La retransmission télévisée aux Parisiens du couronnement d'Elizabeth II [muet]

03 juin 1953
01m 54s
Réf. 01235

Notice

Résumé :

La retransmission en direct du couronnement de la Reine Elizabeth II provoque l'engouement massif des Parisiens fascinés par les postes de télévisions installés dans différents lieux de la capitale...

Date de diffusion :
03 juin 1953

Contexte historique

Le couronnement de la jeune reine Elizabeth II est un événement historique de portée internationale indissociable de l'histoire de la télévision. Il symbolise à la fois le progrès technique du direct et de l'eurovision et l'essor de ce média. Le couronnement est diffusé en direct pendant six heures dans cinq pays : Angleterre, France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne. Afin de sensibiliser l'opinion, des émissions en direct de Londres ont été transmises pendant les quatre jours précédant le couronnement.

Cet événement marque l'entrée de la télévision française dans la société française. En effet, seulement 1% des ménages français possèdent un récepteur en 1950 : le Jour J, les achats de postes se multiplient, les gens se rassemblent dans les rues, devant les vitrines, dans les cafés ou chez des voisins. L'événement est retransmis sur écran géant dans des cinémas et des ambassades. Une foule de spectateurs se réunit devant le siège du Figaro où se trouvent cinq écrans.

Le lendemain du couronnement, un article du Figaro du 3 juin déclare "La télévision, grâce au couronnement, a fait la conquête du Grand Public". En effet, le couronnement d'Elizabeth II provoque le premier boom dans la vente des télévisions en France. En 1950, 3794 postes de télévision sont vendus, en 1954, 1% des ménages est équipé en télévisions, et en 1957 déjà 6,1%.

En Angleterre, vingt millions d'Anglais suivent la retransmission, la télévision permettant un rapprochement entre la monarchie et le peuple uni. En France, la performance dévoile l'insuffisance de l'équipement du territoire en émetteurs. Cela suscite l'attention du ministère de l'Information, qui présente un plan de développement quinquennal de la radio et de la télévision, voté le 31 juillet 1953.

Carole Robert

Éclairage média

L'émission en direct a été minutieusement préparée pendant la semaine franco-britannique du 8 au 14 juillet 1952. Les images sont commentées par Etienne Lalou, Roger Debouzy, Jacques Sallebert et Pierre Tchernia.

Les événements sont filmés par dix-sept caméras.

Avec cette première émission en direct, la télévision se révèle comme un miroir des rituels collectifs majeurs, dont elle se nourrit. Le direct a un succès énorme, celui du suspens, dont les événements sportifs deviendront également les sources les plus populaires. Dans les années 1950, l'émission "En direct de..." emmènera le téléspectateur sur un porte-avion, en plongée sous-marine, sous terre, dans un bloc chirurgical...

Le reportage commence avec un panorama sur une foule de Parisiens. Le mélange de générations est mis en valeur par des plans de coupe sur des enfants et des femmes âgées. La foule est captivée par la télévision dans la rue. Les cadreurs s'amusent à filmer des scènes drôles : une femme regarde la télévision avec des jumelles. La foule est filmée à différents endroits (siège de France Soir, magasins hifi, cafés...). Elle est filmée avec des panoramas verticaux pleins d'humour. Les cadreurs filment une scène dans un café, qui semble fictionnée : le serveur qui travaille et le petit garçon qui croque sa pomme (gros plan) sans arrêter de fixer l'écran. C'est évidemment mis en scène. Les cadreurs viennent du cinéma et cela se voit. Le cadre est très travaillé : il trahit le professionnalisme, le goût pour la photographie, les contre-plongées sur les gros plans et les mouvements panoramiques en plongée issus du cinéma. La composition de certains plans est également classique avec les diagonales qui leur donnent leur dynamique. L'horizontalité d'autres plans s'associe à un moment plus statique. Tout est encore filmé en 16 mm sans aucun son. Le commentaire sera fait ultérieurement en studio.

L'objectif du reportage est évidemment de convaincre que la télévision captive et que la retransmission est un succès populaire. On constate que c'est déjà l'aspect de proximité qui est privilégié par les journalistes. La télévision veut être un média populaire, qui descend dans la rue. Si les moyens techniques ne permettent pas encore d'interviewer les gens librement, l'idée est déjà là.

Carole Robert

Transcription

Document muet

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