La réforme des retraites en 2003

01 janvier 2004
01m 39s
Réf. 01176

Notice

Résumé :

Le 1er février 2003, les syndicats manifestent à Paris pour la défense des retraites. Deux jours plus tard, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin présente la réforme des retraites devant le Conseil économique et social.

Type de média :
Date de diffusion :
01 janvier 2004
Date d'événement :
2003
Source :

Contexte historique

Dans le but de maintenir le système des retraites créé en octobre 1945 menacé par un grand déséquilibre financier et démographique, le gouvernement Raffarin fait de sa réforme une priorité en 2003. Cette réforme donne lieu à une longue bataille, entretenant pendant plusieurs mois une agitation chronique. Dès le 1er février 2003, soit deux jours avant sa présentation proprement dite, les syndicats réunissent 250 000 personnes à Paris dans une manifestation unitaire de défense du système de retraites par répartition. C'est le 3 février que le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin lance les négociations, dans un discours prononcé devant le Conseil économique et social. Et le 6 février, le ministre des Affaires sociales François Fillon, entame des entretiens avec les partenaires sociaux. Le 7 mai, il présente en Conseil des ministres l'avant-projet de loi sur les retraites, qui aligne notamment la situation des fonctionnaires sur celles des salariés du secteur privé en 2008 : comme dans le privé, quarante ans de cotisations leur seront désormais nécessaires pour bénéficier d'une retraite à taux plein.

Cet avant-projet de loi suscite immédiatement l'hostilité des syndicats. Une mobilisation massive est ainsi organisée en mai 2003, sans précédent depuis le mouvement de 1995 contre la réforme des régimes spéciaux de retraite présentée par le gouvernement Juppé. Le 13 mai, à l'appel de l'ensemble des syndicats, 1 à 2 millions de salariés des secteurs publics et privés manifestent à Paris et dans toutes les grandes villes. Et, après la signature, le 15 mai, d'un accord entre le gouvernement et la CFDT et la CGC qui marque la rupture de l'unité syndicale, une manifestation nationale organisée par les syndicats hostiles à cet accord rassemble de 300 000 à 600 000 personnes à Paris. Dans le même temps, des grèves touchent massivement le secteur public, à commencer par l'Education nationale (qui se mobilise aussi et même surtout contre la décentralisation de certains agents) et les transports.

Mais le gouvernement refuse de négocier et la mobilisation syndicale décroît rapidement, au moment où le projet est débattu par les députés. La détermination gouvernementale a ainsi raison de ce vaste mouvement d'hostilité et, au terme d'un très long débat à l'Assemblée nationale, la loi réformant les retraites est finalement adoptée le 24 juillet 2003, puis promulguée le 21 août suivant.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage aborde de manière rétrospective la réforme des retraites présentée par le gouvernement Raffarin en février 2003. Diffusé le 1er janvier 2004 dans le cadre d'une émission faisant le bilan de l'année écoulée, il adopte la forme d'un petit film (bandes noires en haut et en bas de l'écran, musique). Retraçant la chronologie de la réforme des retraites (il est à noter qu'il ne s'agit ici que d'un extrait, le reportage complet ayant résumé l'intégralité de ces événements de février à septembre 2003), ce sujet est entièrement monté à partir d'images d'archives, précédées d'incrustations précisant leur lieu et leur date de tournage. Il alterne les commentaires sur ces images et les extraits d'interviews de dirigeants syndicaux (Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, et François Chérèque, celui de la CFDT), et insérant également un extrait du discours du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin prononcé le 3 février 2003 devant le Conseil économique et social.

Suivant la chronologie des événements, ce sujet est composé de deux séquences bien distinctes. Dans un premier temps, il évoque l'importante manifestation syndicale unitaire qui a eu lieu à Paris le 1er février 2003 : des plans classiques montrent les manifestants avec leurs banderoles, sur fond sonore de slogan, tandis que l'on peut apercevoir au premier rang les principaux responsables syndicaux (notamment Marc Blondel pour Force Ouvrière, et Bernard Thibault). Dans un second temps, le reportage revient sur la présentation du projet de réforme des retraites par Jean-Pierre Raffarin, accompagné de ses ministres des Affaires sociales François Fillon et de la Fonction publique Jean-Paul Delevoye, devant le Conseil économique et social. Les deux protagonistes principaux de la réforme des retraites, à savoir les syndicats, qui y sont opposés, et le gouvernement, qui propose ce projet, apparaissent ainsi tour à tour à l'écran.

Christophe Gracieux

Transcription

Manifestant
«Nos retraites, un seul système, c'est la répartition...»
Claude Gueneau
République, Nation, le parcours classique des grandes manifestations et pour une fois, tous les syndicats défilent côte à côte. Sous la neige glaciale de février, ce sera la première, d'une longue série de manifestations qui vont durer 5 mois. Début février, pour les retraites, l'heure est encore à l'unité syndicale.
Bernard Thibault
Nous sommes dans un contexte de chômage, on ne peut pas à la fois continuer à supprimer des emplois, avoir un Medef qui appelle à remettre la France au travail, dans une formule très provocatrice, dans le même temps où il licencie dans bon nombre d'entreprises.
François Chérèque
Les 7 syndicats en France se sont mis d'accord sur des propositions communes, pour réformer les retraites, parce que l'objectif d'aujourd'hui, c'est bien de dire, il faut réformer les retraites.
Claude Gueneau
Deux jours plus tard, Jean-Pierre Raffarin, donne le véritable coup d'envoi de la réforme devant le Conseil économique et social et devant les secrétaires généraux des syndicats assis dans les tribunes. Le Premier ministre annonce son calendrier, un temps pour la négociation, un temps pour la décision, la loi sera voter avant l'été. Rien de très précis sur le fond mais dans une phrase, il confirme l'essentiel.
Jean-Pierre Raffarin
La prise en compte des spécificités de la Fonction Publique, ne doit pas faire obstacle aux exigences de l'équité qui veulent que la situation des personnes placées dans des situations comparables soit harmonisée.
Claude Gueneau
En clair, la réforme des retraites consiste à aligner le régime des fonctionnaires sur celui des salariés du privé. Pour avoir une retraite à taux plein, il faudra cotiser 42 ans au lieu de 37 ans et demi.

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