Les athlètes répondent

03 février 1980
01m 25s
Réf. 01608

Notice

Résumé :

Le reportage fait un bilan de la réaction des athlètes français face au boycott des JO de Moscou .

Type de média :
Date de diffusion :
03 février 1980
Source :
Antenne 2 (Collection: Stade 2 )
Personnalité(s) :
Lieux :

Contexte historique

Les années 1970 s'ouvrent sur une relative détente entre la France et l'URSS. Elle se confirme lors des accords d'Helsinki (1975) signés entre l'URSS, les pays européens, les Canada et les Etats-Unis ; ces accords donnent satisfaction aux Soviétiques sur l'inviolabilité des frontières issues de la Seconde Guerre mondiale et sur l'interdiction de toute immixtion dans les affaires intérieures des Etats, tout en réaffirmant les Droits de l'Homme, notamment la libre circulation des hommes et des idées.

A la fin des années 1970, l'URSS soutient de plus en plus activement des régimes "marxistes" en Afrique - Ethiopie, Angola - et intervient militairement en Afghanistan. Malgré ce durcissement des positions soviétiques, l'URSS et la France conservent des liens diplomatiques détendus. Valéry Giscard d'Estaing ne veut pas compromettre les acquis de la détente. Il condamne certes le "coup de Kaboul" (décembre 1979), mais ne livre pas d'armes aux résistants afghans et refuse de boycotter les jeux olympiques de Moscou, comme le font les Etats-Unis suivis par de nombreux pays. Seules 80 nations participent aux Jeux, c'est le chiffre le plus faible des J-O depuis 1956. Dans d'autres domaines liés à ses liens avec l'URSS, le gouvernement français est prudent : il n'accueille par exemple pas les dissidents soviétiques à l'Elysée. Lors d'un voyage à Varsovie, Valéry Giscard d'Estaing tente de convaincre Brejnev de retirer ses troupes d'Afghanistan, mais sans succès.

L'hostilité de l'opinion publique envers l'URSS augmente et remet en cause les choix diplomatiques de Giscard, ce qui profitera à Mitterrand en 1981. Le futur président ironisera d'ailleurs sur l'inefficacité de son prédecesseur avec Brejnev à Varsovie, le taxant de "petit télégraphiste". En 1985, l'URSS va appeler à son tour au boycott des J-O de Los Angeles ; cependant seuls 13 pays communistes ne participent pas à l'événement sportif, qui voit 140 nations présentes - chiffre record.

Carole Robert

Éclairage média

Le reportage mêle un commentaire explicatif en voix off et des interviews de sportifs français qui s'entraînent, prises sur le terrain. L'objectif de ce reportage est clairement d'intéresser le grand public en rentrant dans les coulisses du monde du sport. Le reportage commence par une succession de plans filmés à la caméra épaule (on voit même l'ombre du cadreur sur un mur), et montés avec un rythme rapide. Le commentaire rappelle la situation et insiste sur l'inquiétude des sportifs au moment où le téléspectateur les observe en train de s'entraîner. Les gros plans servent à instaurer une proximité entre les téléspectateurs et les athlètes.

Le téléspectateur doit en venir à soutenir leur point de vue, qui est celui du gouvernement français - participer aux jeux olympiques et de ne pas mélanger sport et diplomatie. Le style parfois empathique du commentaire - "(...) que de souffrances endurées à l'entraînement" - semble décalé par rapport à la placidité du ton de la journaliste.

Représentatif de la volonté de la télévision d'être un média de proximité, permettant aux Français de se sentir proches de ses héros nationaux, le reportage donne la parole à une athlète, Chantal Réga, dont le point de vue intéresse nécessairement les Français. Antenne 2 se fait là le vecteur de l'opinion du gouvernement français qui ne tient surtout pas à entrer dans une controverse diplomatique avec l'URSS. Remarquons que le reportage donne à penser que les athlètes ont la possibilité de participer ou non aux J-O, alors qu'en réalité la décision, d'ordre diplomatique, est prise par le Président de la République et le ministre des Affaires Etrangères.

Carole Robert

Transcription

Journaliste
Sans attendre le résultat de la consultation qu'il s'était promis de réaliser auprès de ses champions, le Comité Olympique américain a voté à l'unanimité en faveur de la résolution de Jimmy Carter, c'est-à-dire boycotter les Jeux olympiques de Moscou. Les sportifs français sont inquiets. Un sondage opéré parmi les athlètes de haute compétition marque une hostilité complète à la notion de boycott. Ils sont pour la dépolitisation du sport, même si quelques-uns ne sont pas d'accord avec les actes du régime soviétique. Disputer les Jeux, c'est l'ambition de tout sportif. Que de privations pour obtenir le meilleur niveau, que de souffrances endurées à l'entraînement.
Chantal Rega
Je ne suis pas pour un boycott, parce que je trouve qu'il est de plus en plus gênant que les affaires politiques s'insèrent dans le sport, et je serais assez pessimiste pour l'avenir, quant à l'avenir des Jeux olympiques, c'est sûr. D'ailleurs, ce n'est pas aller aux Jeux et participer aux Jeux qui veut dire que nous sommes d'accord sur la politique suivie par les, par les Soviétiques, c'est sûr. Mais je pense que ces Jeux devraient avoir lieu, et de toute manière il va se passer quelque chose. Et si, et si les Américains ne participent pas à ces Jeux, ils seront certainement suivis par la plupart d'autres pays, et vraiment ces Jeux vont perdre tout à fait leur valeur.

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