Les grands travaux

04 mars 1988
01m 20s
Réf. 01293

Notice

Résumé :

Le reportage présente les différents grands travaux dans la capitale, leur utilisation actuelle et future et leur avancée.

Date de diffusion :
04 mars 1988

Contexte historique

La politique des grands travaux relève de la spécificité française de l'intervention de l'Etat dans le domaine culturel. Il s'agit d'une démarche destinée à mettre en valeur le prestige culturel de la France sur la scène internationale. Cette action s'inscrit dans la continuité historique de la France qui place la Culture dans le domaine public : le gouvernement est responsable de la création, de la production et de la diffusion des différentes formes culturelles.

Ces grands travaux dont certains, comme la rénovation du Louvre, se sont étendus sur une vingtaine d'années, correspondent au désir du gouvernement de doter la France de grandes institutions culturelles dans tous les domaines artistiques (musées, musique, arts plastiques, bandes dessinées, spectacles...). Il s'agit aussi de démocratiser le patrimoine français en le rendant plus accessible à toute la population et en essayant d'accompagner les évolutions de la création contemporaine. En ce sens, les grands travaux sont indissociables de la politique de décentralisation. Mitterrand lance de grands chantiers qu'il place entre les mains de Jack Lang, ministre de la Culture, et du ministre de l'équipement. Entre 1986 et 1995, sont menés à bien à Paris des projets mis en branle dès la fin des années 1970 comme le musée Picasso ou le musée d'Orsay. D'autres chantiers changent d'échelle avec le parc de la Villette, l'Institut du Monde Arabe, l'Opéra Bastille, l'Arche de la Défense, le Grand Louvre, la Bibliothèque Nationale de France.

D'autres projets sont ouverts en province : des médiathèques, des conservatoires, des créations et des rénovations des musées (Lille, Rouen, Bordeaux)... Malgré les polémiques que provoquent parfois les monuments - colonnes Buren, Pyramides du Louvres -, 80% des Français ne remettent pas en cause ces réalisations en 1992. Pour réaliser ces grands travaux, l'Etat a augmenté le budget accordé à la Culture : il double dès 1982, et il passe entre 1980 et 1990 de 0,38% à 0,86% de celui de l'Etat. Cette évolution est comparable à la progression du budget consacré à la construction du système scolaire pendant la IIIe République : le budget de l'Instruction Publique passe de 3,7% à 7,1% entre 1880 et 1890.

Carole Robert

Éclairage média

Le reportage est instructif sur les grands travaux et surtout sur la façon dont la télévision présente cette politique de Mitterrand, dont on aperçoit même une affiche "Génération Mitterrand" sur une des images. A travers un commentaire en voix off illustré de plans sur les bâtiments en construction, le reportage montre à la fois le prestige des lieux culturels construits et leur qualité : les premiers mots du reportage font explicitement l'éloge de "cette vue prestigieuse sur Paris".

La lourdeur des budgets nécessaires à certains travaux, qui a soulevé de nombreux débats et polémiques, n'est pas évoquée directement à propos de l' Opéra Bastille : le journaliste fait discrètement allusion au "compromis entre ministère de la Culture et des Finances". S'il parle plus tard des dépassements liés aux retards dans d'autres chantiers et du surcoût du ministère des Finances, il ne s'attarde pas sur ces questions budgétaires et passe rapidement à l'utilité et à la modernité des bâtiments : "mobilier ultra moderne, bureau informatisé, chariot suspendu".

Le reportage véhicule l'image d'une France moderne notamment en matière de haute technologie et donne une légitimité à la politique des grands travaux.

Carole Robert

Transcription

Jean Peyzieu
Cette vue prestigieuse sur Paris, les visiteurs pourront la découvrir à partir du 14 juillet 1989, du toit de l'Arche de la Défense. La plus grande partie des bureaux de l'Arche ont été vendus au privé, mais c'est dans les 35 étages de la paroi sud que Pierre Méhaignerie, ici, installera les 2 000 fonctionnaires du ministère de l'Equipement. le 14 juillet 1989, c'est aussi la date de l'ouverture de l'Opéra de la Bastille, dont les travaux ont retrouvé leur rythme normal après le compromis passé entre le ministre de l'Economie et celui de la Culture. Choix de la transparence sur le quartier de la Bastille de la part de l'architecte Ott. Les visiteurs apprécieront sans doute la qualité des espaces - ici les galeries et les foyers -, et les espaces aussi de la grande salle de 2 700 places. L'inconnu demeure par contre pour la deuxième salle, ici, que le gouvernement souhaite vendre au privé, comme les ateliers de décor. Les retards, constructions et attributions auront entraîné en tout cas quelques 200 millions de dépassement. Surcoût aussi du même ordre à Bercy, où se poursuivent les travaux de construction du futur ministère des Finances. Plus de 5 000 fonctionnaires doivent s'y installer. 1 300, pour l'instant, occupent les lieux : la Direction générale des impôts. Mobilier adapté, bureaux ultra-modernes et surtout informatisés, c'est la vitrine attendue de la technologie française. Notez aussi ce système de chariots suspendus pour la transmission des dossiers. Les fonctionnaires encore au Louvre, en tout cas, aimeraient bien en profiter.

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