Un nouveau procédé de freinage : l'ABS

18 mai 1979
02m 32s
Réf. 01447

Notice

Résumé :

L'ABS (Anti Blocking Systeme) apporte une nette amélioration à la sécurité et au confort automobile : il permet de garder le contrôle de son véhicule dans les conditions de freinage les plus périlleuses. Il reste cependant très coûteux.

Date de diffusion :
18 mai 1979
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Contexte historique

Le système de freinage ABS équipe désormais la majeure partie des véhicules. Il contribue de manière déterminante à l'amélioration de la sécurité sur la route. L'objectif de l'ABS est de faire en sorte que le conducteur du véhicule en garde le contrôle en permanence. En effet, en cas de freinage brusque, une voiture classique dérape et devient incontrôlable. L'ABS vise donc à empêcher le blocage des roues afin que l'adhérence du véhicule sur la chaussée soit préservée. En effet, si les roues continuent de rouler pendant le freinage, l'automobile reste stable et maniable. L'autre fonction de l'ABS est de réduire la distance de freinage. Pour parvenir à cette fin, l'ABS doit prendre en compte un très grand nombre de facteurs comme la différence d'adhérence entre les quatre roues, l'aquaplaning, la reprise du freinage après le défreinage des roues, l'état de la chaussée. La mise en relation de tous ces paramètres ne peut être assurée que par l'électronique.

La première firme a avoir commercialisé l'ABS est BOSCH. Les pièces maîtresses de ce système sont des électrovannes qui maintiennent ou diminuent la pression dans chaque circuit. La pression varie en fonction de données communiquées par un calculateur qui reçoit lui même des informations des capteurs fixés sur chaque roue. Chaque capteur est chargé de contrôler la vitesse des roues et donc de signaler tout blocage. Dans ce cas, les capteurs le signalent au calculateur qui provoque la baisse de pression des freins pour que les roues puissent tourner. Selon l'INRETS (Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité), l'ABS permet des gains de directibilité de 85% et des gains de freinage de 15 %.

Les débuts commerciaux de l'ABS remontent aux années 1970, mais ce système s'appuie sur des recherches qui ont été très dynamiques dès les années 1930. L'ABS est en fait inventé dès 1936 par Robert Bosch. Les recherches se poursuivent dans l'Allemagne nazie mais après la Deuxième Guerre mondiale, les Américains obtiennent le droit d'exploiter gratuitement les brevets allemands. Boeing équipe ainsi ses B 47 d'ABS dès 1948. Le système ne cesse alors d'être perfectionné par des recherches conduites dans différents cadres. Au début des années 1970, BOSCH décide de racheter tous les brevets afin de commercialiser le produit. D'abord réservés aux véhicules haut de gamme, l'ABS s'impose peu à peu sur tous les véhicules. Cette diffusion est permise grâce aux progrès enregistrés dans l'électronique qui diminuent considérablement son coût de fabrication.

L'histoire de cette innovation montre bien l'imbrication actuelle des différentes filières techniques.

Bibliographie :

J. -P Brothier, Technologie du freinage ABS, Boulogne Billancourt, E. T. A. I, 1997.

Raphael Morera

Éclairage média

Le nouveau système de freinage ABS est présenté dans le cadre d'une rubrique du journal télévisé de 13 heures. Le présentateur du journal introduit le produit et donne rapidement la parole à un journaliste spécialisé. Le tout se fait sur le ton convivial qui sied aux journaux de la mi-journée. Il s'agit de toucher le téléspectateur et de lui faire comprendre qu'on traite d'informations qui le concernent directement. Le produit en lui-même est présenté à travers deux procédés principaux. Dans un premier temps, le journaliste s'efforce de présenter le fonctionnement de l'ABS. Il a pour cela recours à des schémas et aux pièces du nouveau frein. L'insistance sur l'électronique et l'hydraulique font ressortir la modernité du procédé. Dans un second temps, des tests réalisés par les constructeurs automobiles montrent l'utilité de l'ABS qui apporte un réel gain de sécurité. Les tests sont spectaculaires et probants : ils visent à marquer le téléspectateur, à susciter une attente... vite refroidie par l'évocation du coût de l'équipement.

Raphael Morera

Transcription

Daniel Bilalian
Passons donc à ce fameux sujet automobile dont je vous parlais déjà tout à l'heure. Un système de freinage révolutionnaire, Gérard Mérigaud, je crois que le mot n'est pas trop fort. D'après ce que vous me dites, ce système allemand permettrait aux roues de ne jamais se bloquer et cela quel que ce soit le terrain sur lequel on roule.
Gérard Mérigaud
Oui, tout à fait mais enfin ce système a été développé depuis 1970 par une firme française qui en possède le brevet et les Allemands viennent de le mettre au point et vont le commercialiser à partir de ce brevet français. Ce système d'antiblocage a été mis au point en 1970 et essayer sur les R16 et les Citroëns SM et en fait, il est absolument très facile à manier et à manoeuvrer, on n'a pas l'impression qu'il s'agit de quelque chose de très compliqué. Nous voyons bien sur ces images d'ailleurs qu'il s'agit de deux palpeurs qui sont sur les roues avant et d'un palpeur qui est sur le carter qui est sur la boîte de vitesse. Et tout ceci est relié à un boîtier électronique qui mesure la vitesse de rotation de la roue et qui doit indiquer à la pompe électronique, hydraulique, le meilleur ralentissement possible pour le véhicule et dans des conditions... Comme sur la pluie comme sur ces images que vous voyez, avec un système conventionnel quand on appuie à fond sur la pédale, les roues se bloquent, on tourne la direction, on tourne le volant, la voiture est absolument inconduisible et il est absolument impossible de contrôler sa trajectoire s'il y a un obstacle devant, il est sûr qu'à tous les coups, on va le heurter. Tandis qu'avec le système ABS anti-blocage système, que vous appuyez à fond sur la pédale de frein, vous avez un résultat excellent, les roues ne se bloquent jamais. Sur ces images, on le voit très bien, on a simulé du verglas avec une bande de plastique, deux roues sur le sec, deux roues sur la bande de plastique, la voiture est déséquilibrée, c'est évident, il est impossible de s'arrêter également dans ces conditions. Avec le nouveau système, la voiture s'arrête en ligne droite, sans pratiquement aucune correction au volant et dans des distances beaucoup plus réduites qu'avec un système conventionnel. En virage, c'est pire, vous freinez dans un virage, sur le milieu vous allez tout droit. Avec le nouveau système, vous tournez, la voiture s'arrête. C'est vraiment au niveau de la sécurité un gain extraordinaire et alors là pour éviter un obstacle au dernier moment, ça se passe de commentaires, je crois et l'application sur la route, nous la voyons maintenant. Seulement une difficulté et un grave problème, c'est que ce système est encore expérimental. BMW va le monter sur sa nouvelle voiture M1 qui est une voiture de compétition, Mercedes sur ces hauts de gamme qui coûtent horriblement chers. C'est pas tout à fait demain que Monsieur tout le monde pourra avoir ce système sur son automobile. A l'heure actuelle, on peut estimer qu'il coûte entre 6000 et 10 000 francs. Mais pas sur toutes les voitures.
Daniel Bilalian
Merci Gérard Mérigaud, le reste...

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