Les substituts au pétrole et l'or vert brésilien

03 août 1981
02m 44s
Réf. 01453

Notice

Résumé :

Depuis les années 1930, le Brésil a recours à l'alcool de canne pour alimenter les voitures en carburant. Dans un contexte de hausse des prix du pétrole, cette technique suscite l'intérêt des médias français.

Type de média :
Date de diffusion :
03 août 1981
Source :

Contexte historique

Les deux chocs pétroliers de 1973 et de 1979 renchérissent considérablement le prix du pétrole, matière première devenue indispensable au fonctionnement des économies contemporaines, aussi bien dans le domaine des transports que dans celui de la production. Au cours de cette période, sont donc initiés des projets de recherche visant à développer de nouvelles sources d'énergie. Ainsi, la hausse des cours du pétrole a eu pour corollaire l'ancrage de la France dans l'électricité et l'alternance annuelle entre heure d'été et heure d'hiver. Ces aménagements ne sont pourtant pas de nature à régler le problème de la hausse du coût des transports.

De ce point de vue, la solution mise au point par le Brésil marque par sa simplicité et son efficacité. L'éthanol est obtenu par la fermentation du sucre, issu de la canne . Comme l'indique le reportage, il peut être utilisé pur ou en mélange, au prix de quelques modifications du moteur. Le reportage n'évoque que le substitut de l'essence, mais on peut également obtenir à partir de colza ou de tournesol par exemple, de l'ester pouvant remplacer le gazole, soit en mélange soit pur.

D'une manière générale, les biocarburants ont un rendement énergétique juste positif, ce qui le rend utilisable. Ces carburants se distinguent par une moindre nocivité à l'égard de l'environnement : ils dégagent moins de soufre et moins de particules non brûlées. Comme ils contiennent plus d'oxygène, leur combustion est plus complète. De plus, ils dégagent entre trois et huit fois moins de gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone. Leur production induit néanmoins la pollution corrélative à l'emploi d'engrais et de pesticides dans l'agriculture moderne. Ces considérations environnementales ne semblent cependant pas être celles qui guident les promoteurs de ce projet, bien plus inquiétés par l'évolution du cours du pétrole. De ce point de vue, les sensibilités ont bien évolué en un quart de siècle.

Bibliographie :

Jacques Vernier, Les Energies renouvelables, Paris, PUF, 1997.

Raphael Morera

Éclairage média

Le document est introduit par un plan fixe et une voix off présentant le potentiel énergétique du Brésil : il s'agit tout d'abord de transporter le téléspectateur dans le cadre brésilien. Par la suite voix off et images abordent des problèmes très différents : les images montrent les Brésiliens au travail tandis que le commentaire insiste sur les modalités de l'emploi de l'éthanol dans les moteurs. L'interview en plan rapproché d'un ingénieur brésilien devant un site de production vise à expliquer le procédé et à démontrer sa viabilité. Par la suite, le regard est porté sur les conséquences sur la voiture de l'emploi de ce nouveau carburant : elles ne sont visiblement pas très importantes, il ne s'agit de modifier que quelques pièces. Enfin, l'intervention du président du syndicat des constructeurs automobiles, en costume cravate dans un cadre officiel, montre qu'il s'agit d'une politique soutenue par le pouvoir. L'ensemble du reportage tend à montrer l'existence d'une alternative, au moins partielle, à la domination du pétrole.

Raphael Morera

Transcription

journaliste
Sans ressources pétrolières et pauvre en charbon, le Brésil lui est par contre est riche en biomasse. Le bassin de l'Amazonie est couvert par la plus grande forêt du monde. Pourtant les pouvoirs publics ont préféré à l'alcool de bois, l'éthanol tiré de la canne à sucre, la première richesse du pays.
Inconnu
La question de l'alcool carburant au Brésil doit être considérée sous deux aspects. D'abord le mélange de l'alcool anhydrique à l'essence, on effectue depuis 1931, à la suite d'un décret gouvernemental qui a fixé le mélange à 5%.
journaliste
En 1933, le gouvernement brésilien crée un Institut du sucre et de l'alcool pour stimuler la production et la consommation d'éthanol considéré comme un sous-produit du sucre. Le Brésil est le premier producteur mondial de sucre.
Moreas (Monsieur de)
Aujourd'hui, avec l'aggravation de la crise du pétrole, le mélange est passé à 20% ainsi que vous pouvez le voir sur cette pompe. L'autre aspect est l'utilisation d'alcool hydraté pur, il contient 96% d'alcool pour 4% d'eau.
journaliste
A utiliser dans un moteur adapté, cette essence verte à 100% exige elle les modifications des moteurs d'automobile.
Souza Barros (Monsieur de)
Basiquement, nous avons le problème des 4 pistons qui sont différents, la bombe à gazoline, à essence, nous avons le chauffage qu'il va chauffer l'alcool. L'alcool, une fois chaud, il vient ici pour deux carburateurs qui sont travaillés à la mesure des exigences d'alcool.
journaliste
Le gouvernement brésilien a voulu associer à sa politique énergétique les grandes firmes automobiles installées dans le pays, elles produisent désormais à la chaîne des voitures adaptées au carburant alcool.
Mario Garnero
Premier objectif : d'abord la production et la circulation d?environ 1 200 000 voiture dans les prochains 13 années, 3 années et après une substitution de 75% de la consommation estimée d'essence au Brésil.
journaliste
Pompes à alcool et pompes à essence, l'automobiliste brésilien a le choix, l'alcool supplantera t-il complètement l'essence ?
Mario Garnero
Il sera peut-être dans une position de remplacer au moins, je suis sûr au Brésil, plus de 50% de la consommation.

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