Les eaux du Jourdain et l'agriculture israëlienne

02 avril 1965
02m 23s
Réf. 01421

Notice

Résumé :

L'affirmation de l'Etat d'Israël s'accompagne d'une politique agricole ambitieuse. Les autorités encouragent ainsi la construction d'équipements hydrauliques considérables afin d'irriguer le Neguev avec les eaux du Jourdain.

Type de média :
Date de diffusion :
02 avril 1965
Lieux :

Contexte historique

L'Etat d'Israël est institutionnalisé en 1948. Sa vocation est alors d'accueillir des immigrés juifs principalement issus d'Europe et du Maghreb. Dans un contexte instable, Israël connaît un fort essor démographique qui nécessite la conquête de nouvelles terres. Le désert du Neguev est de ce point de vue un exemple très évocateur. Pour le mettre en valeur, les Israëliens doivent pomper l'eau à 300 km de distance. Cela nécessite la construction de pompes de grandes dimensions, bien montrées dans le document, ainsi que des travaux de terrassement et des ouvrages d'art considérables. Ces aménagements doivent permettre à Israël de développer une agriculture moderne et productive.

Au-delà du contexte spécifique à la construction de l'Etat d'Israël, l'intérêt de ce document est de présenter l'ensemble des techniques hydrauliques mises en oeuvre au cours de la seconde moitié du XXe siècle pour mettre en valeur des terres auparavant stériles. Dans ce sens, l'innovation la plus intéressante présentée par ce document est sans doute la moins impressionnante. L'irrigation par aspersion au pied des arbres permet en effet de limiter très fortement les pertes d'eau et de développer un arrosage optimal, de même que l'arrosage au goutte à goutte des salades.

Les exigences de l'agriculture en climat aride imposent de diversifier les ressources en eau et d'aller la chercher souvent bien loin du lieu où on en a besoin. Autour des rives de la Méditerranée, d'autres pays ont eu recours aux transferts d'eau entre différents bassins. Les régions les plus arides de l'Espagne tirent ainsi de l'eau des régions les plus arrosées, mais aussi du Rhône.

Bibliographie :

Jacques Béthemont, Géographie de la Méditerranée, Paris, Armand Colin, 2002.

Raphael Morera

Éclairage média

Le documentaire s'attache à présenter les ouvrages hydrauliques réalisés pour l'irrigation du désert du Neguev. Tandis que les images présentent quelques-uns des ouvrages réalisés, une voix off explique le fonctionnement du système. La dysjonction entre image et commentaire, symbolisée par l'absence de carte, empêche de bien analyser la nature du système hydraulique mis en place. Ce parti pris résulte de la dimension stratégique de ce projet technique, plus mis en relief par les images de détail et par la musique que par le commentaire du document. La présentation des ouvrages hydrauliques fait le lien entre un paysage désertique et un espace cultivé, civilisé par le travail d'une nation. Pour arriver à ce résultat, les Israëliens ont dû mettre en oeuvre tout l'éventail des techniques hydrauliques disponibles : pompage, gravitation, aspersion. L'entretien avec un paysan israëlien, en premier plan devant un tracteur, évoque une image de paysan universel.

Raphael Morera

Transcription

Jacques-Gérard Cornu
Ignorant ce veto, les Israéliens décidaient unilatéralement d'entreprendre des travaux conformément au plan Johnston. Ils décidaient de détourner 40% des eaux du Jourdain mais devant la violente réaction des Arabes, ils abandonnèrent ce projet pour en mettre sur pied un autre, 100% israélien, puisqu'il s'agissait de pomper les eaux du lac Tibériade qui n'a aucune frontière avec les pays Arabes. Les travaux à réaliser furent gigantesques, le lac Tibériade étant à 210 mètres au-dessous du niveau de la mer, il fallait faire franchir aux eaux de pompage une dénivellation de plus de 250 mètres pour qu'ensuite par gravitation, cette eau irrigue les riches terres du Néguev à environ 300 kilomètres de là. Les travaux sont maintenant terminés mais les nombreuses menaces arabes de sabotage obligent l'armée israélienne à protéger les installations de pompage et les eaux d'irrigation.
(Musique)
Jacques-Gérard Cornu
Ce qui hier encore n'était qu'un désert est aujourd'hui couvert de cultures maraîchères et d'arbres fruitiers mais ce ne fut pas sans mal comme nous l'explique un kibboutzim.
Kibboutzim
Il faut une irrigation constante et une irrigation assez poussée. Dans notre kibboutz, nous avons souffert pendant très longtemps, très longtemps, d'un manque d'eau presque total, d'ailleurs vous pouvez vous rendre compte nos vergers, ce verger a été pendant plusieurs années irrigué par des boîtes d'eau. Toute notre, tous nos efforts sont centrés sur le fait de trouver de nouvelles sources, de nouvelles façons, afin de ne perdre aucune goutte. Par exemple, actuellement, toutes les sources d'eau sont exploitées à fond mais en dehors de cela, nous essayons par exemple de prendre des eaux qui viennent des montagnes et qui se jettent à la mer, de les centraliser dans les sables du côté de Cesarée et en hiver naturellement et en été de les reprendre pour nous en servir pour l'irrigation, c'est un des moyens, que nous pensons, nous aidera dans une certaine mesure mais cela n'est pas suffisant naturellement.
Jacques-Gérard Cornu
Cette année, la récolte s'annonce particulièrement belle...