Le danseur étoile de l'Opéra de Paris Kader Belarbi

07 février 1990
02m
Réf. 01322

Notice

Résumé :

Kader Belarbi revient sur le sens qu’il donne à son métier de danseur étoile.

Type de média :
Date de diffusion :
07 février 1990

Contexte historique

Les spectacles musicaux depuis la fin du XVIe siècle accordent à la danse une place essentielle : en effet, les ballets de cour, qui mêlent poésie, musique vocale et instrumentale, chorégraphie et scénographie, sont le genre national par excellence. Dès l’origine, ces oeuvres d’art totales ont été liées à des mises en scène du pouvoir royal. C’est Louis XIV, lui-même danseur de haut niveau, qui porta à son apogée cette tradition en créant dès 1669 une Académie Royale de la Danse, ancêtre du Ballet de l’Opéra de Paris, et en 1713 une école au sein de l’Académie.

L'École de danse de l'Opéra de Paris en est l'héritière directe. Elle a pour vocation de former les futurs professionnels membres du ballet national de l'Opéra qui, aujourd'hui encore, est considéré comme l'un des meilleurs corps de ballet du monde, en particulier pour le répertoire classique. Tout cet art repose sur des pas stylisés et nécessite une formation extrêmement rigoureuse (voire douloureuse). La maîtrise des pointes de pied fait partie ainsi du passage obligé de l'apprentie danseuse. Ce n'est qu'après avoir reçu cet enseignement que l'on peut espérer intégrer le Corps de Ballet, dont le grade le plus haut est celui d'étoile.

Les danseurs sont promus dans la hiérarchie à l’occasion d’un concours annuel facultatif. Le jury, composé de dix personnes et représentant à parité la direction et les danseurs, examine chaque candidat qui se présente. En ce sens, l’Opéra est une "troupe" au plein sens du mot : les étoiles ont forcément gravi les échelons les uns après les autres. C’est le cursus suivi par Kader Belarbi (né en 1962 d’une mère française et d’un père algérien) qui est entré à l’école de danse en 1975, a intégré le corps de ballet en 1980 avant de devenir étoile en 1989, après une représentation de La Belle au Bois dormant de Tchaïkovski sur une chorégraphie de Rudolf Noureev, alors directeur de la danse. Marie-Claude Pietragalla a connu exactement le même parcours, accédant au titre suprême en 1990. Devenus chorégraphes l’un et l’autre depuis, ils interprètent aussi bien des ballets du répertoire que des spectacles plus contemporains.

Depuis les années 1970, le Ballet de l'opéra invite régulièrement les grands noms de la chorégraphie contemporaine, soit pour revisiter le répertoire classique comme ici Kenneth MacMillan dans Manon, soit pour de nouvelles créations de Pina Bausch, Alain Platel ou Angelin Preljocaj par exemple. Le Ballet de l'Opéra de Paris cherche ainsi à concilier tradition et modernité.

Vincent Casanova

Éclairage média

Extrait du magazine "Les Fruits de la passion" qui voulait dresser le portrait de personnalités totalement investies dans leur métier, ce numéro consacré à Kader Belarbi révèle le souci du service public de concilier qualité et audimat. Qualité parce qu’il s’agit de faire oeuvre de pédagogie en faisant découvrir l’une des institutions les plus célèbres mais aussi les plus élitistes de France. L’ensemble rappelle ainsi les heures d’effort (le plan sur le grand écart) et de travail. Mais l’impératif de séduire le téléspectateur se traduit par une mise en scène (grotesque ?) de la personnalité du danseur. L’ouverture est en cela exemplaire : les pas de Kader Belarbi doivent révéler combien il est habité par la danse, allant jusqu’à mimer Quasimodo à l’entrée de Notre-Dame de Paris. Totalement artificiels, tout comme la descente de l’avenue de l’Opéra, ces plans doivent montrer la simplicité (il porte une salopette et une chemise multicolore !) de Belarbi, loin de l’imagerie habituelle du danseur classique, identifié à la pompe du bâtiment (dont on voit les grands escaliers intérieurs) de l’Opéra de Paris. L’énoncé des plus grands noms de l’histoire de la danse place par ailleurs d’emblée Belarbi dans la catégorie des hommes d’exception. En même temps, il s’agit de faire de Belarbi un exemple, à la fois d’intégration (son père est algérien) et d’exigence artistique. En somme se dessine une figure héroïque dont le modèle, même s’il est récusé, est le sportif. Gérard Holtz, qui dit le commentaire, s’est d’ailleurs surtout illustré dans le journalisme sportif.

Vincent Casanova

Transcription

(Musique)
Gérard Holtz
Que ce soit pour Roland Petit, pour Noureev, pour Béjart ou pour Maguy Marin, l'important pour ce nouveau danseur étoile, l'important, c'est la précision, la technique, le travail. Ses maîtres, ses modèles : Babilée pour l'instinct, Barychnichov pour la perfection technique, et surtout Nijinski, le génie créateur.
(Musique)
Journaliste
Kader Belarbi a vingt-sept ans. Et dès son entrée dans le corps de ballet, en 1980, tout le monde a pu remarqué sa personnalité et son talent multiforme. Et ce n'est pas sa complice actuelle, Marie-Claude Pietragala, la première danseuse de l'opéra, qui pourrait dire le contraire.
Kader Belarbi
Je crois que d'abord, c'est une discipline de tous les jours, vraiment un entraînement quotidien face à une glace. Je crois que l'étoile, c'est comme une sorte de diamant qu'on essaye de polir, de modeler tous les jours, par rapport à une projection, à une image qu'on a dans sa tête. Et c'est vrai qu'il faut utiliser son corps, selon ses moyens aussi, selon ses possibilités et l'emmener vers d'autres horizons. Il y a vraiment tout un travail complètement fou mais vraiment passionnant. Peut-être la danse est moins médiatique que le sport. En tout cas, elle attire moins de foule. Je crois que la danse est, d'une certaine manière, préservée. Elle a un côté éphémère. Et je crois que c'est une chose qui est un petit peu évanescente, comme ça, dans l'air. Et je trouve que c'est une des choses assez importantes et qui lui donnent un certain privilège aussi. Je n'ai jamais vraiment rêvé d'être étoile. C'est plutôt une évolution, un prolongement. J'ai surtout envie de danser, surtout envie d'avoir des rapports, de vivre beaucoup de choses avec les chorégraphes, avec les danseurs. Vivre ce monde. Je n'ai pas envie de m'arrêter à simplement un titre, à une médaille que je pourrais porter sur un costard. C'est vrai qu'au départ, j'ai l'impression d'avoir une vision un peu pantin de mon corps dans le sens d'une mécanique un petit peu plaquée. Et ensuite, je me suis aperçu qu'il y avait des muscles qui animaient ce corps. Ensuite, qu'il y avait des énergies, qu'on pouvait avoir une vision, aussi, en volumes de ces muscles. Et bon, tout ça fait que le corps prend une autre dimension.
(Musique)
Kader Belarbi
C'est important le maquillage dans le sens où c'est déjà une période de concentration. C'est vraiment avant le spectacle. Alors, on a tout qui vient en tête : on révise aussi bien techniquement que ce qu'on a envie de dire ou de faire.
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