus en 2004, alors qu'elles n'étaient que 27% en 1980. Ce recul de l'âge moyen des mères à la naissance est dû au développement des moyens de contraception qui permettent d'éviter des naissances non désirées, à l'allongement de la durée des études et au recul de l'entrée dans une vie professionnelle stable. Certes, la fécondité française au début du XXIe siècle est la deuxième d'Europe, derrière celle de l'Irlande (1,98 enfant par femme), alors que la moyenne des 25 pays de l'Union européenne est de 1,48 enfant par femme. Mais cette faible fécondité ne permet pas le renouvellement des générations, dont le seuil est fixé à 2,1 enfants par femme. De plus, elle entraîne la réduction de la proportion des plus jeunes dans la population totale au profit des plus âgés : en 1999, la part des moins de 20 ans dans la population totale est de 24,6% contre 21,3% pour celle des plus de 60 ans.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage s'intéresse à la baisse de la natalité en France, s'appuyant sur une étude de l'INED (Institut national d'études démographiques). Entièrement réalisé dans une maternité (dont ni le nom ni la ville ne sont précisés), il s'emploie à présenter les raisons de cette diminution, l'illustrant par de nombreuses images de nouveaux nés. L'interview d'une responsable d'association familiale a également une valeur explicative du faible taux de fécondité des femmes françaises. Quant aux témoignages de deux mères, interrogées dans la maternité, ils ont surtout pour but de rendre cette question plus concrète.

Christophe Gracieux

Transcription

Gilles Marinet
Ils crient toujours aussi fort mais ils sont moins nombreux. En France, le taux de fécondité continue de baisser. Pour renouveler les générations, il faudrait que beaucoup de familles choisissent d'avoir un troisième enfant. Les conditions matérielles ne s'y prêtent pas toujours.
Véronique Lallemand
Il y a eu beaucoup de conditions parce qu'on vivait dans un 2 pièces avec les deux enfants, sans chambre. Une seule chambre pour tout le monde, donc il y avait un souci permanent et puis un sens de la culpabilité. Et donc, on n'hésitait à faire ce troisième enfant.
Gilles Marinet
Des études plus longues, la crise, le chômage sont aussi passés par là. Le premier enfant vient de plus en plus tard et elles sont bien rare les jeunes femmes persuadées de fonder un jour une grande famille.
Anne Fath
On passe effectivement pour des êtres un peu extravagants de vouloir au minimum 4 enfants et c'est vrai que c'est quelque chose qui surprend un peu maintenant les gens de notre entourage.
Gilles Marinet
Pour les associations familiales, il y a véritablement péril en la demeure. Ce qu'elles veulent, c'est une aide massive de l'Etat, un choix de société.
(Madame) Marcilhacy
Dans les années 50, une famille avec 2 enfants avait 2700 francs par mois d'allocations familiales, aujourd'hui elle n'a plus que 665 francs. Dans les années 50, les perspectives de retraite étaient très favorables, aujourd'hui, elles sont très dégradées. Donc, les gens, bien sûr, ne font pas des enfants pour avoir de l'argent mais ils ne font pas d'enfant, faute d'argent.
Gilles Marinet
Enfin, le phénomène semble lier aux mouvements migratoires. Depuis 1993, les entrées en France sont en régression, ce qui signifie en clair, moins de famille à fort taux de fécondité.