Le tremblement terre de Kobe : la question du risque dans les sociétés technologiques

17 janvier 1995
02m 55s
Réf. 01480

Notice

Résumé :

En 1995, la ville de Kobe au Japon a été secouée par un séisme de très forte amplitude. Les dégâts sont très importants malgré les normes de construction très strictes imposées au Japon.

Date de diffusion :
17 janvier 1995
Lieux :

Contexte historique

En raison des découvertes scientifiques, les sociétés industrielles ne peuvent plus se satisfaire d'un fatalisme passif au sujet des catastrophes dites naturelles. Le risque ne provient en effet pas tant des manifestations des forces de la nature que de la localisation des installations humaines. C'est donc la coïncidence entre un aléa naturel et une présence humaine qui crée le risque. Ceci pose la question de la gestion du risque et donc de la technique.

Le cas de Kobé montre que même un pays industrialisé familier du risque ne peut totalement s'en prémunir. Les normes antisismiques ne peuvent être appliquées absolument partout. Les installations de chauffage représentent autant de foyers potentiels. Les infrastructures de transport figurent parmi les constructions les plus vulnérables en raison de leurs dimensions. La croissance des installations techniques crée en fait le risque, ce qui rend l'adaptation nécessaire. Les normes de constructions figurent parmi les réponses prioritaires, mais l'information et la préparation ne sont pas moins importantes. Leur mise en place implique une prise de conscience des risques que la société crée.

Dans le monde, les inégalités entre les sociétés sont criantes. La gravité et le nombre des dégâts s'expliquent en général par la pauvreté des pays concernés. Plus un pays est pauvre, moins il dispose des moyens techniques et politiques pour prévenir le risque et intervenir lorsque celui-ci survient.

Raphael Morera

Éclairage média

Ces images sont caractéristiques des sujets diffusés lors des grandes catastrophes. Il s'agit de faire prendre conscience aux télespectateurs de l'ampleur du phénomène. Deux procédés sont principalement employés. Les images aériennes renforcent l'impression de chaos non seulement en laissant voir l'étendue des dégâts mais aussi en laissant implicitement supposer que les lieux sont inaccessibles. Les caméras portées à l'épaule au plus près des secouristes donnent de l'intensité et traduisent l'atmosphère d'urgence qui règne à Kobe. Il est à noter que le reportage s'ouvre sur des images, captées grâce à une caméra de surveillance, qui montrent l'événement en train de se produire, ce qui amorce une évolution dans la pratique médiatique.

Raphael Morera

Transcription

Inconnu
Et disparu...
Daniel Bilalian
Madame, Monsieur, bonjour, c'est le tremblement de terre le plus meurtrier au Japon depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale dans un pays où l'on est pourtant habitué à des alertes sismiques régulières. Ce tremblement de terre, de 7,2 sur l'échelle de Richter, a surpris les spécialistes, il est survenu là où l'on ne l'attendait pas, à Kobe, une ville portuaire d'un million et demi d'habitants. Patrice Romedennel.
Patrice Romedenne
Kobe, 5h46 du matin, une seconde de 40 secondes accompagnée d'un grognement de tonnerre, magnitude 7,2 sur l'échelle de Richter. Comme toujours après un séisme de forte amplitude, les Japonais se réveillent au pied d'un mur de flammes, partout dans la ville éclate des incendies attisés par des gaz qui s'échappent des conduites éventrées, alimentés aussi par le Kérosène dont disposent les foyers nippons pour se chauffer. Les volutes de fumée se dissipent sur Kobe et la lumière du jour naissant révèle une ville plongée dans le chaos. Vu du ciel, Kobe figure une maquette saccadée parcourue par une autoroute aérienne que le séisme à jeter à terre comme un ruban de béton. Jamais depuis un demi-siècle, le Japon n'a enregistré pareil tremblement de terre. Cet autocar transportant des skieurs s'est immobilisé in extremis les roues avant dans le vide. Moins chanceux, les lève tôt, automobilistes ou usagers des transports en commun, la plupart d'entre eux figurent parmi les 1600 morts ou disparus ou les 3500 blessés qu'annonce un bilan provisoire. Aux heures de pointe, disent les sismologues, les victimes se seraient comptées par dizaine de milliers. Plus de 2000 bâtiments détruits dans la seule ville de Kobe ou même certains immeubles modernes répondant à des normes antisismiques sévères n'ont pas résisté. Quant-aux autres maisons... Ce sont des maisons traditionnelles constituées d'un mélange de bois et de torchis, le séisme en a fait un tas de débris compact. A Kobe comme à Kyoto ou Osaka, la seconde ville du Japon où la secousse a également provoqué des dégâts, aucun mouvement de panique dans la population. Les Japonais participent régulièrement à des séances d'entraînement en prévision des tremblements de terre, ainsi les secours s'organisent en dépit des gravas qui obstruent les rues, malgré l'absence d'électricité et la coupure de certaines lignes téléphoniques. Seul réconfort pour Kobe, cette ville d'un million 400 000 habitants qui surplombe la baie d'Osaka. Le séisme n'a pas donné lieu à une alerte au Tsunami, le raz-de-marée qui il y a près d'un siècle avait provoqué la mort de 27 000 personnes.

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