Le Futuroscope de Poitiers

29 mai 1987
01m 56s
Réf. 01300

Notice

Résumé :

Le projet culturel et industriel du Futuroscope de Poitiers est présenté quelques jours avant l'ouverture du Kinémax.

Date de diffusion :
29 mai 1987
Source :
FR3 (Collection: 19/20 )
Personnalité(s) :

Contexte historique

Installé en périphérie de Poitiers, le Futuroscope est un parc d'attractions orienté vers le multimédia c'est-à-dire que les activités de divertissement de cet espace de loisirs sont fondées sur les images. La construction débute en 1984 avec la pose de la première pierre par René Monory, père du projet et alors président du Conseil général de la Vienne. L'ambition est alors de "créer les conditions les plus favorables au développement d'un département rural en perte de vitesse". Monory conçoit en réalité le parc européen de l'image comme la partie émergée d'un vaste projet industriel, témoignant bien du pouvoir économique que possèdent maintenant les industries culturelles. C'est ainsi qu'est développée sur 200 hectares autour du parc une technopole.

Depuis son ouverture en 1987, le Futuroscope a passé la barre des 30 millions de visiteurs, connaissant une longévité rarissime pour un parc de loisirs. Celle-ci peut s'expliquer sans doute par le renouvellement régulier des attractions : le nombre de cinémas présents a augmenté depuis le Kinémax des débuts (le plus grand écran plat d'Europe soit 600 m2) jusqu'à l'IMAX 3D, cinéma en relief. Mais surtout il accompagne voire accélère "l'extase audiovisuelle" (J.-P. Rioux) qui s'empare de la culture française depuis les années 80. En effet, ce qui relève de la culture, la transmission d'objets symboliques, finit par se confondre avec sa diffusion. En cela, le contenant (le média) devient quasiment plus important que le contenu (la chose diffusée).

En choisissant comme élément d'unité, non un thème (Disney par exemple), mais un support médiatique, le parc est moins exposé aux phénomènes de mode qui épuisent un univers au bout de quelques années. C'est que depuis les années 80, l'objet contribue à définir une appartenance à un groupe culturel (un ordinateur, un baladeur, un téléphone) : la pratique est devenue elle-même production.

Vincent Casanova

Éclairage média

Très factuel et descriptif, ce reportage réalisé à quelques jours de l'ouverture du Kinémax est l'incarnation d'une information réduite à sa plus simple expression. Des chiffres, des lieux, des dates, autant d'éléments qui construisent une réalité encore embryonnaire. En cela, les plans sur la maquette du projet du Futuroscope ainsi que sur le chantier viennent montrer à quel point tout n'est pour l'instant que de l'ordre - si ce n'est de de l'inexistant - du moins de l'inachevé. Le document est très pauvre visuellement : tout juste les plans décadrés veulent-ils rendre compte indirectement de la façade du Kinemax, la première attraction à ouvrir ses portes. Devant celui-ci, le temps de parole laissé à René Monory, est sous les dehors d'un discours neutre, une tribune politique pour le Président du Conseil Général de la Vienne qui en même temps qu'il fait la promotion du parc et de la technopole fait la sienne.

Vincent Casanova

Transcription

Henri Sannier
Un événement, ce week-end, dans la région de Poitiers, René Monory inaugurera le Futuroscope. Pour reprendre les propos du Ministre de l'Education Nationale : «Futuroscope, égal vivier de l'intelligence». C'est beau.
Isabelle Sabourault
Oui, il s'agit d'un parc d'attraction et d'activité de 70 hectares, la formation des hommes sera au centre de cet ensemble qui a choisi d'attirer des entreprises grâce à un environnement éducatif et ludique mais surtout grâce à un téléport, la première zone franche de France, pour les télécommunications. Reportage FR3 Poitiers.
Journaliste
Dès dimanche, Monsieur et Madame Tout le Monde pourront constater que le parc du futur de Jaunay-Clan n'est plus uniquement un vaste chantier. Le kinemax fonctionne, il peut déjà accueillir ses 400 spectateurs par séance. La Vienne possède le plus grand écran d'Europe. Apte au service, le pavillon du Futuroscope, à l'intérieur, une maquette géante fixe le menu des années à venir. 12 hectares qui emploient déjà 145 personnes. Mais le projet du Futuroscope n'arrivera à son terme qu'en 1990. L'investissement aura atteint un milliard de francs. Etape par étape, le parc va se construire. En septembre, première rentrée du lycée pilote. 400 élèves, programme officiel et techniques de demain. En décembre, ouverture de l'Institut International de l'innovation. Le Futuroscope a quitté l'attraction pour la formation. Pari très important que celui de la technopole et de son téléport. Zone franche de 1000 hectares où les entreprises pourraient payer 40% moins chères leurs communications. Mais on ne connaît pas encore le nom des entreprises volontaires.
René Monory
Plus la zone industrielle va apparaître dans les prochains mois, la rocade nouvelle qui la desservira. Vous verrez sans doute la construction d'abord de bureaux. Le téléport, on y travaille et je pense que alors là, sur 10 ans, mon pari, c'est 10 000 emplois sur 10 ans. Ça changera complètement le visage du département et pas seulement 10 000 emplois à côté du site mais un peu partout pour le département.
Journaliste
Janvier 84, première réunion de travail. Avril 90, le Futuroscope devrait arriver à maturité. 6 ans pour marier distraction, formation et production.