La question de la bombe atomique en 1949

29 septembre 1949
01m 12s
Réf. 01628

Notice

Résumé :

L'URSS a la bombe atomique et les Actualités Françaises s'en inquiètent.

Type de média :
Date de diffusion :
29 septembre 1949
Personnalité(s) :

Contexte historique

En 1945, un tournant capital se produit dans l'histoire militaire de l'humanité : les bombes atomiques qui rasent Hiroshima et Nagasaki changent la nature des conflits. Le terme d'arme nucléaire regroupe deux réalités: les armes atomiques et les moyens pour les transporter, appelés "vecteurs". Il existe deux types de bombes : A (atomique) et H (à hydrogène), ces dernières étant plus puissantes. Les effets engendrés par les bombes sont à la fois mécaniques, thermiques et radioactifs. A Hiroshima, la Bombe A détruit tout sur une surface de 15 km2. Les chercheurs américains tentent d'augmenter sa capacité de destruction ; en mai 1948, dans le Pacifique, à Bikini, ils testent un engin expérimental de 120 Kilotonnes. En 1952, avec la bombe H, ils passent à 3 Millions de tonnes de TNT à la place de 13 000 pour la bombe A. Dans la course à la puissance, les Soviétiques vont jusqu'à 60 millions de tonnes de TNT.

En plus du souffle monstrueux dû à l'explosion, qui rase tout, s'ajoutent les brûlures au 2ème degré qui touchent les êtres vivants dans une région de 30 km à partir du point de chute. Enfin, les effets radioactifs, les plus redoutés, se font sentir longtemps après l'explosion. En 1945, les Américains sont convaincus de leur avance par rapport aux Soviétiques. Après le blocus de Berlin, ils prennent la décision d'augmenter leur arsenal nucléaire. L'explosion d'une bombe A soviétique en août 1949 provoque la surprise des Occidentaux. Dès janvier 1950, Truman lance les recherches sur la bombe H malgré l'inquiétude de nombreux savants, dont Robert Oppenheimer, le père de la bombe A. La bombe H est mise au point en 1952. Moins d'un an plus tard, les Soviétiques y accèdent.

La course aux bombes les plus puissantes est engagée. La guerre de dissuasion commence : la stratégie militaire change fondamentalement. Il s'agit de persuader l'adversaire de ne pas s'engager dans le combat, en le dissuadant de prendre le risque d'un affrontement trop dangereux pour l'humanité toute entière. C'est ce que certains appellent "l'équilibre de la terreur". Afin de savoir où en sont les recherches de leurs rivaux et d'obtenir des informations sur les localisations des missiles, les deux Grands se dotent de services spéciaux pour mener les opérations d'espionnage et de déstabilisation : le KGB soviétique (mars 1954) et la CIA américaine (1947).

Carole Robert

Éclairage média

"L'URSS a la bombe" : le reportage commence par une phrase choc, sur une image d'explosion tout aussi forte. C'est à un scientifique que la parole est donnée : il a préparé son intervention et lit son analyse d'observateur français à Bikini. Son interview filmée à son bureau passe en off sur des images d'usines russes et américaines (Los Alamos, Hardford). Il insiste sur la rapidité des Soviétiques et sur leurs moyens. Les vues sont filmées en plongées très larges. Ensuite, le commentaire en off reprend sur des vues panoramiques en plongée des ruines de Hiroshima, de Nagasaki, et des dévastations.

Le message est clair : la bombe atomique inquiète la France. La France appelle à la responsabilité devant une arme aussi dangereuse. On ne sent pas encore dans ce reportage le désir de la France d'avoir sa propre bombe. Il s'agit simplement de la prise de conscience que "le problème nucléaire atteint l'échelle mondiale".

Carole Robert

Transcription

Journaliste
L'URSS a la Bombe. La nouvelle est maintenant officielle, et Monsieur André Labarthe, observateur français à Bikini, en tire les premières déductions.
André Labarthe
Il y a deux mois, le 29 juillet 1949, un hebdomadaire français annonçait au monde : L'URSS a la Bombe, c'était trois ans après Bikini, jour pour jour. Le monde a été surpris par la rapidité avec laquelle l'URSS a réalisé la Bombe, c'est-à-dire avec laquelle elle fit construire des immenses laboratoires, les usines gigantesques, les Oak Ridge, les Los Alamos, les [Renford], que j'ai longuement visitées. Désormais, le rythme avec lequel la Russie produira des bombes atomiques dépend uniquement de l'ampleur des moyens industriels qu'elle entend y consacrer.
Journaliste
Hiroshima, Nagasaki, puissent ces noms rappeler aux gouvernements leur terrible responsabilité au moment où le problème nucléaire, échappant au contrôle d'une seule nation, atteint véritablement à l'échelle mondiale.

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