Les journées du Patrimoine, visite de l'Elysée (1992)

27 septembre 1992
01m 23s
Réf. 01294

Notice

Résumé :

A l'occasion des Journées du Patrimoine en septembre 1992, l'Elysée ouvre ses portes aux visiteurs, comme un simple musée. Les visiteurs sont interviewés sur la présence de Mitterrand à l'Elysée aujourd'hui, et avec humour, sur sa présence l'an prochain au même lieu !

Date de diffusion :
27 septembre 1992

Contexte historique

La diffusion de la Culture au plus grand nombre est un des premiers objectifs de la politique culturelle nationale. En inaugurant les journées du Patrimoine, Jack Lang, ministre de la Culture et de la Communication depuis 1981, veut rapprocher la population française de son patrimoine en lui ouvrant les portes de monuments auparavant inaccessibles, et ce gratuitement. Ces journées sont un succès phénoménal. Mais il ne faut pas oublier que les politiques consacrées au Patrimoine relèvent de différents types d'action publique : avant de diffuser, il faut produire, protéger, enrichir et valoriser le Patrimoine, ce qui suppose entretien, restauration, conservation, inventaire et classement, protection et valorisation. La notion de transmission aux générations futures est à la base de la diffusion et de la protection du Patrimoine, considéré comme un bien collectif inaliénable et un vecteur de l'Identité nationale.

Qu'est-ce que le Patrimoine ? Cette notion ne concerne pas seulement les monuments historiques, elle englobe également les archives, les manuscrits, les photographies, les partitions musicales, les vitraux, les instruments et les oeuvres découvertes lors de fouilles archéologiques. Et depuis le début des années 1980, elle s'enrichit de pratiques culturelles immatérielles - langages, savoir-faires, traditions, contes, légendes, chants, danses...

En plus de la valorisation du Patrimoine national, emblème de l'identité d'une nation, les collectivités locales, grâce à la décentralisation, comprennent l'importance de leur Patrimoine dans la production d'une identité locale, de plus en plus mise en valeur. Les chiffres sont éloquents sur l'augmentation de la "consommation culturelle" patrimoniale : en 2002, on estime autour de 15 millions le nombre de visites gratuites ou payantes effectuées dans les monuments, dont 8,7 millions dans la centaine de monuments du Centre des monuments nationaux en 2002. Plus de la moitié de ces visiteurs sont des étrangers. Quant au public des archives, il passe entre 1960 et 1999 de 22 000 à 186 500 lecteurs.

Carole Robert

Éclairage média

Le ton du présentateur est léger et allume la curiosité des téléspectateurs en évoquant avec humour les "milliers de locataires de l'Elysée". Le reportage privilégie l'enquête de terrain, le journaliste interviewant au hasard des individus dans la file d'attente - des générations diverses donnent des réponses plutôt sympathiques à l'égard du Président. C'est le désir de proximité avec le téléspectateur qui explique le ton et le contenu du reportage enclin aux remarques familières du type "on se croirait à la maison". L'insistance sur le côté léger, joyeux de la visite "loin des spéculations politiques" renforce cette idée. Le journaliste se permet même de poser des questions sérieuses sur un ton humoristique. Il est intéressant de constater que la façon de filmer les séquences d'illustration est également empreinte d'humour : par exemple le plan qui part d'un portrait de garde républicain sérieux et s'élargit sur un porte-bébé grâce un zoom rapide. Le plan final filmé à travers le miroir est également un clin d'oeil visuel et symbolique à la transparence qui règne aujourd'hui dans la demeure du chef de l'Etat. Le commentaire compare l'Elysée à un musée en montrant la longue file d'attente, prouvant le succès massif de cette Journée. Le reportage est totalement favorable à l'ouverture de l'Elysée au public, il se focalise sur une proximité temporelle avec les téléspectateurs puisqu'il ne rappelle pas l'historique des journées du Patrimoine et se contente de rendre le téléspectateur proche des personnes qui visitent l'Elysée.

Carole Robert

Transcription

Paul Amar
Ce n'est sans doute pas un hasard si le Président a choisi de quitter l'Elysée ce week-end. Le Palais étant occupé par d'autres locataires, des milliers de locataires mais le temps d'une visite seulement. C'était aujourd'hui, la journée du Patrimoine. Eric Monier, Florence Heugel.
Eric Monier
Il avait presque laissé les clés sur la porte en partant. Aujourd'hui à l'Elysée, aucun mystère, personne, non, personne vraiment, ne pensait rencontrer, par hasard, François Mitterrand.
Inconnue
Non, puisqu'on nous a dit qu'il est à Belle-île en mer, je suppose que non.
Inconnu
Ç'aurait été sympathique qu'il se promène dans les salons, incognito, et puis serrer une petite poignée de mains, à droite à gauche, ç'aurait été sympathique.
Eric Monier
D'ailleurs on était venu là, autant pour l'hôtel d'Evreux que cette résidence fut sous l'Ancien Régime, que pour l'Elysée, la demeure du Chef de l'Etat de la Vème République.
Inconnu
Je pense plus à Madame de Pompadour que aux gens qui ont pu passer, des chefs d'Etat, etc... C'est quand même, ça porte plus son empreinte.
Eric Monier
En l'absence du locataire, on en venait presque à se croire à la maison. Le personnel de l'Elysée et la Garde républicaine étaient, c'est sûr, tenus au devoir de réserve. Alors on était loin, très loin des spéculations politiciennes. Vous pensez qu'il sera là encore l'année prochaine quand vous allez revenir ?
Inconnu
Vous avez essayé de lui poser la même question à lui ? Bon, je vous donne la même réponse.
Eric Monier
C'est désormais un rituel, l'espace d'une visite et pour 48 heures, l'Elysée est un musée. La politique a bien le temps d'y reprendre ses droits.

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