La création d'Airparif : le contrôle de la pollution dans les villes.

26 septembre 1994
58s
Réf. 01479

Notice

Résumé :

L'organisme AIRPARIF est doté d'une implantation sur la tour Eiffel et dispose de nouveaux moyens de contrôle. Son inauguration fournit l'occasion de présenter les principales composantes des problèmes de la pollution urbaine.

Date de diffusion :
26 septembre 1994
Date d'événement :
06 septembre 1994

Contexte historique

L'économie industrielle occidentale fonctionne depuis le XIXe siècle grâce à l'usage massif de l'énergie fossile : le charbon, puis le pétrole. La plupart des modernisations des différents aspects de la vie quotidienne proviennent de l'utilisation de ces sources d'énergie : du chauffage au transport. Ces formes d'énergie présentent de grands avantages techniques mais leur combustion entraîne le rejet de gaz et de particules polluantes. Les combustibles fossiles ne sont pas seuls en cause dans le processus de dégradation de la qualité de l'air. Il convient d'y ajouter les polluants directement rejetés par les différentes industries et l'incinération des ordures ménagères. Le sujet sur AIRPARIF met en relief cette forme remarquable de dégradation de l'environnement : la pollution atmosphérique, c'est à dire de l'air que l'on respire.

La pollution atmosphérique est surtout perceptible en milieu urbain, en raison de la forte concentration des activités et de l'intensité des transports routiers. Les capteurs d'AIRPARIF doivent détecter la présence des principaux polluants. L'anhydride sulfureux (SO2) s'oxyde dans l'air et se transforme en acide sulfurique (SO3). Cette substance est à l'origine de la formation du smog, ce brouillard irritants caractéristique des villes située en région de climat tempéré. Par temps ensoleillé frais, le dioxyde d'azote en réagissant avec les gaz d'échappement, forme le PAN (nitrate de péroxyacétyle), gaz lacrymogène et stable dans ces conditions. L'ozone est en général difficile à saisir en milieu urbain car il réagit rapidement avec l'azote. Il est en revanche beaucoup plus abondant en banlieue ou dans les campagnes proches des régions industrielles.

La mission d'AIRPARIF est donc essentiellement de mesurer la quantité de polluants spécifiquement urbains afin d'informer les citadins et limiter certaines pathologies. Il contribue cependant à donner une image trompeuse de la pollution : les gaz et autres particules circulent en effet sur de très grandes distances, si bien que ce problème concerne bel et bien un équilibre global. La mesure des polluants n'en constitue pas moins une avancée considérable dans la prise de conscience du phénomène et une arme nécessaire pour l'action politique. La mise en place de tels équipements témoignent de l'ancrage dans l'opinion et sur l'échiquier politique d'une nouvelle sensibilité à l'égard de l'environnement.

Bibliographie :

Gérard Mouvier, La pollution atmosphérique, Paris, Flammarion, 1994.

Raphael Morera

Éclairage média

Le programme de contrôle de la pollution de l'air trouve naturellement sa place dans le cadre du journal télévisé. Le lancement du sujet par le présentateur se veut neutre. Il s'agit en fait de relayer une information, une annonce gouvernementale. Le voix off du reportage présente le fonctionnement du système sur le ton de la neutralité technique. Le panoramique sur la Tour Eiffel aboutit à une vue en contre-plongée qui fait ressortir sa monumentalité. L'objectif de ce plan est simple : il s'agit de nourrir l'idée d'un contrôle. La tour Eiffel est historiquement l'implantation des relais de la radio et de la télévision. Or AIRPARIF est un institut de veille sanitaire qui doit informer et rassurer la population. Il est donc naturel qu'il trouve sa place sur ce monument. La présence d'un ministre lors de cette inauguration montre que la pollution est désormais un enjeu politique à part entière. Les visages fermés des officiels lors de la cérémonie d'ouverture dramatisent l'événement. La modernité des installations a pour mission de rassurer les téléspectateurs en suggérant un message simple : si la pollution est un danger, l'Etat entend bel et bien lutter contre.

Raphael Morera

Transcription

Daniel Bilalian
Il a tout naturellement ce matin à la Tour Eiffel de nouveaux capteurs antipollution au-dessus de Paris. Alain Doubesky, Bernard Rapé, enquête.
Alain Doubesky
Une première série de capteurs est située au rez-de-chaussée, c'est là que se fait la plus grande partie des mesures, puis au premier étage, enfin au sommet. Les capteurs sont installés dans des armoires blindées, ils mesurent 3 séries de polluant, le dioxyde de souffre, le dioxyde d'azote et l'ozone. La procédure d'alerte comprend 3 niveaux. Un, la mise en alerte des services techniques, deux, un communiqué de presse est transmis à tous les médias, trois, c'est l'alerte elle-même, le préfet de police prend des mesures pour limiter la pollution. L'inauguration de ces capteurs arrive dans un contexte délicat pour les autorités. L'observatoire régional de la santé annonce des chiffres inquiétants dans son dernier rapport. Le haut niveau de pollution constatée à Paris ces dernières années serait à l'origine d'une augmentation de 20% des hospitalisations chez les personnes fragiles mais aussi d'une augmentation de 5% des décès.

Les enseignants de l'Éducation nationale disposent d'un accès gratuit à la version intégrale de Jalons depuis le portail Éduthèque.

Se connecter:

eduthèque