Les termes des accords de Washington

08 décembre 1987
02m 18s
Réf. 01612

Notice

Résumé :

Des images d'archives et des schémas illustrent les clauses de l'accord de Washington signé entre les Soviétiques et les Américains.

Date de diffusion :
08 décembre 1987
Source :

Contexte historique

Pendant la période de la Guerre Froide, l'URSS et les Etats-Unis n'envisagent pas de détruire leurs stocks d'armes stratégiques et défensives existants. Et au cours des années 1950 et 1960, la question du contrôle des destructions d'armes constitue un véritable frein aux mesures de désarmement : la conférence de Genève de 1955 voit les Soviétiques refuser la proposition de "cieux ouverts" d'Eisenhower, pour vérifier l'application de la limitation de production d'armes atomiques. En 1952, l'ONU crée toutefois une commission de désarmement, par fusion des commissions de l'énergie atomique et des armements conventionnels. Le 1er essai de désarmement a lieu en décembre 1959 : un traité signé à Washington par douze pays fait de l'Antarctique un continent blanc (neutre) où tout essai nucléaire est interdit . En juillet 1963 à Moscou, l'URSS, les Etats-Unis et le Royaume-Uni s'engagent à ne plus faire d'essai nucléaire dans l'atmosphère. A Genève en 1968, est signé un traité de non-prolifération des armes nucléaires.

Mais le véritable désarmement (au sens de la destruction d'armes existantes) commence au début des années 1970 avec la signature d'une série d'accords bilatéraux entre les deux Grands. En effet, des mesures destinées à réduire les risques de guerre nucléaire sont adoptées à Washington et à Moscou : limitation des systèmes de missiles anti-missiles, traité ABM, limitation des armes stratégiques offensives, en 1972 et 1975 - SALT I et SALT II -, prévention de la guerre nucléaire... L'arrivée de Gorbatchev à la tête du PCUS accélère les mesures de désarmement. En 1987, un premier accord signé à Washington, le 15 septembre, concerne l'établissement de centres de réduction du risque nucléaire. Il est suivi le 8 décembre 1987 d'un traité sur l'élimination des missiles à portée intermédiaire et à plus courte portée (FNI). Ce traité entre en vigueur en mai 1988. Il est d'une durée illimitée et prévoit l'élimination et l'interdiction permanente d'une classe entière de missiles soviétiques et américains.

D'autres accords suivent rapidement : notification des lancements de missiles balistiques intercontinentaux et des lancés de sous-marins en mai 1988, réduction des armes stratégiques offensives (START I en mars 1991, entré en vigueur en 1994). Après la dislocation de l'URSS, les douze Etats successeurs sont devenus parties du Traité de Washington, mais seuls quatre d'entre eux - Bélarus, Kazakhstan, Russie et Ukraine - participent avec les Etats-Unis au régime d'inspections FNI.

Carole Robert

Éclairage média

Le présentateur impose son style, détendu et souriant. Il est accompagné d'une présentatrice, ce qui donne l'impression d'un dialogue, plus agréable à suivre pour le téléspectateur. Il s'adresse aux téléspectateurs en leur disant "vous". Au 2ème plan visuel, le sujet du reportage - des missiles - est représenté. Les années 1980 cherchent des moyens pour varier l'information tout en mettant en place des animateurs vedettes. Dans ce journal télé, c'est l'aspect convivial qui est recherché. Le reportage est fondé sur le commentaire, illustré par différentes images d'archives et schémas explicatifs (cartes avec des flèches). On assiste au développement et au perfectionnement de ces éléments graphiques d'explication, apparus au cours des années 1960. Les informations sont détaillées et énoncées sur un ton neutre. Nous pouvons penser que le journaliste manque d'images car il reste extrêmement longtemps sur le dernier schéma.

Carole Robert

Transcription

William Lemergy
Depuis quelques jours vous êtes devenus des familiers, pour ne pas dire des spécialistes, des Pershing, du nom du Général américain qui commandait le corps expéditionnaire pendant la Première Guerre Mondiale en Europe, le Général John Joseph Pershing. Et puis familiers également des SS-20, ce qui veut dire en langage de l'OTAN sol-sol, modèle 20. Alors voyons maintenant sur le terrain où se situent ces missiles, et puis quels sont les termes de l'accord, Sylvie.
Journaliste
Alors le document comporte cent cinquante pages, sans compter les annexes, et il a fallu, il faut le rappeler, trente-deux mois aux délégations soviétiques et américaines à Genève pour le rédiger. Philippe Lefait.
Philippe Lefait
L'image soviétique, officielle, les premières, des SS-20 flambant neufs voués à la casse. Au total à l'Est cinq cent cinquante trois SS-20 et SS-4 seront détruites, fusées qui portent à cinq mille kilomètres. Également condamnées par l'accord, cent quatre-vingts SS-12 et SS-23, fusées de courte portée. C'est la version soviétique de l'option double-0 et de cet accord historique : pour la première fois la destruction d'armements nucléaires est décidée, pour la première fois un contrôle sur place est organisé. Côté américain ce sont au total cent quatre-vingts Pershing 1 et 2 et deux cent cinquante-six missiles de croisière, deux mille cinq cents kilomètres de portée, qui sont visés par l'accord. En l'an 2000 ne devraient subsister en Europe que les armes nucléaires de théâtre, moins de cinq cents kilomètres de portée, dites tactiques, et les forces de frappe françaises et britanniques, qui se veulent stratégiques, et surtout indépendantes, mais dont la logique est remise en cause par la signature de Washington. Il faut remarquer qu'en l'an 2000, en cas de guerre conventionnelle en Europe entre les deux Blocs, l'Ouest aurait à faire face à des forces trois fois supérieures en nombre. Désavantage compensé en partie par une technologie plus efficace des armées de l'OTAN. L'accord de Washington ne concerne que cinq petites fusées nucléaires sur cent. Pour l'instant, les arsenaux stratégiques des deux Grands restent intacts, au total dans les soutes, les cales et les silos dorment douze mille mégatonnes, de quoi pulvériser un million d'Hiroshima et rendre tout conflit d'envergure en principe impossible. Avec l'accord Reagan-Gorbatchev, la dissuasion nucléaire retrouve une partie de sa logique intercontinentale, et l'Europe se retrouve très découverte.

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