Le Festival des Vieilles Charrues

17 juillet 1999
01m 26s
Réf. 01302

Notice

Résumé :

Les festivals de l'été rassemblent un public massif. Les Vieilles Charrues se sont imposées au fil des ans comme l'un des plus importants.

Date de diffusion :
17 juillet 1999

Contexte historique

Le paysage sonore musical français s'est considérablement diversifié au cours des années 90. La presse, spécialisée ou non, témoigne de cette variété en accumulant sans hiérarchie les rubriques du classique, du rock, de la techno, de la chanson, du world et du jazz, chaque genre secrétant ces propres sous-catégories, multipliant les dénominations (le rock se divise en pop-rock, post-rock, kraut-rock, punk-rock, hard-rock...). Le mélange des styles est devenu une règle et la généralisation de l'écoute et de la pratique a excité des capacités de choix et de cumul des genres.

Cet entrelacs est à la source du festival des Vieilles Charrues, puisqu'en 1999 on peut aussi bien entendre le groupe anglais de trip-hop Massive Attack que le multi-instrumentiste Yann Tiersen, le raï de Faudel et les chansons de Pierre Perret. D'abord organisé sous forme de kermesse en 1992, ce n'est que progressivement (à partir de 1995 vraiment) que la musique devient un élément structurant de ce grand rassemblement (plus de 100 000 spectateurs en 3 jours). En plus des deux scènes principales où alternent les concerts, d'une scène parallèle dédiée le soir aux musiques électroniques, d'un espace ouvert aux arts de la rue et d'un vaste chapiteau pour accueillir les musiques bretonnes, le Festival installe un camping gratuit qui permet de passer 3 jours de vacances dans une région jusqu'alors désertée.

Contribuant à l'attractivité du centre de la Bretagne, la culture devient ainsi un enjeu essentiel pour le développement économique régional et permet l'expression d'une revendication identitaire. Ancré dans des traditions bretonnes, le Festival accompagne la redécouverte de la musique celtique et favorise le développement de la langue bretonne. Ce renouveau de pratiques traditionnelles (la lutte bretonne) le temps de quelques jours au contact des musiques les plus actuelles témoigne bien d'une culture "globalisée" qui puise à toutes les sources d'inspiration possibles, abolissant les frontières et les échelles de valeurs du passé.

Vincent Casanova

Éclairage média

Diffusé en fin de journal télévisé, ce reportage consacré aux Vieilles Charrues est tout entier centré sur le fonctionnement du festival et non sur sa programmation. Ainsi l'information de nature culturelle n'aborde que très rarement de front la matière esthétique pour se livrer à une description sociale du phénomène. Plutôt que de commenter le choix des artistes invités, le journaliste axe l'ensemble de son propos sur l'esprit qui règne à Carhaix.

Cela traduit la difficulté pour la télévision de donner son avis sur la production musicale. En effet, les maisons de disque sont des annonceurs publicitaires (Universal en tête) et les artistes sont invités à faire leur promotion dans les émissions de la même chaîne. Aucun discours critique ne peut dès lors être élaboré sur la musique et jamais il n'y aura un reportage d'un journaliste qui n'aime pas un disque comme il peut y avoir une mauvaise critique dans la presse écrite et parfois à la radio. La culture est ainsi réduite à son mode de production.

Vincent Casanova

Transcription

Béatrice Schönberg
Dans le Finistère, l'un des rares concerts du groupe britannique Massive Attack, qui s'est produit hier soir sur la scène du festival des Vieilles Charrues. L'an dernier plus de 100 000 spectateurs pour une manifestation qui mélange tous les registres. Pierre-Emmanuel Luneau, Olivier Journia.
Pierre-Emmanuel Luneau
Soleil, sable, musique et lutte bretonne, voilà quelque-uns des ingrédients du festival des Vieilles Charrues. Bon, je croyais que c'était «Peace and Love» ce week-end ?
Lutteur (1)
On se fait pas mal !
Lutteur (2)
Ça montre un peu les traditions aux gens, il faut savoir faire évoluer ces traditions et en amenant une diversité de concerts et de musique comme y a ici quoi.
Pierre-Emmanuel Luneau
Faire connaître la culture bretonne et s'ouvrir à toutes les musiques, tel est le pari de ce jeune festival. En 8 ans et grâce à un solide bouche à oreille, cette réunion a pris très vite une ampleur nationale et européenne. L'année dernière, elle attirait à elle 100 000 spectateurs et devenait «le rendez-vous de l'été» en Bretagne.
Jeune spectateur
Ça devient un peu un rituel quoi et bon, on se prépare pas vraiment. On prend des tentes et enfin, de quoi manger un peu et puis c'est tout.
Groupe de jeunes
«Va voir ailleurs, s'il te retient, va vite faire quelque chose de tes mains...»
Pierre-Emmanuel Luneau
Pour les organisateurs, la mode de la Bretagne est une aubaine. Surtout qu'à ses débuts, les Vieilles Charrues, c'était presque une boutade.
Christian Troadec
On a décidé de faire un clin d'oeil à Breizh 92 qui était une grande fête maritime qui se déroulait dans la cité du Ponant. Et puis nous, on a eu envie ici de faire une grande fête aussi avec 500 personnes, eux ils étaient 500 000. Et contre les Vieux Gréements, il y a eu les Vieilles Charrues.