La construction de la tour Maine-Montparnasse

20 septembre 1971
01m 58s
Réf. 01437

Notice

Résumé :

Un dirigeant du projet de la construction de la Tour Maine Montparnasse présente les avantages de ce bâtiment de grande hauteur.

Date de diffusion :
20 septembre 1971

Contexte historique

La Tour-Maine Montparnasse constitue, avec La Défense, l'une des étapes de l'introduction en France des bâtiments de grande hauteur, des gratte-ciel, déjà très employés aux Etats-Unis dans l'entre-deux-guerres. Cette architecture prend sens par rapport au développement très rapide du secteur des services dans l'économie contemporaine. Elle est une réponse à la nécessité de concentrer sur un espace réduit une grande quantité d'employés dans un cadre non industriel.

Cette course à la hauteur et au gigantisme s'est traduit dans les grandes métropoles mondiales par la multiplication des Central Business District (CBD). Cette architecture suppose la maîtrise de techniques spécifiques rapidement évoquées au cours de l'entretien. Il faut bien entendu disposer de béton suffisamment rigide, mais il faut en outre doter le bâtiment de climatiseurs (gourmands en énergie) et d'ascenseurs rapides. Un temps réservés aux bâtiments modernes, ces techniques ont été par la suite déclinées de sorte qu'elles sont devenues des normes de la construction. En outre, pour être intégrés à l'espace urbain et facilement accessibles, ces bâtiments doivent être localisés sur des noeuds de transports urbains (ici la gare Montparnasse). Ces édifices peuvent donc être perçus comme expression du système technique contemporain. On voit dès lors qu'il ne pourra vraisemblablement pas parvenir à en résoudre les inconvénients comme le prétend l'interviewé.

Raphael Morera

Éclairage média

Il s'agit d'un entretien entre une journaliste et un membre de l'équipe dirigeante du projet de construction. La caméra varie la prise de vue entre plan rapproché de l'interviewé et plan d'ensemble sur le site en travaux. La mise en scène est donc relativement simple et ne cherche qu'à faire partager au télespectateur l'état d'avancement des travaux et à l'informer des modifications urbanistiques en cours. Les propos échangés et les images montrées insistent sur la hauteur et la modernité du bâtiment. Les Français n'étaient alors pas habitués à ce type de projets architecturaux. Le but de ce reportage est sans doute de les y accoutumer.

Raphael Morera

Transcription

Inconnu
La hauteur en soi est une discipline difficile à maîtriser, les questions de structure, les problèmes de fondation, vous savez que cette tour repose sur des puits en béton qui descendent à 60 mètres sous terre, la tenue des vitrages à 200 mètres de hauteur, le tourbillonnement du vent est très important, des problèmes d'ascenseurs qui doivent être des ascenseurs ultra rapides, programmés par ordinateur car un homme au pied des ascenseurs serait incapable d'envoyer des ascenseurs là où on les demande. Les problèmes sont extrêmement nombreux, le conditionnement d'air car à 200 mètres, on ne peut pas ouvrir des fenêtres. Un immeuble comme celui-ci est conçu comme un bateau où l'on peut maîtriser dès le départ du moindre incendie la zone où l'incendie existe et par des cloisons étanches limiter l'extension de cet incendie pendant 2 et même 4 heures avant l'arrivée des gros secours.
Betty Durot
Il y a à peu près 15 000 personnes qui vont travailler dans ce centre d'affaires, a t-on pensé aux problèmes que cela va poser sur le plan des transports ?
Inconnu
Dans un grand immeuble comme celui-ci, les copropriétaires qui se voient dans les assemblées de copropriété, qui ont réglé ensemble de multiples problèmes, s'entendront sous notre impulsion pour que le personnel sorte à une cadence telle, échelonnée, que ce personnel puisse être sûr de trouver sans attendre les moyens de transport nécessaires.
Betty Durot
C'est un peu moins que la population de Cagnes-sur-Mer qui va travailler ici, à tous ces gens, est-ce que vous allez leur offrir un nouvel art de vivre leur journée de travail ?
Inconnu
La manière dont les équipes travailleront dans ces immeubles très éclairés, bien conditionnés, au point de vue acoustique, bien isolés, font que le travail s'améliore et donc qu'on peut sortir plus vite. Au point de vue conception du travail, les Américains prétendent que c'est à cause de ce type d'implantation que chacun sait, ils peuvent sortir de leur bureau à 5h du soir.

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