Le plastique : matériau de la consommation de masse

27 septembre 1971
04m 25s
Réf. 01438

Notice

Résumé :

Les procédés industriels permettent de produire une quantité considérable de bouteilles en plastique qui, une fois usagées, sont très difficilement traitées.

Date de diffusion :
27 septembre 1971
Lieux :

Contexte historique

Le terme de plastique est employé pour la première fois par Leo Hendrik Baekeland en 1909. L'année suivante, il commercialise de la résine à mouler par compression à base de phénol et de formaldéhyde. C'est l'aboutissement d'un siècle de recherche. Les plastiques sont constitués de macro-molécules, c'est à dire de polymères obtenus par le passage dans un réacteur de monomères et d'amorceur. On distingue deux types de polymèrisation : homogène, lorsque le polymère est soluble dans le monomère, et hétérogène dans le cas inverse. A la fin du procédé d'élaboration, les polymères peuvent se présenter sous forme de poudre solide ou de résine liquide.

Les plastiques, en fonction de la manière dont ils sont travaillés peuvent avoir des propriétés très différentes. Les monomères, la matière première, sont produits par les raffineries. L'industrie plastique n'est, en réalité, qu'une branche de la pétro-chimie. Le reportage montre une chaine de fabrication de bouteilles en plastique (polyéthylène). Elles sont élaborées à partir d'une technique de soufflage mis au point dans les années 1950. Elle permet de produire de très grandes quantités de bouteilles en un laps de temps très court. Les produits en plastique connaissent un essor considérable après guerre et au cours des années 1960. Ils sont le support nécessaire au développement de la consommation de masse. Les techniciens se sont engagés dans cette branche alors même qu'ils n'en étaient pas totalement maîtres. Très rapidement, les déchets plastiques posent des problèmes par leur masse et par l'impossibilité de les traiter.

Diffusé en 1971, notre reportage témoigne d'un début de prise de conscience à la fois de la nécessité d'une prise en compte spécifique de ces déchets et du danger qu'ils représentent, notamment lors de leurs combustion (rejet d'acide chlorydrique dans l'air). Plus de trente années après la diffusion de ce reportage, l'appel au civisme lancé par le second intervenant paraît plus que jamais d'actualité et mériterait sans doute d'être élargi. En outre, ce document montre jusqu'où les sociétés industrielles contemporaines sont dépendantes du pétrole, à la fois source d'énergie et matière première de produits domestiques.

Raphael Morera

Éclairage média

Deux séquences distinctes rythment ce document. Une première séquence est consacrée à la présentation du processus de fabrication des bouteilles plastiques, sans commentaire. Cette première étape fait entrer le télespectateur dans le vif du sujet. Il peut dès lors saisir la nature du problème posé : les bouteilles en plastique sont produites massivement et à un rythme effréné, mais que deviennent-elles une fois usagées ?

La seconde partie du reportage est consacrée à un entretien, entrecoupé d'images illustrant les propos des ingénieurs. Cette alternance d'images illustratives et de discussions donnent à ce reportage un ton de neutralité : on présente l'état des savoirs au sujet du plastique.

