Le centenaire du béton armé

17 novembre 1949
01m 22s
Réf. 01402

Notice

Résumé :

Ce reportage présente une histoire succincte du béton. Les reporters mettent en avant ses qualités et les perspectives techniques qu'il ouvre. Il s'agit également d'inscrire le béton dans l'histoire nationale.

Date de diffusion :
17 novembre 1949

Contexte historique

L'invention et la diffusion du béton constituent une rupture considérable dans l'histoire des techniques de construction aussi bien que dans l'histoire de l'architecture. Bien qu'il fût connu depuis l'époque romaine, le béton n'a pas pu être massivement utilisé avant le XIXe siècle et sa mise en oeuvre sous forme de béton armé. Dépourvu d'armature il ne peut résister à la traction (poussée latérale) ce qui le rend inapproprié à la construction.

L'acte de naissance du béton moderne date donc de 1848, année au cours de laquelle Joseph Lambot fit flotter une barque en béton armé. Il connaît par la suite un développement rapide en France sous l'impulsion d'entrepreneurs comme Monier, François Hennebique et François Coignet. Les emplois de ce nouveau matériau sont normalisés par une circulaire ministérielle de 1906 donnant les "instructions relatives à l'emploi du béton armé". Au cours de la première moitié du XXe siècle, le béton connaît des développements nouveaux, principalement avec la conception, en 1930 par Eugène Freyssinet, du béton précontraint notamment employé dans les constructions de ponts de grandes dimensions et les constructions stratégiques soumises à de fortes pressions (réservoirs de gaz liquéfiés...).

A la suite de la Seconde Guerre mondiale, le béton armé s'impose comme un matériau incontournable de la reconstruction. Depuis cette période, il s'est imposé comme matériau privilégié des architectes et des urbanistes.

Raphael Morera

Éclairage média

Le sujet des Actualités Françaises se fixe pour objectif d'ancrer l'histoire d'un matériau massivement utilisé dans les travaux de modernisation de la France d'après guerre dans un passé national. Il s'agit en quelque sorte d'une opération de promotion d'une technique française. Pour ce faire, il procède en trois temps.

Une première séquence est consacrée à la généalogie des grands hommes qui ont fait l'histoire du béton. Stratégie narrative fréquente en histoire des techniques, elle véhicule l'idée d'un progrès linéaire et nécessairement positif. Sur ce point, le reportage semble suivre la trame de l'exposition organisée pour fêter le centenaire du béton. La présence du ministre officialise cette généalogie et fait du béton le matériau du pouvoir. Dans un second temps, le reportage présente quelques grandes réalisations dues au béton. Trois idées se dégagent de cette présentation : le béton permet de construire en plus grande dimension et en plus grand nombre ; l'image du pont illustre sa capacité à rapprocher et à civiliser des espaces auparavant clos ou hors d'atteinte ; ce faisant il apparaît bien être le support de la modernité.

Enfin, l'image et la voix off s'accordent pour défendre l'idée d'un matériau propre et lumineux. Alors que la voix présente les qualités des entrepôts de Pantin, la caméra opère un mouvement circulaire présentant sa structure. Le tout donnant une sensation de vertige censée mettre en valeur les possibilités infinies de ce matériau aux qualités extraordinaires.

Raphael Morera

Transcription

(Musique)
Commentateur
A Paris, deux ministres, Messieurs Binot et Claudius-Petit, ont inauguré au musée des travaux publics l'exposition du béton armé. C'est à 3 Français, Lambot et sa barque en fer ciment, Monier qui prit le premier brevet repris plus tard industriellement par Hennebique, François Coignet, à qui l'on doit le premier toit toujours existant à Saint-Denis, que voici 100 ans le monde moderne dut l'invention de ce matériau dont il a fait depuis un si considérable usage. Cette première terrasse devait marquer une date dans l'histoire du bâtiment. C'est le béton armé qui a permis la construction du pont de Plougastel le plus long d'Europe dont chaque arche a une portée de 172 mètres. C'est grâce au béton armé que les plus vastes constructions de l'époque ont pu multiplier leur nombre et surtout leur ampleur. Aujourd'hui, le plus grand chantier français, le barrage de Bort, utilisera 660 000 mètres cubes de béton et des milliers de tonnes de fer. Grâce à l'emploi de ce matériau, est né ce style utilitaire dont les entrepôts de Pantin sont l'un des exemples les plus marquants. Ici tout est lumière et netteté car les nouvelles méthodes de construction avec leurs voûtes d'une portée de 100 mètres permettent de réaliser dans le même espace le maximum de capacité. Avec le ciment armé voici 100 ans, trois Français ont donné une nouvelle architecture au monde.

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