Portrait d'une famille recomposée en 2003

11 juin 2003
01m 47s
Réf. 01175

Notice

Résumé :

Portrait d'une famille recomposée, illustrant l'essor de ce type de famille.

Date de diffusion :
11 juin 2003
Source :
Lieux :

Contexte historique

L'explosion du nombre de divorces depuis les années 1970 (on est passé de 38 900 divorces par an en 1970 à environ 125 000 en 2003) a conduit à de nouvelles formes d'unions : remariages, concubinages ou Pacs depuis 1999. Il en a découlé une augmentation sensible du nombre de familles recomposées, définies par l'Insee comme un couple vivant avec au moins un enfant dont un seul des conjoints est le parent. Au recensement de 1999, l'Insee dénombrait 708 000 familles recomposées, soit 8% de l'ensemble des familles françaises, proportion en hausse de près de 10% par rapport au recensement précédent de 1990. En 1999, environ 1,6 millions d'enfants vivaient en famille recomposée. Ainsi, si les familles dites traditionnelles restent très majoritaires (73,4% des familles sont dans ce cas), les nouvelles familles, recomposées mais aussi monoparentales (composées d'un adulte vivant sans conjoint avec un ou plusieurs enfants; elles sont 1 750 000), ne sont plus marginales. Il est à noter que si 88% des familles monoparentales ont une mère à leur tête, la situation est plus contrastée pour les familles recomposées : 63% des enfants de ces familles vivent avec leur mère et son nouveau compagnon et 37% avec leur père et sa nouvelle compagne. Enfin, les familles recomposées sont souvent plus nombreuses, réunissant fréquemment des enfants de deux unions précédentes.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage illustre une étude de l'Insee sur les enfants des familles recomposées, à travers le portrait de l'une d'entre elles, censée incarner la famille recomposée-type. Le sujet alterne ainsi les commentaires sur les familles recomposées en général, illustrées par des images de la vie quotidienne de la famille choisie (plans sur des adolescents dans leur chambre jouant aux jeux vidéo ou travaillant, et des parents consultant un album de photos) et les témoignages des enfants et de leur mère. Plusieurs bandeaux présentant les principales données de l'étude de l'Insee sont en outre insérés dans le reportage, de même qu'une brève interview de l'historienne Elisabeth Roudinesco : dans les deux cas, il s'agit d'éclairer le phénomène général des familles recomposées, par-delà le cas de la famille suivie dans le sujet.

Christophe Gracieux

Transcription

Laeticia Legendre-Trousset
Pas facile au début de partager sa chambre avec de parfaits inconnus, il faut céder sa télé, sa console de jeu, son plat préféré et même sa mère. Quand leurs parents ont quitté conjoints et maisons, pour fonder une nouvelle famille, ces adolescents sont passés de 4 à 9 personnes. Il a fallu s'entasser et faire taire les jalousies.
Hervé
Y a pas des groupes, là c'est mes demi-frères, là c'est mon frère, on est pas dans 2 maisons différentes, on est tous ensemble, c'est comme une famille.
Sonia Braems
Des deux côtés, ils recherchaient une famille qu'ils n'avaient plus, donc à la limite, ça s'est passé en douceur, ils ont vu qu'ici c'était plus calme, plus posé et que la famille se recomposait avec père, mère et enfants sans cris.
Journaliste
Depuis, sur les 7 enfants, 4 ont déjà quitté le cocon familial. Plus débrouillards, plus indépendants, à leur majorité, les enfants de famille recomposés quittent souvent leurs parents plus tôt que les autres. A vingt ans contre 21 ans dans les familles traditionnelles selon l'INSSE, ils connaîtraient aussi plus de difficultés à l'école surtout lors de la séparation des parents.
Jimmy
Moi avant j'ai eu des problèmes scolaires, je suis arrivé, un tel peut t'aider, un tel peut t'aider et maintenant je m'en sors.
Journaliste
Les problèmes scolaires, cela venaient du fait que tes parents se disputaient ?
Jimmy
En grande partie, oui.
Journaliste
Et ici, alors, tu as trouvé quoi ?
Jimmy
Je me suis senti aimé.
Elisabeth Roudinesco
L'échec scolaire, je crois qu'il est pas du tout du, à la séparation des parents, il est plutôt du aux conditions de séparation.
Journaliste
Les divorces pénalisent ainsi la scolarisation des enfants, la durée de leurs études s'en trouverait raccourci d'un an. Le taux d'échec au bac double dans les familles aisées séparées. Aujourd'hui, les divorcés n'hésitent plus à refaire leur vie. Depuis 1990, ce modèle de famille a progressé de 10%. Même si ce n'est pas facile tous les jours, qu'il faut apprendre à vivre à neuf et que ça suppose certains sacrifices.