Manifestation à Belgrade en faveur de Tito

08 juillet 1948
44s
Réf. 01613

Notice

Résumé :

Un défilé populaire a lieu dans les rues de Belgrade en soutien de Tito condamné par le Kominform. Tito salue et applaudit la foule.

Type de média :
Date de diffusion :
08 juillet 1948
Date d'événement :
28 juin 1948
Personnalité(s) :

Contexte historique

Secrétaire général du parti communiste yougoslave à partir de 1937, Tito s'impose durant la Seconde Guerre mondiale comme le chef de la résistance yougoslave contre les Allemands. Sous sa direction, la Yougoslavie parvient à se libérer en grande partie d'elle-même, sans l'aide de l'Armée rouge. Devenu chef du gouvernement et jouissant d'une très grande popularité en raison de son rôle essentiel dans la libération du pays, Tito proclame la République populaire fédérale de Yougoslavie, en novembre 1945, et met en place un régime socialiste qu'il dirige jusqu'à sa mort, en 1980.

Toutefois, malgré son attachement au communisme et à Staline, il affirme son indépendance à l'égard de Moscou. Il aide ainsi les maquisards communistes en Grèce contre l'avis de Staline et signe un accord monétaire avec la Bulgarie, en août 1947, qui vise à constituer une fédération balkanique. En 1948, Staline rappelle Tito à l'ordre à plusieurs reprises. Finalement, le 28 juin 1948, lors d'une réunion tenue à Bucarest en l'absence des délégués yougoslaves, le Kominform, organe créé en octobre 1947, condamne les dirigeants titistes. Les liens sont totalement rompus entre l'URSS de Staline et la Yougoslavie de Tito. Une violente campagne contre le "titisme" est en outre déclenchée dans tous les pays et les partis communistes: Tito et le parti communiste yougoslave, accusés de déviation nationaliste mais aussi trotskiste, servent d'alibi à toutes les répressions. Le bloc soviétique exerce également un blocus économique et militaire sur la Yougoslavie.

De ce fait, sans pour autant renoncer au communisme, Tito se rapproche des Occidentaux. La Yougoslavie obtient ainsi une aide financière importante de la part des Etats-Unis à partir de 1949, et même du matériel de guerre. Elle signe aussi un compromis avec l'Italie en 1954 qui met fin à la question de Trieste. Ce n'est qu'avec la mort de Staline en 1953 et la déstalinisation que les relations entre la Yougoslavie et l'URSS reprennent à partir de 1955: Khrouchtchev est à Belgrade en juin 1955 et Tito se rend à Moscou en juin 1956. Toutefois, Tito ne réintègre pas pleinement le camp soviétique et mène une politique de neutralisme, fondant le mouvement des non-alignés avec Nehru et Nasser.

Carole Robert

Éclairage média

Diffusé par les Actualités Françaises, ce sujet s'intègre dans la rubrique "La semaine" qui traite des principaux événements de la semaine passée. Sur fond de musique de style pompier, il présente la manifestation qui a eu lieu à Belgrade en faveur de Tito. Le sujet alterne plans de la foule qui défile avec drapeaux, banderoles et portraits, et gros plans sur Tito qui assiste au cortège depuis une tribune. Ce montage permet de faire apparaître le but du défilé: soutenir Tito après sa condamnation par le Kominform. Il montre aussi la grande popularité du leader yougoslave et les liens qui l'unissent au peuple: la foule salue, acclame et applaudit Tito, et celui-ci lui retourne ses applaudissements. Le commentaire, déclamé sur un ton caractéristique des Actualités de la guerre et de l'après-guerre, précise brièvement la raison de ce défilé et insiste sur sa portée. Evoquant l'apparition d'"un nouveau problème", il s'achève par une interrogation sur l'avenir de la Yougoslavie et plus largement sur l'équilibre diplomatique européen.

Carole Robert

Transcription

Journaliste
Images de Belgrade : à la suite des violentes attaques déclenchées par le bureau du Kominform contre le gouvernement du Maréchal Tito, une foule considérable rassemblée dans les rues de la capitale a défilé devant le leader yougoslave, proclamant sa fidélité à sa personne et à son gouvernement. Que résultera t-il de la crise actuelle ? L'ancien chef des partisans, rejeté par l'URSS et appuyé par son peuple se verra t-il contraint d'abandonner le pouvoir ? Trouvera t-il un compromis avec ses alliés traditionnels, ou cherchera t-il une formule de rapprochement avec les démocraties occidentales ? Un nouveau problème est posé en Europe.