La pollution des eaux en milieu rural : les conséquences de l'agriculture intensive

11 septembre 2001
01m 44s
Réf. 01505

Notice

Résumé :

L'agriculture moderne provoque d'importantes dégradations de la qualité des eaux. Ce constat interroge tout un mode de production et pousse les agriculteurs à mettre en cause une partie de leur activité.

Date de diffusion :
11 septembre 2001
Source :

Contexte historique

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la France doit relever le défi de l'autosuffisance alimentaire. Elle s'est donc logiquement engagée dans la voie de l'agriculture intensive, par la mécanisation et le recours aux engrais, pesticides, herbicides et autres insecticides issus de l'industrie chimique. La France est ainsi parvenue à devenir la seconde puissance agricole mondiale derrière les Etats-Unis. Par delà les enjeux de l'autonomie agricole de la France, l'agriculture est donc devenue une question éminemment stratégique : ses rendements permettent à la France de rayonner sur l'ensemble de la planète.

La pollution de l'eau par l'agriculture s'explique essentiellement par deux facteurs : la diffusion des pesticides et engrais chimiques et l'épandage. L'épandage est une pratique très ancienne dont les effets néfastes se font aujourd'hui sentir en Bretagne en raison de l'importance de l'élevage porcin. Il consiste en l'aspersion du lisier sur les terres cultivées. Ce dernier enrichit la terre en azote et fait donc office d'engrais. Lessivé par les eaux pluviales, on le retrouve sous forme de nitrate dans les cours d'eau. Cette concentration a pour conséquence de rendre l'eau impropre à la consommation et de favoriser la croissance d'algues dénaturant les paysages et favorisant l'euthrophisation des rivières.

Il s'agit ici des conséquences environnementales d'un système de culture indissociable de la grande consommation moderne. Les sociétés contemporaines sont dépendantes de ces techniques agricoles. Une lutte contre ces dégradations ne peut donc faire l'économie d'une réflexion sur l'ensemble de la filière.

Raphael Morera

Éclairage média

Le reportage a pour but d'illustrer les conclusions d'un rapport du commissariat général du plan. Il est construit selon une trame largement employée dans les journaux télévisés de France 2 et France 3. Le sujet débute par une accroche qui touche la vie quotidienne. Le but est d'intéresser le télespectateur en le mettant au centre du sujet. Par la suite, une série d'images montre les réalités de l'agriculture intensive tandis qu'une voix off détaille les données du problème. Dans un second temps, un acteur intervient pour mettre en lumière le sujet, ici le président de la commission environnement de la chambre d'agriculture. La dernière partie du sujet ouvre sur les solutions actuellement développées et évoquent quelques perspectives d'avenir.

Ce type de format permet de rassembler une quantité d'informations considérables en un laps de temps très court. Il adopte néanmoins un parti pris contestable. Aucune contradiction n'est apportée au représentant de la chambre d'agriculture et le Finistère est présenté comme un département modèle dans la lutte contre la pollution de l'eau alors même qu'il est un des plus concernés. Ce faisant ce reportage protège clairement les agriculteurs, qui apparaissent comme les seuls acteurs capables de régler le problème alors qu'il est indissociable de leur activité.

Raphael Morera

Transcription

Daniel Bilalian
La pollution des eaux maintenant par les nitrates d'origine agricole toujours, conséquence d'une agriculture intensive. La Bretagne est particulièrement touchée mais plus généralement, un rapport qui doit être publié dans les jours qui viennent, fait le point sur la qualité de l'eau en France. Sophie Maisel, Jean-Paul Chaussé.
Sophie Maisel
La scène se passe dans un petit village du Gers, des gens obligés de se ravitailler à la fontaine du village équipée pour l'occasion d'un énorme filtre à charbon actif. L'eau est momentanément impropre à la consommation, responsable, la trazine, un herbicide massivement utilisé dans la région, pour la culture du maïs. Plus au Nord, en Bretagne, à nouveau des gros problèmes d'eau, responsable cette fois, les élevages intensifs et plus particulièrement leurs déjections fortement concentrées en azote. Epandues sur les terres, elles se retrouvent sous forme de nitrate dans la nappe phréatique. L'état des lieux de la qualité de l'eau en France est inquiétant, c'est le constat que dresse un rapport du Commissariat général du plan, épinglant au passage les méthodes agricoles et dénonçant l'absence d'une véritable police de l'eau. Principales recommandations, la réduction volontariste des cheptels qui devraient s'accompagner de subventions plus étroitement liées aux efforts environnementaux des agriculteurs.
Guy Vasseur
Evidemment, l'activité agricole ne se modifie pas du jour au lendemain mais tout est en oeuvre et tout est en action sur le terrain à travers un certain nombre de programmes, des programmes d'action dans le cadre des zones vulnérables. Pour faire en sorte que, dans 5 ans ou dans 10 ans,, nous ayons des résultats concrets.
Sophie Maisel
Le Finistère a pris de l'avance, le département vient de prendre des mesures pour renforcer la lutte contre la pollution des eaux par les nitrates. Une pollution responsable notamment de la prolifération de ces algues vertes le long des côtes bretonnes.

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