Fernandel fait la promotion du prochain Don Camillo

02 octobre 1965
02m 02s
Réf. 01212

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Résumé :

Fernandel, déguisé en Don Camillo, raconte son lien avec le village italien où sont réalisés les films. Il insiste sur son plaisir à retrouver la soutane, Don Camillo étant le "rôle de sa vie" affirme-t-il.

Type de média :
Date de diffusion :
02 octobre 1965
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Contexte historique

Le premier réalisateur de la série des Don Camillo, Julien Duvivier, tourne entre 1919 et 1967 67 films dont 22 muets. Au début du parlant, il se renouvelle en adaptant des ouvrages littéraires. Il écrit lui-même ses scénarios seul ou en collaboration. Réalisé en 1952, Le Petit Monde de don Camillo, adaptation d'un ouvrage de Giovanni Guareschi, rencontre l'adhésion du grand public avec 12,8 millions de spectateurs.

En pleine guerre froide et pendant la guerre de Corée, ce film situé dans un petit village pittoresque du Pô semble rassurer le public dans un climat d'inquiétude par rapport au communisme. La sortie soulève tout de même des polémiques : Don Camillo est jugé comme un personnage anti-communiste par les uns et comme un curé trop libéral par les autres... Le succès amène Duvivier à tourner Le Retour de don Camillo dès 1953.

Ce sont ensuite d'autres réalisateurs italiens qui prennent la relève des Don Camillo : Carmine Callone en 1955 et 1961 réalise La Grande bagarre de Don Camillo et Don Camillo Monseigneur. Puis Luigi Commencini s'attaque à Don Camillo en Russie en 1965. En 1971, le tournage de Don Camillo et les contestataires par Christian-Jaque est interrompu suite à la maladie de Fernandel.

La série des Don Camillo est caractéristique des films populaires dans lesquels la vedette est le comédien au point que le public ne connaît généralement pas le nom des réalisateurs et évoque "le dernier Don Camillo", "le dernier Fernandel" ou "le dernier de Funès".

Carole Robert

Éclairage média

Le style de Fernandel, "monstre sacré et acteur impossible" selon l'expression de François Truffaut, fait partie de la mémoire collective française : l'accent méridionnal, les incroyables changements de visages, les mimiques outrancières sont connus de tous. Ses conversations avec Jésus et ses coups de sang le sont également. Cette interview mise en scène en costume utilise le personnage de don Camillo pour raconter et promouvoir le nouveau film en faisant rire les téléspectateurs. Fernandel joue sur son identité de comédien et sur celle de don Camillo : parfois c'est le comédien qui parle, parfois c'est don Camillo. Ainsi Fernandel s'amuse-t-il du fait qu'une partie du public l'assimile à don Camillio, le "rôle de sa vie". Conscient de faire la promotion de son film, il ose une blague sur l'interdiction de la publicité à la télévision en 1965.

Malgré une scénographie et un décor très symboliques, la réalisation de l'interview est très sobre : un seul point de vue, zoom avant et arrière. Au cours des années 1960, se développe ce rapport de double dépendance entre la télévision et le cinéma : les films et les stars de cinéma sont une des nourritures de base de la télévision, mais le cinéma a aussi besoin de la télévision pour promouvoir les films qui sortent. Le cinéma va devenir de plus en plus dépendant de la télévision, au point qu'aujourd'hui les plateaux d'une grande partie d'émissions servent à la promotion des sorties, au détriment parfois d'un contenu ou d'une analyse des films.

Carole Robert

Transcription

Fernandel
Là, j'ai revêtu la soutane pour la cinquième fois. Oui, je suis à Bréchel, le petit village où j'ai ma cure. A 25 kilomètres de Parme, c'est la cinquième fois que je viens dans ce petit village charmant, qui vit d'ailleurs par Don Camillo. J'y rencontre souvent mon confrère, le vrai, le vrai curé de l'église, que le monde entier connaît. Cette église qui depuis le «Petit monde», a fait le tour du monde. Et j'ai retrouvé aussi cette population sympathique que je vois à chaque Don Camillo. Je dois dire que le curé actuel, est curé de cette paroisse depuis 27 ans. Moi, il y a moins longtemps. La première fois que j'ai pris mes fonctions à la cure, c'était en 1951 dans le petit monde de Don Camillo. Depuis, je suis revenu... quatre fois et c'est la cinquième. Dès le matin, je mets la soutane et je l'enlève le soir. Je bois quelque fois l'apéritif, je ne dirai pas la marque car vous savez, que ce soit aussi bien, ici à l'Italie qu'en France, il ne faut pas parler... des marques d'apéritif parce que la publicité est interdite. Mais enfin, je bois un apéritif italien avec tous ceux que je rencontre depuis de nombreuses années. J'ai vu vieillir quelques personnes depuis 14 ans et je retrouve toujours ce petit pays avec un grand plaisir. Mais je retrouve surtout, avec joie, cette soutane. Car vous savez que ce rôle est le rôle de ma vie. Et lorsque j'ai tourné Don Camillo pour la première fois, l'affaire s'est faite drôlement. Je tournais à Marseille un film en 51, qui s'appelait «La table crevée», lorsque j'ai reçu un coup de téléphone de Julien Duvivier, qui m'a demandé... de tourner «Le petit monde» de Don Camillo, dont je ne connaissais pas l'histoire.