La modernisation de l'aéronautique française. L'inauguration du nouveau Radar d'Orly

11 mars 1960
02m 56s
Réf. 01414

Notice

Résumé :

Le développement du transport aérien nécessite la mise au point d'appareils de contrôle de l'espace aérien pour des raisons évidentes de sécurité ainsi l'installation d'un radar de grande puissance à Orly.

Date de diffusion :
11 mars 1960

Contexte historique

Le terme de Radar est en réalité un sigle : RAdio Detection And Ranging. Il s'agit d'un système qui envoie sur un espace donné des ondes électromagnétiques et qui reçoit, dans un second temps, ces ondes réfléchies par les objets qui se trouvent sur cet espace. Le Radar peut ainsi donner des informations très diverses : position, altitude, vitesse, forme. Cette technique découle directement des découvertes faites par l'Allemand Heinrich Hertz en 1886. Cette année là il mit en évidence la similitude entre les ondes lumineuses et radio. Toutes deux électromagnétiques, elles se distinguent par leur longueur d'onde (les ondes radio étant beaucoup plus longues). L'autre démonstration importante est que ces ondes peuvent être réfléchies, notamment par les corps métalliques, et donc être récupérées par l'émetteur.

Il faut attendre 1904 pour que Christian Hülsmeyer mette au point l'usage moderne du radar. Après la Première Guerre mondiale, la technique est perfectionnée dans un contexte de rivalité internationale, tant les enjeux militaires et stratégiques sont importants. Chaque pays développe des technologies propres variant en fonction de la longueur d'onde choisie. Les Anglais et les Américains finissent par acquérir une avance incontestable au cours de la Seconde Guerre mondiale. Ils disposent alors d'une panoplie de radars différenciés en fonction des longueurs d'onde et des usages auxquels ils sont destinés. Le radar d'Orly est un radar de veille de très forte puissance. Il est en rotation permanente autour d'un axe vertical, ce qui lui permet de contrôler régulièrement un espace précis. Les objets qu'il détecte sont visualisés sur un écran qui donne une représentation de l'espace aérien. C'est à partir de cette carte que l'on peut donner des instructions aux pilotes et organiser décollages et atterrissages. L'installation d'un radar permet d'organiser le flux de l'aéroport et donc de l'accroître considérablement.

Le radar est donc un équipement nécessaire pour attirer un trafic aérien important à l'échelle mondiale. C'est pour cette raison que le reportage insiste sur la dimension politique et nationale du programme. La justification du radar est en effet avancée par un responsable administratif, tandis que la description technique est faite par un représentant de CSF, fleuron de la technique française. Ce reportage préfigure de la sorte le discours technique de la France gaullienne, c'est à dire celui de l'indépendance nationale. Plus avant, l'utilisation du radar dans la navigation aérienne civile illustre une tendance technique globale, celle des applications civiles des découvertes et perfectionnements réalisés au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Raphael Morera

Éclairage média

L'installation d'un radar très puissant à Orly constitue une étape importante et nécessaire pour le développement économique de l'agglomération parisienne. Le radar doit permettre de sécuriser le trafic aérien. Pour expliquer les changements induits par cette technique, le réalisateur opte pour une mise en scène classique pour l'époque. Il présente dans un premier temps les techniciens au travail. Il s'agit alors de mettre en spectacle la technique, de la rendre vivante et efficace. Dans un second temps, les interventions d'un administrateur et d'un ingénieur mettent en perspective la mise en oeuvre du Radar grâce à un exposé didactique.

L'interview se déroule dans la salle des machines. Ces dernières doivent en effet apparaître comme étant bien contrôlées par la volonté humaine, par un discours. Le reportage doit donc à la fois rassurer le télespectateur et souligner la valeur des installations techniques françaises.

Raphael Morera

Transcription

(Silence)
[Aiguilleurs du ciel]
Joseph Pasteur
Ce dialogue représente l'essentiel du travail du Centre de contrôle régional chargé principalement d'assurer la sécurité des vols dans les espaces aériens les plus fréquentés par les avions de transport, c'est-à-dire la région terminale de Paris et un certain nombre de voies aériennes qui rayonnent vers les destinations les plus fréquentées. Pour répondre aux besoins du Centre de contrôle régional, il fallait pouvoir identifier et suivre le trafic aérien à des distances plus grandes que par le passé et à des altitudes plus élevées en raison de la mise en service des nouveaux avions de transport à réaction qui croisent couramment entre 10 000 et 13 000 mètres. C'est pour répondre à ces besoins que l'administration française de l'aviation civile a demandé à la Compagnie CSF de réaliser l'équipement radar inauguré aujourd'hui.
Louis Paillasse
La caractéristique la plus remarquable de cet équipement réside certainement dans sa puissance. Puissance considérable puisque l'énergie mise en oeuvre à chaque impulsion, à chaque giclée, représente environ 4 mégawatts. Pour vous donner un chiffre qui représente une chose courante, disons que c'est à peu près de l'ordre de la puissance de la tractrice du mistral. Grâce à ce radar, les détections des distances de l'ordre de 300 kilomètres et 15 000 mètres d'altitude sont choses courantes et régulières. Et ainsi un avion décollant de Londres sera suivi à Paris jusqu'à Orly sans aucune difficulté. C'est ainsi que le Centre de contrôle régional pourra pratiquement contrôler, à l'aide de ce radar, la quasi totalité du trafic de la région d'information de vol de Paris. Et pour prendre un exemple, lorsque l'avion du Président Khrouchtchev arrivera en provenance de Moscou le 15 mars prochain, il viendra par les régions d'information de vol d'Amsterdam et de Bruxelles, et avant même qu'il soit transféré à notre centre de Paris par le Centre de contrôle régional de Bruxelles, nous aurons pu l'identifier sur l'écran du nouveau radar inauguré aujourd'hui.

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