L'individualisation des pratiques culturelles : la musique en ligne

13 février 2001
29s
Réf. 01261

Notice

Résumé :

En 2001 aux Etats-Unis, le site internet américain de téléchargement musical Napster est condamné par la justice.

Date de diffusion :
13 février 2001
Source :

Contexte historique

L'économie musicale de masse a reposé depuis 1945 sur l'individualisation des pratiques d'écoute, grâce en particulier aux avancées technologiques qu'a connues le disque. Dans le domaine de la diffusion et de la création, les facilités croissantes offertes à l'enregistrement par la maîtrise des outils informatiques ont modifié également depuis les années 80 l'industrie musicale (développement des "home studios", autoproduction). Par ailleurs, depuis le milieu des années 90, Internet offre des possibilités de diffusion hors des circuits traditionnels.

Le développement de sites permettant de télécharger gratuitement de la musique, symbolisé par le succès de Napster, atteste de la demande sociale d'individualisation croissante des pratiques culturelles que l'on retrouve avec l'essor du DVD.

S'il est difficile d'évaluer encore les bouleversements induits par cette nouvelle donne, les procès engagés par les grandes firmes discographiques aux Etats-Unis contre Napster en 2001 puis contre des utilisateurs du site, manifestent le souci de contrôler ces pratiques. Les maisons de disque les assimilent à du piratage considérant qu'elles violent le droit d'auteur. En effet, le chanteur ne bénéficie pas des retombées financières liées à l'achat d'un album. Mais c'est également une perte de bénéfices pour la maison de disques.

Toutefois la mise au point de sites payants par les grandes compagnies discographiques internationales (Universal en tête) permettant à l'auditeur, moyennant un abonnement, de télécharger de la musique sur son ordinateur, atteste d'une volonté de régulation. C'est également une adaptation pragmatique et économique à la façon contemporaine de vivre la musique. L'avenir du disque, média symbole de la culture de masse musicale, semble de ce point de vue difficile à déterminer. Quoiqu'il en soit, la mutation des supports musicaux, si ce n'est sa dématérialisation, favorise l'émergence de nouvelles conditions de production, de diffusion et d'appropriation des oeuvres musicales. Bien que la production de musique n'ait jamais été aussi importante, aussi partagée, aussi mondialisée et aussi lucrative, on peut se demander si la musique n'entame pas sa sortie de la culture de masse.

Vincent Casanova

Éclairage média

Ce court reportage sur les démêlés avec la justice du site Napster est entièrement commenté par la journaliste en plateau. Les images défilent comme pour illustrer son propos mais celles-ci n'apportent en soi aucun contenu supplémentaire, quelques gros plans sur les pages d'accueil du site ne servant qu'à montrer mais non à en expliquer le fonctionnement. De même, les extraits d'une conférence de presse donnée par le fondateur du site ne sont pas traduits, ceux-ci assurant simplement un effet d'illustration du texte lu par la journaliste. Celui-ci supporte en réalité l'essentiel de l'information, exactement comme à la radio.

Mais la peur du zapping des téléspectateurs incite les journaux télévisés à multiplier les images. Il s'agit par là de mieux capter l'attention du téléspectateur qui doit en avoir pour ses yeux. C'est le même principe qui fait craindre à la télévision et à la radio les temps de silence, perçus comme un élément pouvant provoquer une perte d'audience.

Vincent Casanova

Transcription

Sophie Le Saint
Napster, toujours dans la tourmente, après plus d'un an d'une bataille judiciaire, le site de musique poursuivi pour violation des droits d'auteur a subi hier une nouvelle défaite devant la justice américaine.
Présentatrice
Elle a estimé que Napster favorise un piratage à grande échelle sur le net, le site n'a pas été condamné pour le moment à fermer ses portes, en attendant qu'un jugement soit rendu sur le fond de l'affaire. Les responsables de Napster, conscients de l'urgence de la situation, ont indiqué qu'ils allaient poursuivre toutes les voies légales pour leur permettre de continuer à fonctionner.