Raphael Morera

Transcription

(Silence)
Inconnu
Elles sont effectivement indestructibles car elles ont été étudiées pour. Pour conserver les produits alimentaires, il est absolument indispensable d'avoir des produits sains. Et elles sont indestructibles, c'est pour ça que dans une certaine mesure, quand on parle de biodégradabilité, pour nous actuellement, dans l'état actuel de nos connaissances, c'est de la science-fiction.
François (de) Closets
C'est-à-dire que si on prend une de ces bouteilles et qu'on la jette dans la nature, il n'y aura aucun microbe qui viendra les détruire alors que ce même microbe détruirait un bout de bois par exemple.
Inconnu
Exactement.
François (de) Closets
Donc, la seule façon d'arriver à détruire ces bouteilles plastiques, c'est de les mettre à la poubelle.
Inconnu
Exactement.
François (de) Closets
Et si on les met à la poubelle, et bien, elles arriveront dans vos installations, des installations que vous concevez [M.Mazotier] et là on dit pourtant qu'elles sont difficiles à brûler.
Mazotier (Monsieur)
C'est inexact. Elles brûlent trop bien.
François (de) Closets
C'est-à-dire que s'il y avait que du plastique, ce serait un incendie abominable dans toute l'usine.
Mazotier (Monsieur)
Ce serait non seulement un incendie abominable dans toute l'usine mais ce serait même dangereux pour la santé publique. Mais heureusement, il n'y a que 3% de pastique et des plastiques dont la combustion est dangereuse, il n'y en a qu'1%.
François (de) Closets
Oui, parce qu'il faut dire, c'est que lorsqu'on brûle le plastique de ces bouteilles, il se dégage de l'acide chlorhydrique et c'est pas très sain.
Mazotier (Monsieur)
C'est pas très sain mais 1% de polychlorure de vinyle dégage une certaine quantité d'acide chlorhydrique qui à la sortie de la cheminée représente quelques fractions de grammes par mètre cube.
François (de) Closets
Et vous êtes en dessous des normes de sécurité à ce moment-là.
Mazotier (Monsieur)
Nous sommes très en dessous, nous sommes de l'ordre de 10% des normes les plus sévères qui existent actuellement à travers le monde.
François (de) Closets
Mais si on continue à en fabriquer des bouteilles plastiques, peut-être qu'à un moment, vous allez arriver à ces normes de sécurité.
Mazotier (Monsieur)
Nous estimons que ces normes de sécurité seront atteintes quand nous aurons à peu près 10% de bouteilles dans les ordures ménagères mais ce n'est pas encore.
François (de) Closets
Des bouteilles en PVC.
Mazotier (Monsieur)
Des bouteilles en PVC mais ce n'est pas encore demain.
François (de) Closets
Et à ce moment-là, il faudra essayer de retenir l'acide chlorhydrique et non pas de le lâcher dans la nature.
Mazotier (Monsieur)
C'est ça, alors il faudra essayer de le retenir, il y a différentes solutions qui sont actuellement étudiées dans des bureaux d'études ou dans certaines industries, notamment y a deux solutions qui se dégagent : soit capter dans un laveur avec de l'eau mais y aura un problème de pollution de l'eau, on y reviendra et soit, comment on peut dire, capter ces particules dans la chambre de combustion elle-même en les neutralisant.
François (de) Closets
Mais il n'y a tout de même pas que les bouteilles qui sont faites avec le polychlorure de vinyle, y a des revêtements, y a des panneaux, y a des câbles, y a quantité de choses et quand on voudra détruire tout cela.
Mazotier (Monsieur)
C'est un autre problème et je crois que c'est le problème de demain auquel il faut que, nous ingénieurs, nous attaquions tout de suite, qui est celui des résultats des déchets de la consommation d'aujourd'hui.
François (de) Closets
Vous voulez dire par exemple, les appareils ménagers.
Mazotier (Monsieur)
Oui, et de télévision.
François (de) Closets
Et les téléviseurs aussi, il faudra bien les détruire un jour mais au fond, est-ce qu'on ne pourrait pas par exemple, récupérer la matière première et refaire d'autres bouteilles plutôt que de le brûler ?
Mazotier (Monsieur)
Alors actuellement pour nous destructeurs, c'est un problème de technologie. Il n'y a pas d'installations qui permettent de récupérer. Des études sont en cours mais elles ne sont pas encore au point.
François (de) Closets
En fait, alors la meilleure récupération pour vous, c'est de transformer cette matière première en combustible et comme on le voit dans cette usine de Toulouse de récupérer ces combustibles sous forme de calories.
Mazotier (Monsieur)
Exactement.
François (de) Closets
Si vous voulez, c'est pour ça qu'il n'est pas nécessaire de jeter dans la nature, c'est d'ailleurs, dirons-nous, pas très civique.

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